• Version PDF
  • Coronavirus au
    Maroc live infos

  • Cas confirmés

    203733

  • Décès

    3445

  • Guéris

    168706

  • Dernière mise à jour: 27 octobre à 20:56

    Par:  

    Abdelhak Najib

  • 12 octobre 2020  à 12:10
  • Temps de lecture: 7 minutes
  • CULTURELa quadrature du cercle

    La quadrature du cercle
    Abdelhak Najib, écrivain-journaliste

    Logiquement, qui dit évolution et civilisation, sous-entend un haut degré de valeurs humaines, accumulées au fil des époques par des humains, de plus en plus sages, de plus en plus ouverts sur l’esprit du monde, dans une synergie merveilleuse avec la nature et ses mystères. Qui parle de progrès scientifiques, de grandes avancées technologiques, d’impressionnantes découvertes, dans presque tous les domaines du vivant, s’attend à une élévation de la race humaine dans des sphères où la pensée créatrice, où la morale citoyenne atteint un haut degré d’impact pour donner corps à une société humaine qui a fait le solde de tous comptes de la guerre, des conflits, de l’exploitation des plus faibles, de l’asservissement tous azimuts et du mercantilisme tout puissant régissant tous les rapports entre les sociétés et les hommes.

    Quand les humains parlent de conquête de la Lune, d’un éventuel voyage sur Mars, de la connaissance de notre galaxie dans presque tous ses recoins, de la volonté d’envoyer des sondes pour découvrir les milliards d’autres galaxies, avec l’espoir d’y trouver des exoplanètes capables d’abriter d’autres formes de vies intelligentes, encore une fois, logiquement, nous sommes censés avoir réglé tous les problèmes de la Terre, avant d’aller voir ailleurs.

    Ce qui est très loin d’être le cas. Quand les grandes puissances économiques et politiques donnent des leçons aux autres nations du monde, sur la démocratie, le vivre-ensemble, le respect des droits de l’Homme, alors que ces mêmes dites grandes nations enfreignent les lois les plus élémentaires en termes de valeurs humaines et de soi-disant démocratie, le citoyen de ce monde, qui part à la dérive, ne sait plus à quel diable se vouer. Avec cette somme considérable de contradictions assassines, plus aucun espoir n’est permis.

