Hégémonie et Realpolitik : La « Doctrine Donroe » qui Redessine la « Doctrine Monroe »
De Caracas à Téhéran, l'administration Trump II déploie une stratégie de force brute qui bouscule les équilibres traditionnels. Entre interventionnisme chirurgical et guerre économique, le "Corollaire Trump" impose une nouvelle réalité où la maîtrise des ressources dicte la loi, marquant une rupture définitive avec le multilatéralisme
Par Fayçal El Amrani
Le début de l’année 2026 marque une page qui se tourne dans une tectonique des plaques géopolitiques qui se fracture. Sous la seconde administration de Donald J. Trump, les États-Unis opèrent un repli offensif spectaculaire, abandonnant les subtilités du multilatéralisme pour un modèle d’hégémonie hémisphérique assumée. Cette nouvelle architecture, codifiée par la Stratégie de Sécurité Nationale de 2025 et la Stratégie de Défense Nationale de 2026, consacre ce que les experts nomment désormais la Doctrine Donroe. Ce cadre redéfinit les règles d’engagement : Washington n’intervient plus pour exporter la démocratie, mais agit exclusivement pour protéger ses intérêts vitaux et sanctuariser l’Hémisphère Occidental contre toute influence rivale.
Le Réalisme Brut du « Corollaire Donald »
Cette rupture idéologique, pilotée par un Département d’État sous la férule de Marco Rubio, substitue la promotion des valeurs par un réalisme politique froid et une domination économique sans partage. Le « Corollaire Trump » ou « Corollaire Donald » à la doctrine historique de Monroe est sans équivoque : l’Amérique s’opposera activement à toute ingérence de l’axe qualifié d' »autoritaire », la Chine, la Russie et l’Iran, dans sa zone d’influence.
La défense de l’Europe est désormais déléguée aux Européens eux-mêmes, sommés d’augmenter leurs budgets militaires, tandis que la puissance américaine se concentre sur des opérations de « déni persistant » et la sécurisation des frontières. L’objectif est la réindustrialisation nationale par une domination technologique, soutenue par des tarifs douaniers sélectifs et une politique de remigration massive pour verrouiller la souveraineté nationale.
Le Venezuela : Laboratoire d’une Interventionnisme de Choc
L’application la plus spectaculaire de cette doctrine reste l’Opération Absolute Resolve du 3 janvier 2026. Loin des hésitations du passé, cette incursion des Forces Spéciales a visé et obtenu l’exfiltration de Nicolas Maduro vers New York pour y répondre d’accusations de narcoterrorisme, déclenchant le versement d’une prime de 50 millions de dollars. L’opération, qui a coûté la vie à environ soixante-quinze gardes cubains et vénézuéliens, a permis à Washington d’instaurer une tutelle de facto sur le poumon économique du pays. Par le biais de l’Ordre Exécutif 14373, les États-Unis contrôlent désormais les flux financiers du pétrole vénézuélien, libérant quelque 300 millions de dollars initiaux pour les services de base, tout en maintenant sous blocus entre 30 et 50 millions de barils dans les tankers pour forcer la coopération des élites restantes.
La stratégie post-Maduro, orchestrée par Marco Rubio, se déploie en trois temps, privilégiant la stabilisation et la récupération économique via les investissements occidentaux sur l’organisation immédiate d’élections. Cette approche pragmatique, bien que critiquée pour sa gestion autoritaire de la transition, vise avant tout à sécuriser l’accès aux plus grandes réserves de brut lourd du monde, acceptant une réduction temporaire de la production sous les 300 000 barils par jour pour mieux rebâtir l’industrie selon les termes américains.
L’Iran et la Stratégie d’Asphyxie
À l’autre bout du globe, l’Iran subit le revers violent de cette même médaille. Suite à l’Opération Midnight Hammer de juin 2025, qui a visé les infrastructures nucléaires de Natanz et Fordow, Washington a basculé vers une doctrine de « déni aérien persistant ». Il ne s’agit plus seulement de retarder le programme nucléaire, mais de maintenir une pression militaire constante pour intercepter toute menace balistique, couplée à une guerre économique totale. Le président Trump utilise l’arme tarifaire pour dissuader les partenaires commerciaux de Téhéran, ciblant spécifiquement la Chine avec des menaces de droits de douane de 25 %. L’objectif d’évincer le pétrole iranien des marchés mondiaux pour le substituer par le brut vénézuélien désormais sous contrôle américain, redessinant ainsi les flux énergétiques planétaires au profit exclusif de l’Occident. de la « Doctrine Donroe »
Suivez les dernières actualités de Laverite sur Google news