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La chimie marocaine mise sur le développement durable pour renforcer ses exportations

Le 27 novembre 2025, la Fédération de la Chimie et de la Parachimie a organisé son 21ème Workshop sous le thème le développement durable au service des exportations de la chimie nationale. L’événement a réuni l’ensemble des acteurs qui structurent aujourd’hui cette filière stratégique et a offert un espace d’échanges où la question de la durabilité n’a cessé d’être présentée comme un levier essentiel de compétitivité.

LA VÉRITÉ


Dès l’ouverture, le président de la fédération Abed Chagar a rappelé que le secteur chimique marocain, fort de son poids économique et de son rôle dans les chaînes de valeur industrielles, ne peut plus se développer sans intégrer pleinement les impératifs environnementaux qui redéfinissent les marchés internationaux. Il a insisté sur la nécessité de moderniser les procédés, d’adopter des standards exigeants et de mobiliser plus efficacement l’innovation pour consolider les performances à l’export. À ses côtés, Omar Hejira, secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, a souligné que la réussite de la stratégie exportatrice passe par une mise à niveau continue et par une adaptation aux règles mondiales qui conditionnent désormais l’accès aux marchés les plus porteurs.

L’événement a également été marqué par la présence de Mohamed Ouhmed, secrétaire général du ministère de la transition énergétique et du développement durable, qui a expliqué que les industries chimiques doivent s’inscrire dans la trajectoire nationale de réduction des émissions et devenir un exemple de transformation productive compatible avec les ambitions climatiques du Maroc. Mehdi Tazi, vice président de la CGEM, a rappelé que la chimie fait partie des secteurs où la montée en gamme est déjà engagée mais nécessite plus de soutien à l’innovation. Quant à Hassan Sentissi, président de la confédération marocaine des exportateurs, il a mis l’accent sur l’importance d’accompagner les entreprises, en particulier les petites et moyennes unités, afin qu’elles puissent répondre aux exigences environnementales des marchés mondiaux qui deviennent de plus en plus strictes.

La première table ronde a permis de montrer à quel point le développement durable intervient désormais comme un déterminant direct de la compétitivité. Les intervenants ont expliqué que la réduction de l’empreinte carbone, la conformité aux normes internationales, la traçabilité et l’efficacité énergétique constituent non seulement des obligations réglementaires mais aussi des facteurs décisifs pour gagner la confiance des acheteurs étrangers. Mohamed Amimi, directeur exécutif à la Banque Centrale Populaire, a présenté les programmes d’accompagnement financier dédiés à la transition écologique des entreprises et a insisté sur la nécessité de développer des lignes de financement spécifiques capables d’encourager les projets d’économie circulaire et les procédés à faible impact environnemental. Yassine Zahhaf, directeur NextHen Growth Delivery du groupe OCP, a partagé l’expérience d’un grand acteur industriel marocain qui a placé l’innovation durable au centre de sa stratégie et qui considère désormais la performance environnementale comme une composante structurelle de sa compétitivité internationale.

La seconde table ronde s’est concentrée sur l’innovation et les nouveaux marchés comme leviers pour une chimie durable et compétitive. Les experts ont expliqué que le secteur connaît aujourd’hui une mutation rapide qui impose d’anticiper les futures demandes mondiales. Ils ont mis en avant l’importance d’investir dans les nouvelles technologies, dans les matériaux de nouvelle génération, dans les procédés numériques et dans les solutions permettant de produire une chimie plus propre. Ils ont également souligné que la diversification géographique des exportations constitue un enjeu majeur pour réduire la dépendance à certains marchés traditionnels et renforcer la présence du Maroc dans des régions à fort potentiel comme l’Afrique subsaharienne, l’Amérique latine ou l’Asie. L’idée qui a dominé les échanges est que la durabilité et l’innovation ne doivent pas être perçues comme des contraintes mais comme des moteurs capables d’accélérer la transformation du secteur et d’ouvrir de nouvelles opportunités de croissance.

Au terme de cette journée, un consensus clair s’est dégagé autour de la nécessité de renforcer les partenariats entre les institutions publiques, les industriels et les organismes d’exportation afin de consolider la dynamique engagée. Le workshop a montré qu’une nouvelle trajectoire est en train de se dessiner pour la chimie marocaine, une trajectoire dans laquelle l’écoresponsabilité, la compétitivité et l’ouverture sur les marchés mondiaux avancent désormais de manière indissociable. Ce rendez-vous a confirmé que la fédération, les opérateurs et l’État partagent une vision commune qui vise à faire du développement durable non seulement une exigence internationale mais également un moteur stratégique permettant au secteur de la chimie de s’affirmer davantage sur la scène mondiale.


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