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Handicap : la troisième enquête nationale pour refonder les politiques publiques sur des données actualisées

La troisième Enquête nationale sur le handicap a été officiellement lancée à la fin du mois de janvier 2026, marquant une étape structurante dans la production de données sociales de référence. L’opération vise à actualiser de manière approfondie les indicateurs relatifs aux personnes en situation de handicap et à doter les décideurs publics d’un outil statistique précis pour orienter les politiques d’inclusion, de protection sociale et d’accès aux services essentiels.

LA VÉRITÉ


Menée en partenariat avec le Haut-Commissariat au Plan, l’Observatoire national du développement humain et le Fonds des Nations unies pour la population, cette enquête s’inscrit dans une logique de coordination institutionnelle renforcée. Elle repose sur un cadre méthodologique commun destiné à garantir la fiabilité, la comparabilité et l’exploitation opérationnelle des données recueillies à l’échelle nationale et territoriale.

L’objectif principal est de mesurer avec précision la prévalence du handicap, d’en identifier les formes et les degrés, et d’analyser les conditions de vie des personnes concernées. L’enquête couvre notamment l’accès à la santé, à l’éducation, à la formation, à l’emploi, à la protection sociale et à l’environnement bâti, tout en intégrant les disparités territoriales entre zones urbaines et rurales. Elle vise également à mieux appréhender les obstacles structurels qui limitent l’exercice effectif des droits.

Selon les données issues des recensements généraux de la population et de l’habitat de 2014 et de 2024, le taux de prévalence du handicap s’établit autour de 4,8 %, contre 5,1 % dix ans plus tôt. Ces chiffres globaux masquent toutefois des écarts significatifs selon les régions, les milieux de résidence, le genre et les tranches d’âge. La nouvelle enquête ambitionne d’aller au-delà de ces agrégats pour fournir une lecture plus fine des réalités sociales et économiques.

Sur le plan institutionnel, la signature d’un mémorandum d’entente entre les partenaires encadrant l’enquête fixe les responsabilités en matière de collecte, de traitement et d’analyse des données. Le Haut-Commissariat au Plan est chargé du dispositif statistique, tandis que l’Observatoire national du développement humain assure une lecture transversale des résultats en lien avec les politiques publiques. Le Fonds des Nations unies pour la population apporte un appui technique, notamment sur les dimensions démographiques et sociales.

L’enjeu dépasse la simple production de statistiques. Il s’agit de disposer d’une base factuelle solide pour évaluer l’impact réel des programmes existants, ajuster les dispositifs de soutien et améliorer le ciblage des interventions publiques. Les résultats attendus doivent permettre de mieux articuler les politiques sectorielles, d’optimiser l’allocation des ressources et de renforcer la cohérence de l’action publique en faveur des personnes en situation de handicap.

Troisième du genre après celles réalisées en 2004 et 2014, cette enquête s’inscrit dans un cycle d’actualisation indispensable face aux évolutions démographiques, sociales et économiques. Elle constitue un levier stratégique pour inscrire la question du handicap dans une approche fondée sur les données, la mesure des écarts et l’évaluation des résultats, à distance des approches déclaratives ou fragmentées.


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