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Ibtissam Lachgar, provocation religieuse et enjeux géopolitiques

La BNPJ arrête Ibtissam Lachgar

Par Yassine Andaloussi


L’affaire Ibtissam Lachgar va bien au-delà d’un simple acte militant. En affichant publiquement une photo où elle traite Allah de lesbienne, elle ne se contente pas d’exprimer une opinion controversée. Elle profère une insulte directe à la divinité, un geste que la majorité du peuple marocain considère comme une provocation insupportable. Dans un pays où l’islam est à la fois une foi intime et un pilier identitaire, ce type de posture ne relève pas de la liberté d’expression au sens noble mais constitue une agression symbolique consciente.

Ce cas illustre un schéma déjà observable dans plusieurs pays musulmans où certaines figures locales, souvent issues des milieux urbains libéraux, deviennent des relais d’un agenda soutenu par des ONG internationales. Cet agenda vise à promouvoir la laïcisation des institutions et de la société tout en imposant la normalisation des revendications LGBT sous le masque des droits humains et des libertés individuelles. La provocation religieuse est utilisée comme un outil stratégique pour provoquer l’indignation populaire et une réponse judiciaire qui permet ensuite d’internationaliser l’affaire.

On retrouve ce modèle dans plusieurs pays comme la Tunisie, l’Égypte ou le Liban où des militants similaires sont mis en avant par des réseaux transnationaux. Le procédé consiste à poser un acte symboliquement violent envers l’islam, à provoquer une arrestation ou un procès, puis à mobiliser ONG et médias étrangers pour dénoncer une atteinte à la liberté d’expression. L’objectif final est de fragiliser le consensus religieux interne et d’exercer une pression extérieure afin d’imposer une reconfiguration institutionnelle plus sécularisée.

Au Maroc, cet agenda bute sur une spécificité majeure. Le statut d’Amir al-Mouminine détenu par le Roi joue un rôle de rempart naturel contre les tentatives de rupture radicale entre religion et État. Cette fonction confère au souverain une autorité spirituelle reconnue par la majorité des Marocains et protège la monarchie des schémas de déstabilisation observés ailleurs. L’attachement populaire à ce lien entre légitimité religieuse et pouvoir politique rend le pays particulièrement résilient face aux pressions visant à imposer une vision sociétale coupée de ses racines culturelles.

Que Ibtissam Lachgar en soit consciente ou pas, son action s’inscrit dans la logique voulue par les stratèges de ces opérations  qui ont pour ambitions de choquer, diviser et internationaliser le conflit. Derrière l’image d’une militante isolée, se cache une dynamique plus large portée par des réseaux qui ne défendent pas seulement les libertés individuelles mais cherchent à transformer profondément la nature de l’État et de la société marocaine. Cela signifie s’attaquer au cœur même de la légitimité monarchique et à l’unité religieuse du pays au profit d’un modèle importé déconnecté des réalités populaires.


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