Laâyoune, Bahreïn et la diplomatie de la paix
La sixième session du Comité supérieur mixte maroco-bahreïni, tenue le 16 février 2026 à Laâyoune, a marqué un tournant dans les relations entre Rabat et Manama. Plusieurs accords et mémorandums d’entente ont été signés, couvrant la diplomatie, l’économie, l’agriculture, la sécurité sociale et la coopération douanière. Cette rencontre illustre la volonté des deux pays de structurer et d’institutionnaliser leur coopération, tout en renforçant la position stratégique du Maroc dans le Golfe et sa crédibilité sur la scène internationale.
Par Yassine Andaloussi
Le Maroc poursuit une stratégie diplomatique ambitieuse, où la consolidation de ses relations avec le Bahreïn illustre sa volonté de renforcer sa présence au Moyen-Orient et d’étendre son influence régionale. La sixième session du Comité supérieur mixte maroco-bahreïni, tenue le lundi 16 février 2026 à Laâyoune, a constitué un jalon décisif dans cette démarche. Coprésidée par le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue bahreïni, Abdullatif bin Rashid Al Zayani, la rencontre a abouti à la signature de plusieurs accords et mémorandums d’entente, traduisant concrètement la profondeur et la maturité du partenariat bilatéral.

Parmi les résultats majeurs, deux accords ont été conclus pour l’exemption de visa des titulaires de passeports diplomatiques et de service, facilitant la mobilité des fonctionnaires et renforçant la coordination institutionnelle. Un mémorandum d’entente sur la coopération douanière a également été signé, permettant d’échanger des expertises et de fluidifier les opérations commerciales entre les deux pays. Dans le domaine agricole, un mémorandum sur le développement et la sécurité alimentaire a été conclu, ouvrant des perspectives pour accroître les capacités de production et structurer la coopération dans un secteur vital. Enfin, un accord sur la retraite et la sécurité sociale favorise l’échange d’expériences et la mise en place de mécanismes de soutien aux citoyens et travailleurs des deux pays. La session s’est clôturée par un compte rendu officiel consignant ces engagements et réaffirmant la volonté des deux parties de les mettre en œuvre et d’en assurer le suivi régulier.

La session s’est conclue par un compte rendu officiel consolidant tous les engagements et réaffirmant la volonté des deux parties de les mettre en œuvre et d’assurer un suivi régulier. Lors de la conférence de presse conjointe qui a suivi, le ministre bahreïni des Affaires étrangères a réaffirmé le plein soutien de son pays à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc, saluant notamment l’initiative d’autonomie et la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Il a également souligné l’importance de la coordination étroite entre Rabat et Manama au sein des instances internationales, notamment au Conseil de sécurité, confirmant la dimension politique et stratégique du partenariat bilatéral.
Au-delà des aspects économiques et administratifs, cette rencontre illustre surtout la stratégie du Maroc pour renforcer sa posture diplomatique et politique au Moyen-Orient. Bahreïn, membre influent du Conseil de coopération du Golfe (CCG), sert de passerelle vers le Golfe et offre à Rabat un levier d’influence sur les dynamiques régionales. En consolidant sa coopération avec Manama et en multipliant les initiatives au sein du CCG, le Maroc s’inscrit dans une démarche proactive qui vise à peser sur les décisions régionales et à contribuer activement aux processus de paix. Cette stratégie prend tout son sens dans le contexte actuel, où les équilibres régionaux sont en recomposition et où la diplomatie constructive devient un facteur clé pour la stabilité et la résolution des conflits.
Parallèlement, le Maroc entre dans une phase stratégique où son rôle humanitaire et sécuritaire prend une dimension nouvelle. Engagé en tant que membre du Board of Peace, le Royaume s’apprête à mobiliser ses forces militaires et logistiques pour l’Opération Humanitaire de Gaza, démontrant sa capacité à combiner diplomatie, aide humanitaire et projection stratégique. Ce positionnement renforce sa crédibilité internationale et son rôle de médiateur et d’acteur responsable dans la dynamique de résolution des crises au Moyen-Orient.
Cette combinaison de diplomatie, d’engagement humanitaire et de coopération militaire illustre la capacité du Maroc à structurer sa sphère d’influence et à renforcer son soft power, tout en consolidant sa position au sein du CCG. Les accords signés à Laâyoune traduisent cette volonté de créer des partenariats durables et structurés, qui combinent dimension politique, économique et sociale. Chaque initiative qu’il s’agisse de la coopération douanière, de l’agriculture, de la sécurité sociale ou de la mobilité diplomatique participe à cette stratégie globale de projection et d’influence régionale.
En somme, le Maroc ne se contente pas de renforcer ses liens bilatéraux avec Bahreïn, il s’insère dans une dynamique régionale de paix et de stabilité, projette son influence au Moyen-Orient et démontre sa capacité à agir de manière cohérente sur plusieurs fronts : diplomatique, économique, humanitaire et sécuritaire. Dans un contexte où la résolution des conflits et la promotion de la paix deviennent prioritaires, cette stratégie consolide la posture marocaine et affirme son rôle d’acteur crédible et influent, capable de peser sur les équilibres régionaux tout en contribuant concrètement à la sécurité et au bien-être des populations.
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