Iran : Trump souffle le chaud et le froid tandis que la répression continue
Alors que le bilan des manifestations dépasse les 500 morts selon les ONG, Washington évoque une possible reprise du dialogue tout en maintenant la menace d'une intervention militaire sur un Téhéran au bord de l'asphyxie
Par Fayçal El Amrani
La crise iranienne entre dans une phase critique et imprévisible. Ce dimanche, Donald Trump a créé la surprise depuis Air Force One. En effet, le président américain a affirmé que les dirigeants iraniens sollicitent désormais des négociations pour sortir de l’impasse. Toutefois, le locataire de la Maison Blanche garde toutes les options sur la table. Il a averti que Washington pourrait « agir avant toute rencontre », laissant planer le spectre d’une frappe militaire face à la brutalité de la répression en cours.
Un bilan humain effroyable sous blackout
Sur le terrain, la situation humanitaire se dégrade dramatiquement. L’ONG Iran Human Rights, basée en Norvège, recense désormais au moins 500 morts depuis le début du soulèvement il y a deux semaines. Pourtant, ce chiffre pourrait être bien inférieur à la réalité. Car le régime impose un blackout numérique quasi total, qualifié par l’organisme de surveillance NetBlocks de menace directe pour la sécurité des citoyens.
Ce mouvement, initialement déclenché par l’inflation et la vie chère, a opéré une mutation politique radicale. Désormais, les slogans visent directement le cœur du système de l’ayatollah Ali Khamenei. Face à cette fronde, les hôpitaux de la capitale sont saturés. Selon le Centre pour les droits humains en Iran, les médecins font face à des pénuries de sang et soignent des blessures par balles ciblées, témoignant de la violence de la riposte sécuritaire.
Le régime contre-attaque, l’économie sombre
Pour sa part, le pouvoir iranien tente de reprendre la main par la rhétorique. Le président Masoud Pezeshkian a décrété trois jours de deuil national et qualifié les victimes de « martyrs », attribuant les violences à des « terroristes urbains ». Il a également appelé ses partisans à une « marche nationale de résistance » pour contrer ce qu’il décrit comme des fauteurs de troubles.
Parallèlement, le pays s’enfonce dans la paralysie économique. À Téhéran, les commerces gardent le rideau baissé. Le prix de la viande a pratiquement doublé en quinze jours, exacerbant la colère d’une population déjà étranglée par les sanctions.
Escalade régionale et appel de l’opposition
La tension dépasse les frontières de la République islamique. De fait, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, a menacé de transformer les bases américaines et le territoire israélien en cibles légitimes en cas d’attaque.
Enfin, une voix historique s’élève depuis l’exil. Reza Pahlavi, fils du dernier chah, a exhorté les forces armées à rejoindre le mouvement populaire. Il se dit prêt à rentrer pour accompagner une transition démocratique, ajoutant une dimension politique supplémentaire à cette crise qui secoue le Moyen-Orient.
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