Hantavirus : Une surveillance stricte de 42 jours imposée à tous les passagers du MV Hondius
L'OMS classe les passagers du MV Hondius comme contacts à haut risque après trois décès confirmés. L’Espagne accepte d'ouvrir un port aux Canaries au nom du « devoir moral » pour gérer l'épidémie d'hantavirus. Une surveillance de 42 jours et une réponse internationale coordonnée sont activées pour contenir le virus des Andes.
LA VÉRITÉ
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé samedi 9 mai 2026 tous les passagers du navire de croisière MV Hondius comme des « contacts à haut risque » suite à une épidémie d’hantavirus. Le gouvernement espagnol a parallèlement accepté d’ouvrir un port aux Canaries pour gérer cette crise sanitaire qui a déjà causé trois décès en haute mer.
Une menace invisible embarquée
L’alerte a retenti dans les couloirs feutrés de l’OMS à Genève. Le bilan actuel fait état de huit cas recensés, dont trois décès foudroyants. Le MV Hondius, ce géant des mers battant pavillon néerlandais, est devenu un laboratoire de l’angoisse après avoir navigué entre l’Argentine, l’Antarctique et l’Atlantique Sud. Actuellement, quatre patients luttent pour leur vie dans des structures hospitalières internationales. Un malade se trouve en soins intensifs en Afrique du Sud, deux autres reçoivent des soins aux Pays-Bas, tandis qu’un dernier séjourne à Zurich, en Suisse.
La souche identifiée, le virus des Andes, agit comme un prédateur silencieux. Les experts de l’OMS soulignent une caractéristique alarmante : cette variante rare permet une transmission interhumaine lors de contacts rapprochés. Le premier patient a probablement contracté l’infection lors d’activités terrestres en Argentine ou au Chili avant l’embarquement. Par la suite, la promiscuité du navire a favorisé des contaminations secondaires. Bien que le risque mondial demeure faible, l’organisation juge le danger « modéré » pour les occupants du bâtiment.
L’Espagne, port de salut
Face à l’urgence, Madrid choisit la solidarité. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a déclaré samedi que l’accueil du navire aux îles Canaries constituait un « devoir moral ». Cette décision fait suite à un entretien crucial avec Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l’OMS. Le dirigeant socialiste a affirmé sur les réseaux sociaux que l’Espagne respectait ainsi ses engagements envers l’Europe et le droit international. Pour le chef du gouvernement, offrir un port sûr est une nécessité juridique autant qu’humaine. L’Espagne entend rester aux côtés de ceux qui ont besoin d’aide durant cette tempête sanitaire.
Une surveillance de fer
La réponse technique ne laisse place à aucune improvisation. Maria Van Kerkhove, directrice à l’OMS, recommande une surveillance active de quarante-deux jours pour chaque personne débarquant du navire. Cette quarantaine de six semaines vise à briser les chaînes de transmission. En attendant le débarquement, les autorités imposent des mesures de confinement strictes. Les passagers doivent limiter leurs déplacements et rester cloîtrés dans leurs cabines. Des experts de l’OMS et du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) sont déjà déployés à bord pour superviser ces opérations délicates.
Mobilisation scientifique et mondiale
Une véritable machinerie internationale s’est mise en branle pour contenir le foyer. L’Argentine, le Cap-Vert, le Chili, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Afrique du Sud, l’Espagne, la Suisse et le Royaume-Uni coordonnent leurs efforts sous l’égide du Règlement sanitaire international. Parallèlement, la science tente de percer les secrets du virus. Des laboratoires internationaux effectuent des séquençages génomiques et des tests sérologiques approfondis. Ces analyses visent à comprendre l’origine précise des infections et à cartographier chaque lien épidémiologique. L’OMS a déjà diffusé des protocoles techniques rigoureux pour encadrer le suivi des contacts et le débarquement sécurisé des voyageurs.
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