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  • Dernière mise à jour: 05 juillet à 19:26

    Par:  

    Mohammed Taoufik Bennani

  • 03 juin 2020  à 18:36
  • Temps de lecture: 8 minutes
  • CHRONIQUESLa chance du Maroc

    La chance du Maroc
    La chance du Maroc

    Que doit-on penser de l’état de notre voisin de l’Est? Que doit-on dire de sa société civile, de ses associations, de ses syndicats, de ses partis, après « l’élection » d’un nouveau Président de la république boycottée par l’écrasante majorité de la population mobilisée dans un Hirak historique et qui s’est retirée volontairement de la rue pour raison sanitaire exceptionnelle.?

    Depuis, le plus neutre des observateurs n’aperçoit de loin le moindre signe d’un changement face à un système verrouillé dont les fameux «décideurs» rythment et la cadence et le périmètre de mobilité.

    De près, ce même observateur pourrait constater lui-même en revanche une poignée de petits pions placés dans un grand puzzle où tout bouge sans que rien ne change à l’instar des vases communicants qui s’entrechoquent mais ne provoquent que des bruits sans musique.

    Dans ces conditions, il est très difficile d’imaginer une telle perspective pour le royaume du Maroc avec un régime qui dilapide ses moyens et théorise son agressivité sans se réjouir.

    Cette fois la déchéance n’est plus une hypothèse pour un régime qui a maintenu, pendant plus de vingt vingt-six ans, les frontières fermées avec son voisin le Maroc.

    En théorie, rien ne l’empêche : le nouveau président, dès sa première sortie médiatique à fait savoiravec haute et intelligible voix qu’il maintiendra fermée la frontière avec le Maroc.

    Dans les faits, une telle perspective – qu’elle soit ou non sérieusement envisagée – alimente l’espérance de nombreux Marocains qui estiment que l’hostilité du régime algérien a rendu d’inestimables services au Maroc et que son agressivité notamment économique et diplomatique va inévitablement accentué la dynamique remarquable de la diplomatie économique du Royaume aggravant, en sa faveur, l’écart entre les deux pays en termes de développement économique et politique.

    Assis sur le matelas confortable, et endormissant, de ses mille milliards de dollars, entre-temps dilapidés, l’Algérie s’est renfermée comme une huître sur son modèle économique désuet, supposé rivaliser et dominer le Maroc, selon elle à jamais isolé.

    Pour cela le régime va dilapider sans compter ses centaines de milliards de dollars dans des projets de prestige grandiloquent. Sans impact positif sur une population suspectée d’évasion de devises et qui n’a droit pour sa dotation de voyage qu’à 250 euros (un millier depuis quelques semaines) quand les Marocains ont droit à 4500 ( quatre mille cinq cents) euros.

    L’ex Président, natif d’Oujda, ne fût pas chanceux, son retour sur la scène politique de son pays en 1999 coïncida avec l’avènement de Mohammed VI qui a initié depuis le début de son règne des réformes économiques structurelles et des changements en profondeur dans les moeurs politiques.

    C’est ainsi que sans pétrole ni gaz le Maroc est devenu le pays émergent de l’Afrique du Nord. En moins de deux décennies.
    Assurément, le royaume a capitalisé sur l’avantage qu’il s’est offert à partir des règles obtuses imposées à l’économie algérienne qui peine toujours à attirer sur son sol des investisseurs étrangers.

    La règle-phare de l’arsenal régressif de l’ère Bouteflika est celle dite 51/49. Son successeur ne semble pas se détourner de cette orientation. En réformant cette règle le nouveau pouvoir a multiplié les exceptions au point de donner l’impression que décidément rien n’a changé.

    Dans le cadre de cette règle, l’Etat algérien interdisait aux investisseurs étrangers d’investir leur argent et leur imposait le sien. C’est du jamais vu. Même en Corée du Nord, on n’y a pas pensé.

    Dans les partenariats faits conformément à la règle 51/49, le partenaire étranger participe à hauteur de 49% uniquement dans le capital, l’investissement étant couvert à 100% par des capitaux algériens puisque la loi dit que ce sont les banques algériennes qui doivent financer tous les projets.

