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Grand Stade Hassan II : au-delà des 100 000 places, une stratégie mondiale assumée

Depuis plusieurs semaines, le débat autour des stades géants revient régulièrement dans l’actualité internationale. L’annonce d’un projet vietnamien évoquant une capacité pouvant atteindre 120 000 places a ravivé les comparaisons avec le Grand Stade Hassan II.

Par Fayçal El Amrani


Le projet marocain, prévu à El Mansouria dans la province de Benslimane, au sein de la région Casablanca-Settat, affiche une capacité annoncée de 115 000 places. Il s’agira, à sa livraison programmée avant 2028, du plus grand stade de football en Afrique et de l’un des plus importants au monde conformes aux standards contemporains de la FIFA.

La comparaison internationale mérite d’être contextualisée. Wembley affiche 90 000 places, le Santiago Bernabéu rénové environ 85 000, le futur Camp Nou atteindra 105 000 après travaux. Le Rungrado 1st of May Stadium en Corée du Nord revendique 114 000 places, mais il ne répond pas aux standards actuels des grandes compétitions FIFA.

La différence entre 115 000 et 120 000 places ne change pas la nature stratégique du projet marocain. Le Royaume n’est pas engagé dans une course abstraite au chiffre le plus élevé. Il est coorganisateur officiel de la Coupe du monde 2030, avec un cahier des charges précis, des délais contractuels et des normes techniques extrêmement exigeantes. La livraison est programmée suffisamment en amont pour garantir une mise en service complète avant 2030.

Le stade de Benslimane ne constitue pas un équipement isolé. Il s’inscrit dans un programme national de modernisation des infrastructures sportives comprenant la rénovation du Complexe Mohammed V à Casablanca, la mise à niveau du Complexe Prince Moulay Abdellah à Rabat et la modernisation des enceintes de Tanger, Marrakech et Agadir. La CAN 2025 a servi de test opérationnel en matière de sécurité, d’organisation, de billetterie numérique et de diffusion internationale.

Sur le plan économique, les modèles contemporains de grands stades reposent sur une exploitation multifonctionnelle. Hospitalités premium, événements culturels, spectacles internationaux, congrès et zones commerciales structurent désormais leur viabilité. La rentabilité dépend d’une activité annuelle soutenue et d’une intégration urbaine maîtrisée.

La comparaison avec le Vietnam doit également être replacée dans son environnement sportif. La sélection vietnamienne progresse en Asie mais n’a jamais disputé une phase finale de Coupe du monde. Le championnat local ne génère pas les volumes d’affluence observés dans les grandes nations de football. La viabilité d’un stade de 120 000 places dépendra donc de son usage réel, de sa programmation annuelle et de son ancrage populaire.

Le Maroc bénéficie, lui, d’un socle solide. Les affluences des grands clubs comme le Wydad, le Raja ou les FAR, les titres continentaux répétés en Ligue des champions CAF et Coupe de la Confédération, ainsi que la demi-finale historique de la sélection nationale en 2022 ont renforcé un capital footballistique mesurable en audiences, en billetterie et en attractivité internationale.

Les stades sont aujourd’hui des instruments de soft power. Le Qatar a investi massivement pour 2022. L’Arabie saoudite prépare 2034. L’Europe modernise ses enceintes historiques. Le Maroc s’inscrit dans cette dynamique mondiale, avec une différence majeure : le Mondial 2030 est déjà attribué. Le projet de Benslimane n’est pas une promesse conditionnelle, il est intégré dans l’agenda officiel de la FIFA.

La hiérarchie ne se jouera pas entre 115 000 et 120 000 places. Elle se mesurera à la conformité aux standards internationaux, à la livraison dans les délais, à l’exploitation durable et à la capacité à accueillir des demi-finales ou une finale devant des milliards de téléspectateurs.

Le Grand Stade Hassan II représente ainsi bien plus qu’un chiffre. Il incarne une stratégie nationale où le sport devient levier d’infrastructure, de tourisme, d’emploi et de rayonnement. Dans cette équation, la crédibilité organisationnelle pèse davantage que le simple vertige des records.


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