IDE : les investissements étrangers progressent de 58,5%, mais le chiffre appelle à la prudence
Le flux net des investissements directs étrangers a atteint 29,47 milliards de dirhams à fin juillet 2026. La hausse est réelle, mais elle s’explique autant par la progression des recettes que par la forte baisse des dépenses liées aux IDE

La Vérité
Le Maroc continue d’attirer les capitaux étrangers. À fin juillet 2026, le flux net des investissements directs étrangers (IDE) s’est établi à 29,473 milliards de dirhams, contre 18,592 milliards à la même période de 2025, soit une progression de 58,5%. Les chiffres, encore provisoires, proviennent de l’Office des Changes.
Mais derrière cette forte progression se cache une réalité plus nuancée. Les recettes liées aux IDE ont augmenté de 6,3%, pour atteindre 39,109 milliards de dirhams, contre 36,785 milliards un an auparavant. La progression des entrées de capitaux reste donc positive, mais elle est loin d’expliquer à elle seule le bond du flux net.
L’autre mouvement est beaucoup plus marqué : les dépenses liées aux investissements étrangers ont chuté de 47%, passant de 18,193 milliards à 9,636 milliards de dirhams. Cette baisse de 8,557 milliards a fortement contribué à l’amélioration du solde net, alors que les recettes n’ont progressé que de 2,324 milliards.
Le chiffre de +58,5% doit donc être lu avec cette distinction en tête. Il traduit une nette amélioration du flux net des IDE, mais ne signifie pas mécaniquement que les nouveaux investissements réalisés au Maroc ont augmenté de 58,5%. Les statistiques de l’Office des Changes ne permettent pas, à ce stade, de déterminer précisément quelles opérations expliquent le recul des dépenses.
L’attractivité du Royaume reste néanmoins visible. Près de 29,5 milliards de dirhams de flux net d’IDE ont été enregistrés en sept mois, tandis que les recettes brutes continuent de progresser. Le véritable enjeu est désormais de mesurer ce que ces capitaux produisent dans l’économie : nouvelles usines, extensions de capacités, emplois, exportations, transfert de technologies ou développement de nouvelles chaînes de valeur.
Cette question devient d’autant plus importante que les échanges commerciaux du Maroc se sont également accélérés. À fin juillet, les importations de biens ont augmenté de 15,9%, à 544,045 milliards de dirhams, tandis que les exportations ont progressé de 8,4%, à 299,349 milliards. Le déficit commercial s’est ainsi creusé de 26,5%, à 244,696 milliards de dirhams.
Dans ce contexte, les IDE constituent un apport important pour l’économie marocaine. Ils apportent des capitaux étrangers au moment où le Royaume poursuit ses investissements dans l’industrie, les infrastructures, l’énergie et les nouveaux secteurs exportateurs.
Les investissements marocains à l’étranger progressent eux aussi. Leur flux net atteint 6,865 milliards de dirhams à fin juillet, contre 2,766 milliards un an auparavant. Les dépenses correspondantes ont augmenté de 53,7%, à 17,026 milliards, tandis que les recettes issues des cessions ont progressé de 22,2%, à 10,161 milliards.
Le bilan des sept premiers mois est donc favorable, mais il faudra attendre les prochaines données pour savoir si la dynamique des IDE repose sur une accélération durable des investissements productifs ou si la forte baisse des dépenses aura joué un rôle exceptionnel dans l’amélioration du flux net.
Pour le Maroc, la prochaine étape sera moins de faire progresser le montant des IDE que de maximiser leur impact sur la production, l’emploi et la compétitivité du Royaume.

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