    Rassurons-nous: ces règles qui sous tendent la gouvernance économique ne sont enseignées dans aucun institut d’études supérieures – même en Algérie- et donc nulle crainte de voir nos élites politiques contaminées par ce délire gestionnaire.

    Aujourd’hui, bien que le Gouvernement algérien soit dans un stress budgétaire énorme, et en dépit des annonces ponctuelles concernant le réaménagement de cette règle farfelue, il continue à être boudé par les IDE qui continuent à lui tourner le dos ayant gravé dans l’esprit que l’Algérie se cramponnait farouchement à cette réglementation.

    Pourquoi ne pas exiger un partenariat même dans l’investissement? Pourquoi les capitaux étrangers n’intéressent pas l’Algérie ? D’aucuns y voient l’effet d’un syndrome de nouveau-riche.
    «Théoriquement, la raison invoquée est que les apports en capitaux sont une sorte d’endettement extérieur envers des parties privées étrangères, et que l’Algérie refuse de s’endetter pour quelque motif que ce soit, » expliquait Ferhat Ait Ali, expert financier devenu ministre de l’industrie et a depuis accepté d’avaler toutes les couleuvres du régime.

    L’actuel ex analyste a raison. Dans la réalité, les responsables algériens savent que personne n’apportera le moindre centime dans une association imposée avec des parties choisies par l’administration algérienne et les sphères dirigeantes, selon des critères qui sont tout sauf économiques.

    Pour des observateurs marocains s’il n’y a aucun régime politique au monde, y compris celui de la Corée du Nord, qui interdit aux investisseurs étrangers d’investir leur argent et leur impose généreusement le sien, pourquoi souhaiter le départ de dirigeants incompétents qui haïssent le Maroc alors qu’ils œuvrent à priver un rival de moyens lui permettant de gagner définitivement la course en Afrique et ailleurs.

    Ça relève d’une délirante et surréaliste logique, mais c’est la seule lecture qu’on s’autoriserait à l’aune du principe cartésien.

    Il ne faut point se triturer les méninges pour lire entre les lignes, alors qu’une lecture prosaïque et logique des mesures en question permet de conclure que leur finalité n’est pas plus farfelue que leur déclinaison juridique.

    Les dessous de la règle 51/49 laissent entendre que, contrairement à ce qui se dit et aux antipodes des vertus protectionnistes qu’on lui prête, favorise entièrement les partenaires étrangers qui se trouvent associés dans des projets sans le moindre euro et en tirent des bénéfices d’investissements auxquels ils n’ont pris part que théoriquement.
    L’avenir révélera tout, mais probablement trop tard pour remédier aux dégâts.

    L’après déconfinement, une autre paire de manches

    Si l’on se pose des questions sur l’après confinement au Maroc, on finit par se faire rappeler que le pays dispose d’une véritable économie diversifiée qu’il importera de remettre au travail pour atteindre dans quelques mois son rythme de croisière.

    Ce n’est pas le cas pour l’Algérie voisine. Face à une crise économique aigüe à laquelle il fait face (fonte du matelas de devises, recours à la planche à billets, chômage de masse, chute des prix des hydrocarbures), le confinement sanitaire a révélé les vulnérabilités d’une économie précaire.

    Le gouvernement algérien ne peut se permettre de maintenir celle-ci en pause pour longtemps. Pourtant, Abdelmadjid Tebboune refuse le recours aux prêts internationaux et s’est même montré optimiste avançant que l’Algérie avait connu pire dans les années 90 et que le pays regorgeait de ressources hors pétrole et gaz.

    Pourtant les ressources tirées des hydrocarbures représentent plus de 95% des recettes du pays.  Il est difficile de savoir alors comment garantir un semblant de croissance avec le ralentissement du commerce international et d’opposer aux déclarations du nouveau président algérien autre chose que du scepticisme.

    En tout cas, nous autres Marocains avons le devoir de savoir gré au président Tebboune qui poursuit l’œuvre de booster l’économie marocaine en lui servant de balise lui faisant éviter les mauvais choix.

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