Une nouvelle hausse des prix du carburant se profile
Les prix du gasoil et de l'essence s'apprêtent à grimper au Maroc. Le gouvernement refuse de baisser les taxes malgré la crise
LA VÉRITÉ
Les automobilistes doivent se préparer à un nouveau coup de chaud à la pompe. Propulsés par le regain de tensions géopolitiques au Moyen-Orient et l’approche de la saison estivale, les cours mondiaux du pétrole s’emballent. Face à cette situation, le gouvernement maintient fermement sa stratégie : subventionner de manière ciblée plutôt que de toucher à la fiscalité.
L’accalmie aura été de courte durée sur le front des hydrocarbures. Les marchés énergétiques internationaux traversent une zone de forte nervosité, alimentée par l’absence d’avancées décisives dans les négociations au Moyen-Orient et les menaces pesant sur le transit maritime dans le détroit d’Ormuz. Selon les analyses de Mostafa Labrak, directeur général d’Energysium Consulting, cette instabilité va se traduire mécaniquement par une augmentation des prix du gasoil et de l’essence dès la prochaine quinzaine, accentuée par l’érosion des stocks mondiaux et la hausse saisonnière de la demande.
La doctrine du ciblage face à la baisse des taxes
Cette nouvelle flambée ravive le débat national sur la fiscalité des carburants. Interpellé sur l’opportunité d’alléger la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) ou la Taxe Intérieure de Consommation (TIC), l’Exécutif oppose une fin de non-recevoir. Le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, défend un argumentaire comptable rigoureux : la TIC étant calculée sur les volumes vendus et non sur les prix, l’État ne s’enrichit pas mécaniquement de la crise. De plus, les gains éventuels de TVA resteraient marginaux par rapport aux équilibres budgétaires du Royaume.
Pour amortir le choc, le gouvernement préfère sanctuariser ses aides sectorielles. La priorité absolue reste le soutien financier direct aux professionnels du transport routier, un bouclier indispensable pour éviter une hausse en cascade des tarifs de transport et, par ricochet, des produits alimentaires de première nécessité.
Le débat persistant de la « TIC flottante »
Cette position prudente ne convainc pas l’opposition ni certains économistes, qui continuent de plaider pour l’instauration d’un mécanisme de « TIC flottante ». Ce système, déjà éprouvé à l’international, permettrait de réduire temporairement la taxe fixe par litre dès que les cours mondiaux franchissent un seuil critique, pour la rétablir une fois la tempête passée.
Bien que séduisante pour le pouvoir d’achat des ménages non subventionnés, cette option est jugée trop coûteuse et moins sélective par les décideurs de Rabat. En attendant un éventuel arbitrage politique, les consommateurs marocains restent en première ligne face aux fluctuations imprévisibles du marché mondial de l’énergie.
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