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Journées Pétrole 2026 à Casablanca : l’Afrique teste sa capacité à séduire

Ouverture des Journées Pétrole 2026 à Casablanca. Face au déficit d'investissements, les décideurs africains s'inspirent du modèle d'attractivité du Maroc

LA VÉRITÉ


Placée sous le thème central « Comment renforcer l’attractivité des hydrocarbures africains ? », la 4e édition des Journées Pétrole s’est ouverte à Casablanca avec l’ambition d’engager un débat hautement stratégique sur les conditions indispensables pour repositionner le continent noir comme une destination énergétique compétitive dans un marché mondial en pleine mutation. Entre réformes réglementaires, innovation technologique, valorisation du gaz naturel, contenu local et impératifs de transition énergétique, cette nouvelle édition rassemble la fine fleur des experts, investisseurs et décideurs continentaux autour des leviers capables de transformer enfin les ressources africaines en véritables moteurs de croissance, de souveraineté et d’industrialisation.

Ce matin du 20 mai 2026, dans les salons du Royal Hideaway de notre capitale économique, une question flottait: l’Afrique peut-elle devenir un terrain d’investissement pétrolier aussi désirable que ses réserves sont vastes ?

L’ouverture de cette 4e édition des Journées Pétrole 2026 n’a pas apporté de réponse définitive, mais elle a eu le mérite de poser le diagnostic sans fard. Devant une assemblée d’institutions, de régulateurs, de financiers et de techniciens venus d’une douzaine de pays frères, Gacyen Mouely, associé gérant du cabinet organisateur 3M-Partners & Conseils, a lancé le fil d’Ariane des débats en rappelant que la construction de l’attractivité est un élément essentiel pour le développement des hydrocarbures, car si les investisseurs ne viennent pas en Afrique, le continent ne pourra pas valoriser son potentiel.

La formule, répétée lors de la séance plénière, résume parfaitement l’ambition de ce rendez-vous de quatre jours (du 20 au 23 mai). Loin des grandes messes commerciales conventionnelles où l’on expose des blocs d’exploration sans en analyser les contours, cette édition casablancaise veut ausculter les fragilités structurelles qui empêchent le continent de transformer son sous-sol en richesse équitablement négociée. Le chiffre de cadrage, opportunément rappelé en ouverture, sonne d’ailleurs comme un puissant avertissement : alors que les dépenses mondiales en exploration-production devraient atteindre 504 milliards de dollars en 2026, l’Afrique n’en capte qu’environ 41 milliards de dollars, soit à peine 8 % du total.

Pourtant, le continent détient près de 10 % des réserves mondiales de brut. L’écart entre ce que l’Afrique possède et ce qu’elle attire n’a jamais été aussi flagrant.

La fin de l’innocence géologique et le choc de la prévisibilité

Le constat qui se dégage des premières sessions est implacable : la simple présence de la ressource dans le sous-sol ne suffit plus à attirer les capitaux. Les investisseurs internationaux, échaudés par des décennies de changements fiscaux unilatéraux, de contentieux arbitraux interminables et de données géologiques jalousement verrouillées, exigent désormais une visibilité totale et une stabilité juridique absolue avant de valider le moindre financement.

C’est précisément pour répondre à ce malaise sectoriel que le programme de cette année articule ses travaux autour de six axes cardinaux : les réformes et la gouvernance, les données et la digitalisation, l’attractivité fiscale, le contenu local, la valorisation du gaz, et enfin, la transition énergétique. Autant de chantiers où l’Afrique accumule certes des retards, mais recèle aussi des bonnes pratiques isolées qu’il convient de partager. L’objectif affiché ici est de briser l’isolement des administrations nationales, trop souvent démunies face aux multinationales. Les Journées Pétrole ont ainsi été conçues comme un espace africain de dialogue technique et institutionnel, où les expériences de terrain se confrontent pour faire émerger des solutions pragmatiques.

Le Maroc, le choix évident d’un pays plateforme

Pourquoi organiser un tel sommet à Casablanca, alors même que notre Royaume n’est pas un producteur majeur d’hydrocarbures ? Ce choix, loin d’être un paradoxe, constitue le véritable fil rouge de cette édition. Les organisateurs l’assument pleinement : le Maroc offre l’exemple réussi d’une attractivité construite sur la stabilité politique, la qualité des institutions, la solidité du cadre juridique et la haute performance des infrastructures logistiques.

En somme, notre pays a magistralement réussi là où certains États producteurs échouent encore : bâtir un environnement de confiance durable. Et c’est précisément cette confiance qui fait défaut au secteur africain. Durant trois jours, les délégations de pays richement dotés en brut – à l’image du Gabon, du Congo, du Nigeria, de l’Angola, du Tchad ou de la Guinée équatoriale – vont plancher dans notre capitale économique sur les mécanismes à adopter pour s’inspirer, enfin, de la méthode marocaine.


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