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Jean-Jacques Rousseau: Un grand maître de la conscience moderne

Najiba Bezad Bennani


Il faut être vigilant quand on a décidé d’être dans le cerveau de Rousseau.
C’est immense, c’est un dédale de sentiments, d’idées qu’il faut parcourir avec le plan initial du propriétaire des lieux: l’homme est bon, et la société le corrompt.

Informé de ce postulat de base, on suit des pistes, fort longues, ramifiées, regroupées en évitant des ornières trop sensibles, les accidents de pensée, les collisions d’opinions, et l’on débouche en un pays d’utopie où les habitants ont tous souscrit une sorte d’assurance de survie: le ” contrat social”.

Il s’agit d’une convention passée entre tous les membres d’un groupe humain, afin d’atteindre le bien commun.
Et par quels moyens ?
On supprime le luxe, il excite la convoitise.
On limite les fortunes.
On écréte tout ce qui dépasse afin de parvenir à l’égalité.
Le peuple devient alors souverain.
Il n’a qu’un souci, une obsession: le bien commun.
Les lois élaborées par le peuple sont appliquées par les gouvernants qu’il s’est choisis.

Si ces gouvernants agissent pour leur intérêt personnel, on les destitue.
Pour plus de détails encore sur ce parcours, il faut se reporter au guide dont les grandes figures de la Révolution firent leur bréviaire: Du Contrat social publié en 1762.
Jean-Jacques Rousseau est né en 1712 à Genève, ville qu’il fuit à seize ans pour Annecy où l’attend Mme de Warens qui l’ initie à la culture en général, et domestique beaucoup de ses enthousiasmes juvéniles.

L’idée de l’inégalité lui étant insupportable, il n’a de cesse , à travers ses Discours , d’en chercher les causes , de lui apporter des remèdes, tout en s’occupant aussi de l’éducation – même s’il abandonne ses cinq enfants – dans Emile (1762).
Politique et pédagogie n’occupent pas tout le “cerveau Rousseau”.
La plus grande part y est réservée à l’amour.

Naïf ou pervers, naturel dans ses improvisations plurielles, enchanté, sublimé, l’amour épouse parfaitement son imaginaire en quête d’idéal.

Enfin, qui lit Rousseau en entier doit savoir qu’il faudra disposer d’environ quatre semaines , pour un long “moi” exposé sans retenue dans les Confessions et les Rêveries d’un promeneur solitaire-oeuvres posthumes qui closent et ouvrent à la fois la visite du cerveau de Rousseau, éteint le 2 juillet 1778, un mois après celui qui le fit tant souffrir : le cerveau d’Arouet, dit Voltaire.

Reconnu comme l’un des grands maîtres de la conscience moderne, Rousseau a étendu son influence dans tous les domaines, de la pédagogie à la politique et à la philosophie, et même comme rénovateur des sentiments religieux.

 


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