Iran : la répression des manifestations porte le bilan humain à plus de 5.000 morts selon HRANA
Les ONG alertent sur une crise majeure, aggravée par le blackout numérique et les tensions avec Washington
LA VÉRITÉ
Alors que l’Iran traverse l’un des épisodes de contestation les plus meurtriers de son histoire récente, de nouvelles données font état d’un lourd tribut humain. Selon la Human Rights Activists News Agency (HRANA), organisation basée aux États-Unis et disposant de relais internes en Iran, au moins 5.002 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la répression des manifestations nationales déclenchées fin décembre.
Les activistes soulignent que ce chiffre reste probablement en deçà de la réalité. Les autorités iraniennes maintiennent en effet un blackout quasi total d’internet depuis plus de deux semaines, ce qui complique la vérification indépendante des informations et limite la circulation des témoignages.
HRANA précise que la majorité des victimes sont des manifestants. L’ONG recense 4.716 protestataires tués, ainsi que 203 personnes affiliées au régime, 43 enfants et 40 civils non impliqués directement dans les rassemblements. Parallèlement, plus de 26.800 personnes ont été arrêtées dans le cadre d’une vaste campagne de répression menée à l’échelle nationale.
De son côté, le régime iranien a publié son premier bilan officiel, faisant état de 3.117 morts. Les autorités affirment que 2.427 victimes seraient des civils et des membres des forces de sécurité, tandis que les autres décès concerneraient, selon Téhéran, des « terroristes ». Dans un contexte marqué par des précédents similaires, cette version officielle suscite un scepticisme marqué au sein de la communauté internationale.
Dans ce climat tendu, les agences de presse internationales, dont Associated Press, reconnaissent leur incapacité à confirmer de manière autonome les chiffres avancés. Le contrôle strict de l’information, les restrictions imposées aux journalistes et la diffusion répétée d’un discours officiel accusant des ingérences étrangères compliquent toute évaluation indépendante.
Par ailleurs, la crise iranienne s’inscrit désormais dans une dynamique régionale plus large. Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire au Moyen-Orient, déployant notamment le porte-avions USS Abraham Lincoln. Le président américain Donald Trump a averti Téhéran contre toute exécution massive de manifestants, évoquant la possibilité d’une riposte militaire d’ampleur.
Cette escalade répressive révèle la profondeur de la fracture entre le régime iranien et une partie croissante de sa société. Au-delà des chiffres, la situation pose la question de la stabilité régionale et du coût humain d’un verrouillage politique qui, loin d’éteindre la contestation, semble nourrir une crise durable aux répercussions internationales.
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