La technologie numérique : Nouveau souffle pour l’économie sociale et solidaire
Le Numérique, Moteur d'Innovation pour l'Économie Sociale et Solidaire

LA VÉRITÉ
Imaginez un monde où l’économie sociale et solidaire (ESS) prospère grâce à des outils numériques avancés, tout en respectant l’humain et l’éthique. C’était le cœur des discussions lors d’une rencontre importante organisée ce lundi 26 mai 2025 à Oujda. Cet événement, qui s’inscrivait dans le cadre de la 6ᵉ édition du Salon régional de l’ESS (organisé du 23 au 30 mai sous le Haut patronage royal), a réuni des participants désireux d’explorer comment la technologie numérique et l’intelligence artificielle (IA) peuvent transformer le secteur. La question centrale était claire : comment utiliser ces puissants leviers pour le développement de l’ESS, en veillant à promouvoir l’intégration et à réaliser la justice spatiale et sociale ?
Le numérique, un levier essentiel et stratégique
Les participants à la rencontre ont unanimement souligné que les technologies modernes sont devenues un levier essentiel du développement. La numérisation, bien loin d’être un luxe ou une simple option, constitue désormais une nécessité stratégique pour consolider l’intégration économique et parvenir à l’autonomisation numérique. Hanae Boukraa, cheffe de service informatique et des technologies modernes au Conseil régional de l’Oriental, a confirmé que la digitalisation est un pilier fondamental pour dynamiser l’économie sociale et solidaire. Le Conseil accorde d’ailleurs une importance particulière à ce projet. En effet, la technologie ouvre de larges horizons, permettant aux coopératives d’inventer des modèles de production et de commercialisation plus efficaces et adaptés aux exigences actuelles.
Accélérer la transformation et saisir les opportunités
Comment concrètement accélérer cette transformation numérique au profit des acteurs de l’ESS ? Les échanges à Oujda ont permis d’explorer les opportunités offertes par la révolution numérique et les avancées de l’IA. L’objectif est clair : doter les acteurs de l’ESS d’outils efficaces qui contribueront à renforcer l’innovation et à améliorer la productivité. Ceci passe notamment par l’accompagnement des porteurs de projets et la fourniture d’une formation adaptée. De plus, il est jugé crucial d’intégrer les jeunes et les femmes dans cette dynamique numérique.
Défis et besoins d’accompagnement
Cependant, le chemin de la transformation numérique n’est pas sans obstacles pour les coopératives et les associations. Les participants ont noté les défis auxquels est confronté ce processus. Par conséquent, il est nécessaire de les accompagner au niveau technique et de les aider à développer leurs connaissances. L’objectif est d’assurer une transition en douceur vers des modèles économiques durables et efficaces. Cela implique également de leur fournir une infrastructure technologique avancée et de mettre en œuvre des stratégies inclusives qui tiennent compte des exigences spécifiques de l’ESS et du tissu coopératif local et régional.
Le potentiel de l’IA pour les coopératives
L’intelligence artificielle, en particulier, recèle un potentiel important pour soutenir le travail des coopératives. Bouchentouf Toumi, responsable de la Maison de l’IA à l’Université Mohammed Premier d’Oujda, a détaillé certains de ces bénéfices. Il a mentionné la gestion du temps et des rendez-vous, l’amélioration de la communication avec les bénéficiaires, ou encore la création de nouveaux designs et produits basés sur des logiciels intelligents. Ainsi, l’IA peut contribuer à renforcer l’attractivité des produits locaux et leur capacité à être compétitifs sur les marchés nationaux et internationaux. L’université joue un rôle en simplifiant les concepts de l’IA et en enracinant une culture numérique via des ateliers et programmes de formation.
L’éthique au cœur de l’innovation
Mais cet usage prometteur de la technologie et de l’IA doit impérativement s’accompagner d’une approche éthique. Saida Belwali, professeure spécialiste en éthique de l’IA, a insisté sur la protection de la vie privée et des droits de l’homme. Il faut veiller à éviter toute utilisation abusive des données. L’objectif est de faire de cette technologie un outil efficace et sûr pour promouvoir l’économie sociale et solidaire. Néanmoins, il faut éviter de dépendre totalement de l’IA dans des domaines ayant un aspect social ou économique sensible. Elle a également souligné l’importance de développer un modèle d’IA africain et marocain qui reflète les spécificités locales. Finalement, les coopératives peuvent s’appuyer sur des outils numériques simples et faciles à utiliser, à condition qu’elles adhèrent à des normes éthiques.
Une transition numérique éthique pour l’ESS
La rencontre d’Oujda a clairement démontré que la technologie numérique et l’IA sont considérées comme des moteurs puissants pour l’évolution de l’économie sociale et solidaire. Elles offrent des outils pour l’innovation, la productivité et la compétitivité. Cependant, pour que cette transition soit bénéfique et équitable, un accompagnement technique, une formation adaptée et une intégration des jeunes et des femmes sont essentiels. De plus, une utilisation responsable et éthique, respectueuse de la vie privée et des spécificités locales, est non négociable. L’avenir de l’ESS au Maroc semble indissociablement lié à sa capacité à embrasser le numérique. Reste à savoir comment garantir que cette révolution technologique serve véritablement les principes de l’ESS que sont l’intégration et la justice sociale, sans laisser personne de côté.

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