La Bourse de Casablanca sous pression après l’escalade des tensions au Moyen-Orien
LA VÉRITÉ
La Bourse de Casablanca a traversé une séance particulièrement mouvementée ce lundi 2 mars 2026, au lendemain d’un week-end marqué par une aggravation brutale de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Entre le 28 février et le 1er mars, le déclenchement d’un conflit ouvert impliquant directement les États-Unis, Israël et l’Iran a provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux, entraînant un mouvement de repli massif des investisseurs vers des actifs jugés moins risqués. À la clôture, l’indice de référence MASI a enregistré une baisse significative de 4,21 % pour s’établir à 17 377 points, dans un volume d’échanges exceptionnel s’élevant à 1,1 milliard de dirhams.
Le mouvement de correction a été encore plus marqué pour le MASI20, l’indice regroupant les vingt valeurs les plus liquides de la place, qui a cédé 5,10 % pour finir à 1 309 points. Ce désengagement a principalement touché les grandes capitalisations du marché. Le titre TGCC a ainsi concentré une part importante des échanges avec 205 millions de dirhams, terminant la séance en recul de 9 % à 728 dirhams. Dans la même dynamique, le groupe SGTM a clôturé en repli de 7,68 %, tandis que les poids lourds de la cote comme Maroc Telecom et Attijariwafa Bank ont respectivement perdu 4,04 % et 2,22 %. Le secteur de la santé n’a pas été épargné par cette nervosité ambiante, l’action Akdital reculant de 6 %.
À l’inverse de cette tendance baissière généralisée, le secteur minier est parvenu à s’extraire de la tourmente en jouant son rôle traditionnel de valeur refuge. Portée par la flambée des cours des métaux précieux dans un contexte de guerre, la société Managem a progressé de 2,94 % pour atteindre 8 750 dirhams. Sa filiale, la SMI, a réalisé une performance encore plus notable en bondissant de 7,37 %, inscrivant au passage un nouveau plus haut historique à 7 499 dirhams. Ce repositionnement stratégique des opérateurs sur les ressources minérales témoigne de la recherche de sécurité face à l’incertitude économique globale provoquée par l’escalade militaire.
Sur le plan technique, cette séance de lundi marque une rupture importante pour le marché boursier marocain. Le franchissement à la baisse du support majeur des 17 500 points constitue un signal négatif, ce niveau n’ayant pas été atteint depuis le mois de juin 2025. Cette cassure graphique pourrait accentuer la volatilité dans les jours à venir, alors que la capitalisation boursière totale est redescendue à 976 milliards de dirhams. Les opérateurs de marché surveillent désormais de près l’évolution des prix du pétrole et les développements diplomatiques internationaux pour évaluer la capacité de la place casablancaise à stabiliser ses niveaux actuels.
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