Intégration Africaine : Marrakech Balise la Voie pour une Mise en Œuvre Efficace de la ZLECAF
La deuxième édition du Forum d’Affaires met l’accent sur le pragmatisme économique et le désenclavement logistique, avec l'Initiative Atlantique comme levier stratégique
LA VÉRITÉ
La ville ocre s’est de nouveau imposée comme l’épicentre de la diplomatie économique continentale ce jeudi, en accueillant la deuxième édition du Forum d’Affaires de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF). Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cet événement, organisé conjointement par le ministère du Commerce, la CGEM et l’ASMEX, a réuni un parterre de décideurs publics et d’opérateurs privés autour d’une ambition commune : dépasser les déclarations d’intention pour entrer dans une phase d’opérationnalisation concrète du marché unique africain.
Loin de l’autosatisfaction, les débats ont été marqués par une approche réaliste des obstacles qui freinent encore la pleine puissance de la zone de libre-échange. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a rappelé que la ZLECAF est un chantier de longue haleine qui exige une coordination sans faille. Il a pointé du doigt les freins structurels majeurs, notamment le déficit criant en infrastructures portuaires et routières, ainsi que le coût prohibitif du transport intra-africain. À ces défis matériels s’ajoutent l’immensité des distances continentales et l’instabilité de certaines zones à gouvernance limitée, qui compliquent la fluidité des échanges.

L’Initiative Atlantique comme Réponse Stratégique
Pour surmonter ces barrières physiques et géopolitiques, le Maroc a mis en avant des solutions structurantes. Dans cette perspective, l’Initiative Atlantique lancée par le Roi Mohammed VI a été présentée comme un catalyseur de développement, visant non seulement à connecter les pays du Sahel enclavés à l’océan, mais aussi à renforcer les corridors de développement afro-atlantiques. Le futur Port de Dakhla Atlantique incarne cette vision : conçu pour devenir un hub logistique névralgique, il servira de trait d’union maritime entre l’Europe, l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique, positionnant le Royaume comme le pivot incontournable de cette nouvelle architecture commerciale.
La voix des entreprises a également résonné lors de ce forum. Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM, a souligné le paradoxe actuel où il demeure plus aisé d’échanger des services que des marchandises physiques sur le continent, en raison des goulots d’étranglement logistiques. Il a également insisté sur la complexité financière liée à la multiplicité des monnaies africaines, appelant à des mécanismes de paiement plus fluides. Malgré ces contraintes, le patronat marocain réaffirme que la ZLECAF reste le levier le plus puissant pour densifier les chaînes de valeur régionales et générer de la richesse locale.
Le Maroc a confirmé son statut de moteur de l’intégration régionale. En soutenant des projets d’infrastructures tangibles et en créant des espaces de dialogue comme ce forum, le Royaume œuvre activement à bâtir une Afrique plus résiliente, capable de transformer ses potentialités commerciales en croissance inclusive.
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