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Iran–États-Unis : Trump rejette le plan de paix, Téhéran maintient la voie diplomatique

Après la reprise des contacts indirects à New York, Donald Trump affirme avoir rejeté la proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d’Ormuz et à mettre fin aux hostilités. Téhéran attend toutefois une réponse officielle transmise par les médiateurs. Le sort de cette voie maritime stratégique reste au cœur des négociations

La Vérité


La tentative de rapprochement diplomatique entre les États-Unis et l’Iran se heurte à un nouveau désaccord. Dimanche 27 septembre, Téhéran a réaffirmé sa volonté de parvenir à une solution négociée, au lendemain des déclarations de Donald Trump rejetant une proposition iranienne destinée à rouvrir le détroit d’Ormuz et à mettre fin aux combats.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a néanmoins précisé que les médiateurs n’avaient pas encore transmis à son gouvernement de réponse américaine formelle. L’Iran attend cette notification avant de décider de la suite à donner aux discussions.

Cette distinction est importante : Washington a publiquement exprimé son refus, mais Téhéran affirme ne pas avoir reçu cette position par le canal diplomatique utilisé lors des échanges.

Ormuz au centre des négociations

La proposition iranienne repose sur un enchaînement de mesures destinées à réduire les tensions.

Selon les éléments communiqués par Téhéran, un accord permettrait d’engager un processus de réouverture du détroit d’Ormuz dans un délai de sept jours, parallèlement à une suspension des hostilités régionales.

L’Iran demande en contrepartie la levée du blocus américain qui frappe ses ports. Les deux parties pourraient ensuite ouvrir des discussions plus larges sur d’autres sujets convenus d’un commun accord.

Le détroit d’Ormuz constitue ainsi le principal point de négociation immédiat. Avant le conflit, cette voie maritime assurait le passage d’environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz. Les perturbations de la navigation ont depuis affecté les flux énergétiques et l’économie internationale.

Pour Washington, le rétablissement de la circulation maritime représente un objectif central. Pour Téhéran, la levée du blocus constitue une condition préalable à la mise en œuvre de sa proposition.

Aucune des deux parties n’a annoncé d’accord sur l’ordre dans lequel ces mesures pourraient intervenir.

Des contacts renoués à New York

Les échanges ont repris en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York.

Le 22 septembre, Abbas Araqchi et les représentants américains Steve Witkoff et Jared Kushner ont communiqué indirectement par l’intermédiaire de médiateurs, notamment qataris. Il s’agissait des premiers contacts connus de ce type depuis l’effondrement du cessez-le-feu intervenu en juillet.

Ces discussions ont permis aux deux gouvernements de transmettre leurs positions, sans déboucher sur un rapprochement annoncé.

Un responsable iranien avait indiqué à Reuters que Téhéran examinait la réponse américaine à ses propositions, tout en reconnaissant la persistance de divergences importantes.

Les contacts ont donc rétabli un canal diplomatique, mais n’ont pas résolu les désaccords sur les conditions d’une cessation des hostilités.

Trump rejette la proposition iranienne

Samedi, Donald Trump a déclaré avoir rejeté le plan présenté par Téhéran. Le président américain a également soutenu que l’Iran cherchait un accord en raison des difficultés auxquelles il fait face.

Ces déclarations marquent un durcissement public de la position américaine après plusieurs jours de discussions indirectes.

Dimanche, Abbas Araqchi a répondu en réaffirmant que la réouverture d’Ormuz dépendait du respect des conditions iraniennes.

Le chef de la diplomatie iranienne a également indiqué que son pays attendait toujours la position définitive de Washington par l’intermédiaire des médiateurs.

Les deux déclarations ne permettent donc pas de conclure à une rupture formelle des contacts. Elles confirment en revanche l’absence d’accord et la persistance d’un différend sur les conditions proposées.

Le dossier nucléaire reste un obstacle

Au-delà du détroit d’Ormuz, la question nucléaire demeure l’un des principaux points de désaccord entre les deux pays.

Donald Trump maintient que l’Iran ne doit pas acquérir l’arme nucléaire. De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian affirme que son pays ne cherche pas à développer de telles armes et se dit disposé à discuter de son programme nucléaire.

Un haut responsable iranien a toutefois indiqué à Reuters que Téhéran n’entendait pas renoncer à ses positions concernant l’enrichissement de l’uranium, même dans l’hypothèse où les États-Unis accepteraient sa proposition de paix.

Cette divergence complique la perspective d’un accord plus large. Les discussions sur la navigation dans le Golfe pourraient ouvrir la voie à d’autres négociations, mais elles ne constituent pas, à ce stade, un règlement du contentieux nucléaire.

Une issue diplomatique toujours incertaine

Le conflit, déclenché le 28 février par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, a connu plusieurs phases de combats et de suspension des hostilités. Il s’est également étendu à d’autres parties de la région, perturbant les échanges maritimes et les approvisionnements énergétiques.

Les pays du Golfe suivent particulièrement les discussions sur Ormuz. La reprise du trafic maritime concerne directement leurs exportations et la sécurité de leurs voies commerciales.

Pour les économies importatrices d’énergie, dont le Maroc, l’évolution de cette crise représente également un facteur à surveiller. Son incidence précise sur les prix nationaux dépendra toutefois de l’évolution des marchés et ne peut être déduite des seules déclarations diplomatiques.

À ce stade, trois faits se dégagent : des contacts indirects ont repris à New York, Donald Trump a publiquement rejeté la proposition iranienne et Téhéran affirme attendre une réponse officielle des médiateurs.

La diplomatie reste donc active, sans qu’un accord de paix, une réouverture d’Ormuz ou un nouveau cessez-le-feu aient été annoncés.


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