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La volaille marocaine : Un pilier économique face au défi de la modernisation sanitaire

Le futur de l'aviculture au Maroc se dessine pour des produits plus sûrs et une meilleure rentabilité.

LA VÉRITÉ


Le secteur avicole marocain, pilier de la sécurité alimentaire et de l’économie nationale, se trouve à un moment charnière de son histoire. Vendredi 11 juillet 2025, Fès a été le théâtre d’une rencontre cruciale organisée par la Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole (FISA), en partenariat avec des acteurs institutionnels majeurs comme la Direction régionale de l’agriculture de Fès-Meknès et l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA). Cette initiative de sensibilisation a mis en lumière l’impératif de la modernisation du secteur de l’abattage de la volaille, afin de renforcer la sécurité sanitaire des produits et d’intégrer les opérateurs dans des circuits formels. Au cœur des discussions, l’objectif est clair , transformer un maillon essentiel de la chaîne pour garantir la qualité de ce que nous consommons et positionner le Maroc sur la scène alimentaire internationale.

Un secteur vital face à ses défis

Le Maroc peut se targuer d’une autosuffisance en viandes blanches et en œufs, une performance qui génère plus de 500 000 emplois directs et indirects. Pourtant, derrière ces chiffres prometteurs se cache une réalité qui freine le potentiel du secteur. Ahmed Daoudi, directeur de la FISA, a souligné une statistique frappante : « Seulement 20 % de la production avicole est traité dans des abattoirs agréés par l’ONSSA, disposant d’un agrément sanitaire vétérinaire ». Cette faiblesse de l’infrastructure formelle est un défi majeur. De ce fait, la prédominance des circuits de commercialisation informels pose des problèmes persistants en termes de salubrité publique et de compétitivité.

La modernisation, une nécessité stratégique

La vision pour l’avenir est ambitieuse. La FISA accompagne la stratégie « Génération Green 2020-2030 » du Maroc, qui vise à porter la production nationale de 700 000 à 900 000 tonnes. Plus encore, l’objectif est que 90 % de ce volume soit traité dans des abattoirs modernes. Par ailleurs, cette modernisation n’est pas qu’une question économique ou sanitaire interne. Ahmed Daoudi a précisé que « Cette modernisation est d’autant plus essentielle que le Maroc s’apprête à accueillir des événements internationaux majeurs qui exigent des normes sanitaires irréprochables ». La région de Fès-Meknès, qui fournit 30 % des œufs de consommation et 10 % de la viande blanche du pays, illustre parfaitement cette urgence. Son président, Khalid Zaim, a déploré le « retard notable au niveau de la transformation et de la commercialisation ». Il a insisté : « Notre principal défi est de moderniser l’aval de la filière. Nous souhaitons accompagner la transformation des tueries traditionnelles en abattoirs modernes et agréés ». En effet, l’agrément sanitaire de l’ONSSA est la condition sine qua non pour accéder aux marchés à forte valeur ajoutée, comme les grandes surfaces ou la restauration collective.

Des solutions concrètes et un avenir prometteur

Face à ces enjeux, les participants à la rencontre de Fès ont unanimement reconnu l’urgence d’agir. L’absence d’infrastructures d’abattage modernes et agréées pénalise directement les éleveurs, limitant leur accès aux circuits de distribution formels et affectant leur rentabilité. Aussi, la création d’abattoirs modernes à faible capacité est une voie privilégiée pour garantir la sécurité sanitaire et valoriser la production. La rencontre a permis de présenter les procédures administratives, les normes techniques pour les abattoirs agréés, et les dispositifs d’accompagnement disponibles. Dès lors, la mise à niveau des abattoirs et la structuration des circuits de distribution ne sont plus une option, mais une « nécessité stratégique pour garantir la qualité des produits, protéger la santé publique et consolider le positionnement du Maroc sur la scène alimentaire internationale ».

En somme, la modernisation du secteur avicole marocain représente un investissement vital pour la santé des consommateurs, la prospérité des éleveurs et la réputation du Royaume sur la scène internationale. Par conséquent, cet engagement collectif pour la transformation des pratiques traditionnelles en un modèle moderne et sécurisé marque un tournant. Le Maroc est-il prêt à relever ce défi et à faire de son secteur avicole un exemple éclatant de sécurité sanitaire et de rentabilité à l’échelle mondiale ?


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