    Dans un monde où les donneurs de leçons tuent, torturent, exploitent, asservissent, détruisent, les autres, tous les autres, juste au nom de l’impunité de leurs armes de destruction massive, il faut se laver la main de la vie sur cette terre qui brûle. Et surtout ne plus croire en tous ces slogans sur les libertés, sur le salut de la race humaine et sur l’avenir assuré grâce au progrès et à la croissance économique. C’est d’ailleurs celle-ci qui pose tous les problèmes insolubles. La sacro-sainte croissance coûte que coûte. Nous y avons tellement cru, à cette croissance infaillible qui va nous rendre tous heureux, nous assurer le bonheur, nous éviter la faim et la soif, nous procurer la sécurité et la paix, que nous tombons des nues quand nous savons que c’est cette même, croissance qui signe notre effondrement à tous les étages. Tous les indicateurs économiques du monde sont sur la courbe descendante. Et plus aucun miracle ne peut redresser la barre. Plus aucun. C’est désormais irréversible. C’est déjà trop tard, d’au moins une bonne quinzaine d’années. Tous les seuils du désastre, sur tous les plans, ont été allégrement franchi par la course vers la croissance et le profit. Cela nous rappelle cette anecdote fort tragique du bonhomme dans sa voiture qui franchi une montée en col et quand il entame la pente descendante, son ami lui dit qu’il n’y a plus d’essence dans le réservoir. Le chauffeur ricane et lui répond : « heureusement que nous descendons à tombeaux ouverts ! ». C’est le cas de le dire. Tout nous mène vers la fin. La fin progressive de toutes les ressources naturelles, déjà épuisées de manière catastrophique. La fin du statu quo politique et militaire entre les nations qui vont finir par se lyncher pour les dernières gouttes du pétrole. La fin de l’espoir de voir ce monde se réveiller de sa course folle vers son effondrement total. Aujourd’hui, le monde est déchiré entre les grandes puissances militaires à cause de ce qui reste comme pétrole, comme gaz, comme uranium et d’autres ressources rares. Imaginez ce même monde dans trente ans quand il n’y plus rien à partager. Deux scénarii s’imposent. Le premier : holocauste nucléaire. Destruction de tout ce que nous nommons civilisation. Retour à l’âge des cavernes, avec ça et là, des groupes qui s’entretuent pour les derniers points d’eau. Le deuxième l’apparition d’une pandémie planétaire foudroyante qui élimine plus de la moitié des vivants. Car la terre, telle qu’elle est exploitée aujourd’hui ne peut plus nourrir les huit milliards de bouches qui réclament toujours et encore plus. En dehors de ces deux projections dans un avenir très proche, il n’y a pas de troisième scénario. Une telle attente équivaut à croire que les états les plus riches de la planète décident, comme par miracle, d’en finir avec cette idée fixe nommée croissance. Ce qui est impossible. Inenvisageable. Alors on court, dans une terrible fuite en avant pour atteindre le point de rupture, ce moment fatidique où on bascule dans la chute. Les plus optimistes nous donnent encore 80 ans avant la fin de tout. Les plus réalistes parlent de 50 ans avant que les humains n’assistent à leur fin programmée. Dans les deux cas, il n’y pas de troisième voix. Alors, on maintient le cap, avec cette fatalité du pire. Perdu pour perdu autant y aller avec fracas. Il n’y a plus rien à sauver, autant tout faire éclater dans une implosion finale qui n’épargnera rien dans cette planète. Avec un bémol, tout de même, chanceux seront les plus pauvres d’entre nous, tous ceux qui ont toujours vécu, avec presque rien. Ceux-ci pourront traverser les enfers avec leur résilience comme unique viatique.
    Au vu de toutes ces catastrophes qui nous pendent au nez, à quoi auront servi le progrès, le développement, la technologie, les navettes spatiales, les ordinateurs hyper performants, les gadgets dits intelligents, l’intelligence artificielles, la cybernétique, les sondes interstellaires, toutes les guerres qui ont fait des centaines de millions de victimes, quand cette dite civilisation est incapable de sauver son habitat naturel d’un effondrement global ? C’est la plus grande aberration que l’Histoire des hommes aura à vivre, après toutes celles, accumulées au fil des siècles, dans une longue marche vers sa propre fin. Que restera alors de cette humanité ? Des reliques. Des vestiges. Des ruines. Des poches de résilience, essaimées au gré des hasards géographiques. Avec cette hypothétique attente : repartir de zéro pour bâtir une autre forme de culture qui n’entre pas en concurrence avec ce qui la génère, à savoir, la nature qui l’a fait naître. Peut-on parier sur un tel scénario ? Pour ma part, je ne miserai pas un malheureux denier sur l’avenir de l’humanité. Entre temps, tous ceux qui ont pris la pleine mesure de ce qui nous attend peuvent revenir à des choses simples de la vie. Ils peuvent réapprendre à vivre avec peu, à ne pas vouloir accumuler de fausses richesses, à être en prise avec cette terre, qui reste, en définitive, notre unique maison.

    Les derniers articles

  • Covid-19: 3.988 nouveaux cas confirmés

    Covid-19: 3.988 nouveaux cas confirmés

    Trois mille neuf cent quatre-vingt-huit (3.988) nouveaux cas d’infection au coronavirus et 2.784 guérisons ont été enregistrés au Maroc dans les dernières 24 heures, a...

  • Covid-19: Le bilan bimensuel au Maroc

    Covid-19: Le bilan bimensuel au Maroc

    Le taux de reproduction de la Covid-19 au Maroc se stabilise autour de 0,8%, alors qu’il dépasse 1 dans dix régions, a indiqué mardi un responsable du ministère de la...

  • Santé: Prendre soin des marins pêcheurs

    Santé: Prendre soin des marins pêcheurs

    Le Maroc est le seul pays en Afrique ayant développé une médecine des gens de mer, parallèlement au programme de réalisation des antennes médicales dans les principaux ports...

  • Développement durable: Appui à la mise en œuvre de l’Agenda 2030

    Développement durable: Appui à la mise en œuvre de l’Agenda 2030

    27 octobre 2020  à 20:49
  • COVID-19: Le Président Abdelmadjid Tebboune apporte un cinglant démenti à la propagande de l’Algérie

    COVID-19: Le Président Abdelmadjid Tebboune apporte un cinglant démenti à la propagande de l’Algérie

    27 octobre 2020  à 20:47
  • Tourisme: Vers une relance plus sereine

    Tourisme: Vers une relance plus sereine

    27 octobre 2020  à 14:46
  • Réchauffement climatique : Des menaces croissantes sur l’Afrique

    Réchauffement climatique : Des menaces croissantes sur l’Afrique

    27 octobre 2020  à 14:44
  • Musée de Bank Al-Maghrib : L’exposition permanente artistique renouvellée

    Musée de Bank Al-Maghrib : L’exposition permanente artistique renouvellée

    27 octobre 2020  à 14:42
  • Laâyoune et Dakhla: Ces nouveaux eldorados diplomatiques

    Laâyoune et Dakhla: Ces nouveaux eldorados diplomatiques

    27 octobre 2020  à 14:41