La Nakba des Palestiniens dure depuis 77 ans : Histoire des misérables des temps modernes !
Nakba : 77 ans après, la catastrophe se prolonge
Par Mohammed Taoufiq Bennani
Imaginez perdre votre foyer, votre terre, votre histoire, en un instant. C’est le sort de centaines de milliers de Palestiniens en 1948, lors d’un événement qu’ils nomment la Nakba, la « catastrophe » ou le « désastre » en arabe. Chaque année, le 15 mai marque l’anniversaire de cet exode massif et violent. Cet événement fondamental de l’histoire palestinienne, synonyme de perte de la patrie et de lutte pour l’indépendance, prend aujourd’hui une dimension particulière dans le contexte de la guerre qui ravage Gaza.
1948, le tournant de l’histoire
La Nakba est intrinsèquement liée à la création de l’État d’Israël le 15 mai 1948. Selon les sources, environ 760 000 Arabes de Palestine ont fui ou ont été chassés de chez eux à cette période. D’autres chiffres évoquent près d’un million de Palestiniens transformés en réfugiés entre 1947 et 1949. Ce processus a impliqué un « déplacement massif et violent des Palestiniens et la spoliation de leurs biens » par les forces ou milices sionistes. La violence et les massacres, comme celui de Deir Yassine en avril 1948, où des centaines de Palestiniens ont été tués, ont joué un rôle crucial pour forcer de nombreux Palestiniens à fuir. Plus de 500 villages palestiniens ont été systématiquement détruits. La Nakba est décrite comme un « nettoyage ethnique des Palestiniens ». Cet événement s’est produit après l’adoption du plan de partage de l’ONU en novembre 1947, que les sources présentent comme ayant été rejeté par les Palestiniens et la Ligue arabe, car il accordait une part majoritaire de la terre à l’État juif proposé malgré la faible proportion de terres possédées par les Juifs et leur statut minoritaire dans la population à l’époque. Les sources soulignent que les expulsions ont commencé immédiatement après le plan de partage, « des mois avant que les armées des États arabes voisins n’interviennent ».
Une catastrophe qui continue
Pour les Palestiniens, la Nakba n’est pas qu’un événement du passé ; elle est une « tragédie en cours », qui « ne s’est pas arrêtée en 1948, mais se poursuit sous diverses formes jusqu’à ce jour ». Elle se manifeste par l’occupation, la confiscation continue des terres par les colonies illégales, le déni du droit au retour pour les réfugiés et leurs descendants, et l’oppression quotidienne. Le sous-secrétaire général de l’ONU pour le Moyen-Orient a dénoncé les déplacements forcés de la population de Gaza. Le président palestinien, s’exprimant via son ambassadeur à l’ONU, a qualifié la guerre menée par Israël à Gaza de « simple prolongement des chapitres de la catastrophe de la Nakba qui se poursuit sans relâche depuis 1948 ». Les sources indiquent que la population de Gaza est aujourd’hui « assiégée, bombardée et affamée dans le but de la détruire ou de la déplacer ». Elles affirment que « Le gouvernement israélien ne cache plus ses véritables intentions dans une ‘deuxième Nakba' », laissant les Palestiniens face à des options les unes pires que les autres; déplacement, esclavage, ou mort. C’est-à-dire nettoyage ethnique, apartheid, ou génocide.
Cicatrices et espoir
La Nakba a laissé des « cicatrices profondes » dans la société palestinienne, affectant les personnes déplacées et leurs descendants. Elle a « déchiré les familles et les communautés » et est devenue un symbole clé de l’identité nationale palestinienne actuelle. Pour les Palestiniens, la Nakba représente « la perte de la patrie et la lutte continue pour l’indépendance et l’autodétermination ». En 2023, pour la première fois, l’ONU a officiellement commémoré l’anniversaire de la Nakba pour « rappeler l’injustice historique dont a souffert le peuple palestinien ». Cependant, plus de trente pays ont voté contre cette commémoration, et Israël s’oppose souvent à ces célébrations, les qualifiant d’obstacle à la paix. Malgré le traumatisme persistant, les Palestiniens restent « résilients, ancrés, attachés à leur terre ». Ils maintiennent leur « attachement au droit au retour » et affirment n’accepter aucune alternative à ce droit légitime.
En commémorant la Nakba, les Palestiniens ne se contentent pas de se souvenir d’un événement passé violent et criminel ; ils reconnaissent qu’elle se poursuit sous diverses formes jusqu’à ce jour. L’appel à une « action internationale réelle et efficace » résonne pour mettre fin à cette « injustice historique » et à la « tragédie en cours », qui est devenue un « déshonneur pour l’humanité ». Le temps est-il venu pour que le monde reconnaisse pleinement la dimension historique et actuelle de la Nakba et agisse pour que justice soit rendue ?
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