[ after header ] [ Mobile ]

[ after header ] [ Mobile ]

La Marche Verte : l’élan fondateur du Maroc moderne

Cinquante ans après, le Royaume récolte les fruits d’une marche de foi, d’unité et de vision

Par Fayçal El Amrani


Il y a un demi-siècle, un peuple tout entier s’est levé. Ce 6 novembre 1975, ils étaient plus de 350 000 Marocains à marcher vers le Sud, le Coran dans une main, le drapeau dans l’autre. Ce n’était ni une guerre ni une conquête, mais une déclaration de paix et de souveraineté. La Marche Verte, voulue et orchestrée par le roi Hassan II, a redonné au Maroc son intégrité territoriale et, surtout, sa confiance en lui-même.

Le 16 octobre 1975, la Cour internationale de Justice reconnaissait l’existence de liens d’allégeance entre les tribus sahariennes et la monarchie marocaine. Ce fut un tournant historique. En quelques semaines, la marche populaire transformait la légitimité juridique en acte politique, la mémoire en mouvement. Puis, le 14 novembre, les Accords de Madrid scellaient le départ de l’Espagne et ouvraient la voie à la récupération pacifique des provinces du Sud. L’histoire du Maroc reprenait son cours : celui d’une nation réconciliée avec son territoire.

Mais la Marche Verte fut bien plus qu’un événement. Elle fut une renaissance collective, un souffle d’espérance. Le Maroc ne s’est pas contenté de retrouver son territoire : il s’est mis à bâtir. Dans le Sud, les villes de Laâyoune, Dakhla et Smara ont été intégrées, développées, modernisées. L’État a investi dans les routes, les ports, les hôpitaux, les écoles et les universités. Là où s’étendaient les dunes, le Maroc a semé les graines du progrès. Là où régnait le silence du désert, on entend aujourd’hui le murmure de la jeunesse et du renouveau.

Sous le règne de Mohammed VI, cette dynamique a pris une nouvelle dimension. Le modèle de développement des provinces du Sud, lancé en 2015, incarne une vision claire : transformer le Sahara en moteur de croissance, en pont entre l’Afrique et l’Atlantique. Dakhla en est le symbole vivant. Son port atlantique, en construction, ses projets d’énergie renouvelable, sa zone franche et son essor touristique font d’elle une vitrine du Maroc de demain. Le Sahara n’est plus une marge, il est devenu un centre d’équilibre et de rayonnement.

Et en 2025, l’histoire a consacré cette trajectoire. Le 31 octobre, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une résolution historique reconnaissant la souveraineté marocaine sur le Sahara et affirmant que le plan d’autonomie présenté par le Royaume en 2007 constitue « la seule base sérieuse, crédible et durable » pour une solution politique. Cette décision met fin à un demi-siècle d’ambiguïtés diplomatiques. Elle vient confirmer ce que le Maroc savait depuis toujours : sa cause est juste, son engagement légitime et sa vision claire.

Depuis, la reconnaissance internationale ne cesse de s’élargir. Les États-Unis, l’Espagne, l’Allemagne, les Émirats arabes unis et de nombreux pays africains soutiennent la position marocaine. Plus d’une trentaine de consulats ont ouvert leurs portes à Laâyoune et Dakhla. Le Sahara marocain est aujourd’hui un espace diplomatique vivant, un point d’ancrage de la coopération africaine et atlantique.

Mais au-delà de la géopolitique, la Marche Verte demeure un acte spirituel et moral. Elle a uni le Maroc autour d’une foi commune : celle du peuple et de son Roi. Ce lien sacré, indissoluble, a résisté à toutes les épreuves. Chaque 6 novembre, cette mémoire revient, vive et vibrante. Dans les écoles, les foyers, les discours et les cœurs, elle rappelle que la souveraineté se défend avec patience, intelligence et conviction. La Marche Verte n’est pas un souvenir : c’est une énergie qui traverse les générations.

Cinquante ans plus tard, le Maroc avance, fort de cette mémoire et tourné vers l’avenir. Le Royaume est devenu un acteur régional respecté, un partenaire africain solide, un pont entre les continents. Sa stabilité inspire la confiance ; sa diplomatie proactive attire l’estime. Dans un monde traversé par les crises, le Maroc incarne la constance et la clairvoyance.

L’esprit de la Marche Verte vit dans chaque projet national : le port de Dakhla Atlantique, les corridors atlantiques vers l’Afrique, les projets d’hydrogène vert, les zones industrielles intégrées. Il vit aussi dans l’engagement social, dans la modernisation du pays et dans le regard confiant d’une jeunesse qui hérite d’un rêve devenu réalité.

Les images des marcheurs dans le désert demeurent gravées dans la mémoire. Elles rappellent qu’un peuple uni autour d’un idéal peut déplacer les frontières de l’histoire. Ce vert qui ondulait sur les dunes n’était pas seulement la couleur du drapeau. C’était celle de l’espérance, du courage et de la paix. Celle d’un Maroc libre, fort, fidèle à ses racines et résolument tourné vers son avenir.

La Marche Verte n’a pas seulement marqué notre passé : elle éclaire encore notre présent et trace notre futur. Elle est l’expression d’un pacte moral entre un peuple et son Roi, d’une foi dans la justice et la dignité. Cinquante ans après, le Maroc marche toujours, il marche vers la lumière.


À lire aussi
commentaires
Loading...
[ Footer Ads ] [ Desktop ]

[ Footer Ads ] [ Desktop ]