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Guerre Israélo-Américaine contre l’Iran : La bataille des Détroits

Rappelons que l’offensive militaire des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran a débuté le 28 Février 2026, soit maintenant un mois depuis son déclenchement. Les objectifs de cette guerre sont la destruction du programme nucléaire iranien, la limitation de la production de missiles de longue portée, et la cessation du soutien iranien à ses proxys au Liban, Palestine, et Irak. L’objectif final est d’affaiblir ou de renverser le régime des Mollahs.

Jawad Kerdoudi, Président de l’IMRI, (Institut Marocain des Relations Internationales)

Cette guerre a donné lieu à une attaque aérienne massive contre l’Iran ciblant des milliers de cibles militaires et des sites stratégiques. Dès l’attaque initiale, elle a permis d’éliminer le Guide suprême Ali Khamenei ainsi que plusieurs hauts dirigeants civils et militaires du régime iranien. L’Iran a immédiatement riposté par des drones et des missiles, visant Israël et les pays arabes du Golfe abritant des bases militaires américaines. La guerre a connu une extension régionale avec l’attaque du Hezbollah libanais contre Israël, et des milices pro-iraniennes en Irak et en Syrie. Le conflit s’est élargi le 28 Mars 2026 aux Houtis, qui constituent le Mouvement politico-militaire basé au Yémen et qui est soutenu par l’Iran. On peut conclure qu’après un mois de guerre, la supériorité militaire des Etats-Unis et d’Israël est claire, mais que le régime iranien est toujours en place.

 

Cette guerre Israélo-américaine contre l’Iran a mis en relief l’importance de détroit d’Ormuz, qui est contrôlé par l’Iran lequel interdit le transit des navires occidentaux. C’est un passage énergétique vital par où transitent 20% du pétrole mondial, et 20% du gaz naturel liquéfié (GNL). C’est la principale voie de sortie des hydrocarbures du Golfe : Arabie saoudite, Koweït, Emirats Arabes Unis, Bahreïn. C’est aussi le passage obligé entre le Golfe persique et l’Océan indien, par où circulent 20 millions de barils de pétrole par jour. Il alimente principalement la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, mais aussi l’Europe. Qualifié de « poumon de l’économie mondiale », il concerne outre le pétrole, les matières premières, les produits industriels, les engrais, l’aluminium et les plastiques.

Le prix du baril de pétrole se ressent déjà des restrictions opérées par l’Iran au passage des navires pétroliers. Alors que le prix du baril de pétrole était à 70 – 80 $ fin février 2026, il est passé à 100 -110 $ Mi-mars 2026 et à 110 $ fin mars 2026 avec une forte volatilité. La hausse du prix du pétrole a entrainé une hausse des coûts de transport, avec un impact sur le prix du carburant, de l’électricité, et de la production industrielle entrainant un début d’inflation mondiale. Le contrôle sélectif du détroit d’Ormuz par l’Iran a aussi entrainé la désorganisation des chaines d’approvisionnement, avec des retards de livraison dûs au détournement des routes maritimes via le Cap de Bonne-Espérance. Cela a un impact sur les secteurs de l’automobile, l’électronique, le e-commerce, et l’industrie lourde avec le risque d’une récession mondiale.

Avec l’entrée en guerre des Houtis, il y a également une menace sur le détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden entre le Yémen, Djibouti et l’Erythrée, et qui est un passage clé vers le Canal de Suez. En effet par le passé, les Houtis ont pris d’assaut certains navires passant par ce détroit, ou lancé des drones et des missiles contre ces navires. Transitent par ce détroit 10 à 12% du commerce mondial, ainsi que 6 à 7 millions de barils de pétrole par jour. C’est une part importante du commerce Asie-Europe pour le transport du pétrole et du gaz, ainsi que les containers et les produits manufacturés. Les marchandises après avoir traversé le détroit de Bab el-Mandab, entrent dans la mer Rouge, traversent le Canal de Suez, pénètrent en Méditerranée et atteignent l’Europe. Les conséquences d’une perturbation du passage à travers le détroit de Bab el-Mandeb sont la hausse du prix du pétrole, l’explosion des coûts de transport maritime, la perturbation des chaines d’approvisionnement, l’inflation mondiale, et le ralentissement économique régional et mondial. L’Egypte qui est déjà en difficulté du fait de la hausse du prix de pétrole va perdre des revenus du fait de l’impact sur le Canal de Suez.

On va assister à une véritable bataille des détroits avec deux hypothèses. Soit les Etats-Unis n’interviennent pas avec des troupes au sol, et les conséquences seront relativement limitées, si des négociations de cessez-le-feu ont lieu au Pakistan. L’autre hypothèse, est que les Etats-Unis interviennent militairement dans les deux détroits pour libérer la libre circulation des navires. Les Etats-Unis disposent actuellement de 50.000 soldats dispersés entre le Golfe, la mer d’Arabie, l’Irak, la Syrie, et la mer Rouge. Cette seconde hypothèse n’est pas sans risques, dans la mesure où l’Iran peut bloquer le détroit d’Ormuz, et celui de Bab el-Mandeb par les Houtis, et détruire les infrastructures énergétiques des pays arabes du Golfe. Dans cette hypothèse extrême, les experts prévoient un prix de 250 $ le baril de pétrole. Les deux semaines à venir seront déterminantes, d’autant plus que le Secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a prévu la fin de la guerre dans deux semaines.


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