[ after header ] [ Mobile ]

[ after header ] [ Mobile ]

Intégration africaine : ZLECAF, Eco, PAPSS… où en est le continent ?

Rapport PCNS 2025 : L'Afrique entre fragmentation mondiale et ambition d'intégration

LA VÉRITÉ


Le continent africain est en pleine effervescence, confronté aux turbulences d’un monde fragmenté tout en poursuivant un rêve audacieux d’intégration. C’est précisément le tableau brossé par le Policy Center for the New South (PCNS). Le mardi 15 juillet 2025, à Salé, le PCNS a dévoilé la sixième édition de son « Rapport annuel sur l’économie de l’Afrique 2025 ». Présenté lors de la deuxième journée de l’important Symposium économique africain (AES) 2025, ce rapport offre un panorama complet de l’évolution économique du continent. Il éclaire les relations complexes de l’Afrique avec le reste du monde et examine comment le continent gère les effets de la fragmentation mondiale tout en avançant vers une intégration continentale.

Les piliers du rapport et la feuille de route africaine

Larabi Jaidi, Senior Fellow au PCNS, a souligné l’engagement du continent en faveur d’une intégration panafricaine. Cette ambition est illustrée notamment par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Larabi Jaidi a également rappelé la diversité des appartenances et des dynamiques régionales complexes au sein des Communautés économiques africaines. Par ailleurs, le Rapport annuel du PCNS s’articule autour de trois piliers fondamentaux. Une première partie analyse les évolutions macro- et mésoéconomiques en Afrique. Ensuite, la deuxième partie est dédiée aux progrès réalisés au sein des Communautés économiques africaines. Enfin, la troisième partie aborde les enjeux majeurs liés à la mise en œuvre des protocoles de la ZLECAF. Ceci inclut la libéralisation des services, la coopération en matière d’investissement et la gestion des marchés publics.

Intégration monétaire et innovation financière : le pari de l’Afrique de l’Ouest

Mohammed Mikou, chef du service de la recherche financière à Bank Al-Maghrib, a mis en avant les avancées et défis de l’intégration monétaire en Afrique de l’Ouest. Il a notamment évoqué le projet de la monnaie unique « Eco », porté par la CEDEAO. Aussi, l’initiative continentale du système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) est une avancée majeure. Elle permet des transactions transfrontalières en temps réel sans recours à des devises tierces. De plus, M. Mikou a exposé le potentiel des monnaies numériques de banque centrale (CBDC). Celles-ci pourraient favoriser l’inclusion financière, réduire les coûts des transferts encore très élevés en Afrique, et renforcer la culture digitale. Cependant, il a mis en garde contre les risques liés à la désintermédiation bancaire. Il a plaidé pour une conception prudente et adaptée des CBDC, en fonction des contextes nationaux.

Industrialisation : défis structurels et atouts naturels en CEDEAO

Éric Tévoedjré, professeur adjoint à l’Université catholique de Lille, a partagé une analyse approfondie des perspectives d’industrialisation dans l’espace CEDEAO. Il a cité des difficultés structurelles persistantes. Celles-ci incluent l’absence d’une culture de coopération régionale et l’insuffisance des capacités énergétiques. M. Tévoedjré a affirmé que « L’insuffisance de coordination entre les États, conjuguée à une alimentation électrique encore instable, freine la mise en place de stratégies industrielles cohérentes à l’échelle sous-régionale ». En revanche, il a braqué les projecteurs sur les opportunités considérables liées aux ressources naturelles abondantes de la région. Pour cela, il a appelé à des stratégies communes de transformation et de création de chaînes de valeur.

En somme, le Rapport sur l’Économie Africaine 2025 du PCNS dépeint un continent résolument engagé sur la voie de l’intégration, malgré un environnement mondial fragmenté. Les défis sont réels, qu’il s’agisse de la complexité des dynamiques régionales, des freins à l’intégration monétaire ou des lacunes structurelles en matière d’industrialisation. Néanmoins, les opportunités offertes par la ZLECAF, les innovations financières comme le PAPSS ou les CBDC, et les vastes ressources naturelles africaines sont immenses. L’Afrique fait face à des « choix audacieux face aux mutations mondiales », le thème central du Symposium. Dès lors, la question demeure : comment le continent parviendra-t-il à transformer ces choix audacieux en une prospérité durable et une intégration complète pour tous ses peuples ?


À lire aussi
commentaires
Loading...
[ Footer Ads ] [ Desktop ]

[ Footer Ads ] [ Desktop ]