La jeunesse Marocaine n’est pas un Champ de Bataille Idéologique
Refuser l’instrumentalisation de nos rêves au nom d’une cause étrangère
Par Fayçal El Amrani
Lire, ce matin, une « lettre ouverte » publiée par El Independiente, prétendument écrite par un jeune Sahraoui, m’a glacé le sang. Non pas parce qu’elle parle de liberté, mais parce qu’elle appelle, sans détour, à renverser un État souverain. Pire : elle le fait en se drapant dans le langage noble de la jeunesse, de l’espoir et de la justice. C’est une imposture intellectuelle. Et c’est une trahison morale.
Cette tribune étrangère prétendant parler au nom de la jeunesse marocaine, c’est mesurer à quel point certains continuent de méconnaître l’âme réelle de cette génération. La jeunesse du Maroc, celle qu’on appelle aujourd’hui Génération Z 212, n’est pas un champ de bataille idéologique. Elle est une force de proposition, un moteur de modernité, un levier de transformation. Elle réclame plus de justice, plus de transparence, plus d’efficacité, pas la chute d’un État, mais la consolidation d’une nation. La Gen Z 212 refuse d’être instrumentalisée par des discours extérieurs qui exploitent la frustration pour servir des causes étrangères.
Publier un texte qui incite à renverser un gouvernement n’est pas du journalisme. C’est de la propagande
Le Maroc n’est pas parfait. Personne ne le prétend. Mais il avance. Il dialogue. Il réforme. Depuis vingt ans, notre Constitution a été révisée, nos institutions renforcées, nos libertés élargies, pas à coups de slogans, mais à coups de travail, de compromis, de volonté collective. La jeunesse marocaine, celle qui étudie, crée, entreprend, manifeste pacifiquement ou s’engage dans la chose publique, ne réclame pas la chute du régime. Elle réclame plus d’efficacité, plus d’équité, plus d’avenir. Il y a une nuance. Une grande.
Or, cette « lettre » ne parle pas de l’avenir. Elle parle de destruction, instrumentalise la colère légitime de certains pour servir une autre géopolitique, un autre agenda. Elle confond le droit à critiquer avec le devoir de saboter. Et elle ose se présenter comme une voix authentique de la jeunesse ? Non. C’est une voix importée, calibrée, politisée, et surtout, déconnectée de la réalité marocaine.
Comment un média, même étranger, peut-il devenir l’écho d’un tel appel à la subversion ? Où est l’éthique journalistique ? Où est le respect de la souveraineté d’un pays qui, malgré ses défis, construit, chaque jour, une démocratie, imparfaite ( aucune démocratie ne l’est ) , mais vivante ? Publier un texte qui incite à renverser un gouvernement n’est pas du journalisme. C’est de la propagande. Et c’est dangereux.
Le Souverain a plusieurs fois appelé à ce que « les jeunes deviennent les acteurs et non les spectateurs du changement »
Cette génération a grandi sous le règne de Mohammed VI. Elle a vu naître les grandes infrastructures du Royaume, les réformes constitutionnelles, l’ouverture diplomatique vers l’Afrique et le monde, pas connu la peur, mais la transformation. Elle réclame aujourd’hui non pas un changement de régime, mais une amélioration du modèle. Et cela, c’est un signe de maturité démocratique.
Sous le règne du Roi, le Maroc s’est réinventé. Il a misé sur les énergies renouvelables, les corridors logistiques, les zones industrielles, la réforme de la protection sociale, la refonte du modèle éducatif… Cette dynamique a ouvert un horizon que la jeunesse veut désormais habiter pleinement. Le Souverain a plusieurs fois appelé à ce que « les jeunes deviennent les acteurs et non les spectateurs du changement ». Et c’est précisément ce que la Gen Z 212 est en train de faire : prendre la parole, réclamer sa place, sans jamais rompre avec la cohésion nationale.
Ce n’est pas une révolution importée, c’est une évolution assumée
À un autre niveau, il y a ceux qui profitent de ces manifestations légitimes et pacifiques pour créer des troubles à l’ordre public. Nous laissons aux forces de sécurité de l’État et aux tribunaux le soin de les juger conformément à la loi. Dans les rues, les jeunes manifestent. Ils scandent leur droit à un avenir meilleur, pas leur haine de l’État. Ils savent que les défis du Maroc, corruption, bureaucratie, inégalités, ne se règlent pas par le chaos, mais veulent participer à leur résolution, avec leurs compétences, leurs idées, leur énergie.
Et quand certains médias étrangers publient des lettres qui appellent à la subversion sous couvert de liberté d’expression, ils trahissent cette vérité : le Maroc change, mais il change de l’intérieur. Ce n’est pas une révolution importée, c’est une évolution assumée. Cette génération ne se reconnaît ni dans les slogans nihilistes ni dans les lettres anonymes qui appellent à renverser l’ordre établi. Elle préfère la réforme à la rupture, la lucidité à la colère aveugle. Elle veut construire, pas détruire.
Je défends notre régime. Je défends notre nation. Une nation faite de 37 millions de citoyens + 10 millions de MRE, de villes vibrantes, de campagnes résilientes, de rêves tissés dans les ruelles, comme dans les start-ups. Cette nation mérite mieux qu’un article qui la réduit à un terrain de guerre idéologique.
La jeunesse marocaine n’a pas besoin qu’on lui dicte sa colère. Elle sait la formuler elle-même, avec nuance, avec force, avec dignité. Elle ne se reconnaît pas dans les appels à la haine déguisés en poésie révolutionnaire, sinon sait distinguer la critique constructive de la manipulation étrangère.
Le Sahara marocain est marocain. Pas par décret, mais par histoire, par géographie, par le sang de nos ancêtres et les rêves de nos enfants
Et puis, soyons clairs : le Sahara marocain est marocain. Pas par décret, mais par histoire, par géographie, par le sang de nos ancêtres et les rêves de nos enfants. Ce n’est pas un « conflit gelé ». C’est une intégrité territoriale non négociable, reconnue par la communauté internationale, y compris par les Nations Unies. Utiliser cette question pour attaquer l’État entier est non seulement faux, mais profondément injuste.
Enfin, un mot à ceux qui croient que la jeunesse est facile à manipuler : nous lisons et comparons. Nous pensons. Nous ne sommes pas des marionnettes. Et nous ne serons jamais le relais d’une voix qui prétend parler pour nous tout en nous trahissant.
Que El Independiente se souvienne : la liberté d’expression n’autorise pas tout. Surtout pas l’incitation au chaos sous couvert de solidarité. La jeunesse marocaine mérite mieux qu’un article qui la divise au lieu de l’unir. Elle mérite qu’on croie en elle, pas qu’on l’utilise.
Et si un jour, un vrai dialogue doit s’ouvrir avec les jeunes de Tanger ou du Sahara, qu’il soit mené par des Marocains, entre Marocains. Pas par des plumes étrangères qui ne connaissent de notre pays que les clichés qu’elles servent à leurs lecteurs. Notre avenir, nous le construisons nous-mêmes. Pas dans les colonnes d’un journal qui confond révolte et responsabilité.
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