Laâyoune : Le nouveau carrefour de l’investissement africain
Laâyoune, point de convergence pour l'investissement et la coopération. Une nouvelle ère de partenariat est lancée.
Par Mohammed Taoufiq Bennani
Laâyoune, ville emblématique du sud marocain, s’est transformée en juin 2025 en un vibrant carrefour de l’investissement et de la coopération régionale. C’est ici, en marge du Forum parlementaire sur la coopération économique entre le Maroc et le Parlement de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) qui s’est tenu les 20 et 21 juin, que des alliances stratégiques et des opportunités d’investissement inédites ont été mises en lumière, dessinant les contours d’une nouvelle dynamique de croissance et d’intégration interafricaine.
Une alliance stratégique : Maroc-CEMAC en synergie
Le Forum a été marqué par la signature d’une convention de coopération entre la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et les patronats des pays de la CEMAC. Cette convention, signée par le président de la CGEM, Chakib Alj, et les représentants des patronats de la CEMAC, vise à créer une Task Force Maroc-CEMAC. Cette nouvelle entité fonctionnera comme une plateforme commune pour le dialogue, la coordination et la coopération économique. En outre, elle aura pour mission de structurer la collaboration, d’encourager les échanges d’informations, de bonnes pratiques et d’opportunités d’affaires. De plus, elle contribuera à l’émergence de projets conjoints entre les entreprises marocaines et celles des pays de la CEMAC. Un Comité de pilotage, co-présidé par la CGEM et les patronats de la CEMAC, assurera la mise en place de groupes de travail sectoriels. Les signataires se sont également engagés à identifier des secteurs à fort potentiel de complémentarité, notamment l’agro-industrie, les infrastructures, les énergies renouvelables, les industries de transformation et les services numériques. Selon Chakib Alj, cette démarche vise à « créer une dynamique entre les entreprises marocaines et leurs homologues de la région de la CEMAC, en vue d’une synergie et d’un échange de savoir-faire entre les parties ». Pour le président de l’UNOC, Jean Daniel Ovaga, cette convention permettra au secteur privé, véritable « moteur essentiel de la croissance économique et créateur de valeur, de jouer pleinement son rôle ».
Laâyoune, un pôle d’investissement en plein essor
Laâyoune-Sakia El Hamra a été présentée comme un véritable carrefour d’opportunités pour des investissements porteurs de croissance. Chakib Alj a souligné que Laâyoune est devenue « un centre économique et commercial stratégique, et un pont naturel vers l’Afrique subsaharienne ». La région dispose d’atouts prometteurs, tels que des ressources naturelles abondantes, des infrastructures modernes et un capital humain qualifié. Plusieurs secteurs connaissent un développement tangible, notamment les industries extractives (phosphate à Boujdour), la pêche maritime, les industries alimentaires et les énergies renouvelables. D’autres secteurs, comme le tourisme responsable, nécessitent un renforcement de leur dynamique. Le Wali de la région, Abdeslam Bikrat, a affirmé que Laâyoune représente « un pôle majeur dans les domaines de l’économie bleue, des énergies renouvelables et du développement multidimensionnel ». Les entreprises marocaines sont aujourd’hui « un modèle stimulant pour les partenaires économiques de l’espace méditerranéen ». Mohamed Jifer, directeur du Centre régional d’investissement (CRI), a mis en lumière l’offre territoriale compétitive de la région, renforcée par le modèle de développement des provinces du Sud. Il a insisté sur l’importance d’exploiter le potentiel de l’aquaculture, la pêche, l’hydrogène vert et le dessalement de l’eau de mer, les reliant aux activités agricoles comme socles d’investissements.
Le rôle central du secteur privé et la vision royale
Le Forum a mis l’accent sur le rôle crucial du secteur privé dans le développement des investissements et l’intégration interafricaine. Une convention a d’ailleurs été signée pour stimuler l’investissement privé dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra et soutenir les porteurs de projets. Cette initiative vise à améliorer le climat des affaires et à promouvoir les opportunités d’investissement pour un développement économique durable. Mohamed Jifer a précisé que ce partenariat entend aussi « accompagner les investisseurs lors des différentes étapes de leurs projets ». Cet élan s’inscrit pleinement dans la vision du Roi Mohammed VI pour un développement global et l’encouragement de l’investissement privé. Le président du Conseil de la région Laâyoune-Sakia El Hamra, Sidi Hamdi Ould Errachid, a souligné que le nouveau modèle de développement des provinces du Sud a permis à la région de développer des infrastructures intégrées, renforçant ainsi son attractivité pour les investisseurs.
Vers une intégration économique africaine dynamique
Les débats du Forum ont souligné la nécessité de mobiliser l’épargne nationale pour financer les projet s d’infrastructures et créer des emplois. Khalid Safir, directeur général du groupe CDG, a mis en avant le modèle des fonds de dépôt et leur contribution efficace à la revitalisation des économies africaines. De son côté, Mohamed Fikrat, vice-président de la CGEM, a affirmé que l’intégration économique africaine passe par « le développement des chaînes de valeur régionales, la stimulation de l’investissement privé et la réalisation d’une forte synergie entre les secteurs public et privé ». Une étude menée par la CGEM en partenariat avec la Banque africaine de développement a révélé un potentiel énorme dans des secteurs tels que l’automobile, le textile, l’agroalimentaire et les industries électriques et électroniques. L’intégration industrielle africaine ne peut se faire « que dans le cadre d’une transition énergétique commune », avec le Maroc comme pionnier dans le solaire, l’éolien et l’hydrogène vert. Le président de l’Union nationale du Patronat centrafricain, Gilbert Gresenguet, a rappelé que le Maroc demeure « un investisseur historique de poids dans le continent ». Il a insisté sur une vision à long terme, axée sur la facilitation administrative, l’accès au financement, l’allègement fiscal et l’investissement dans les compétences pour maximiser les investissements en Afrique.
En définitive, Laâyoune se positionne clairement comme un pôle de développement intégré et une zone prometteuse pour attirer les investissements, renforçant la coopération Sud-Sud. L’alliance stratégique entre le Maroc et la CEMAC, concrétisée par des engagements forts et la mise en place de structures de coopération, ouvre la voie à une nouvelle ère de développement économique partagé sur le continent africain.
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