Gouvernance migratoire : Quand la solidarité devient stratégie de développement
Le Maroc, premier contributeur au Fonds pour la résilience de l'OIM, consolide son leadership pour une gouvernance migratoire humaine et digne. Cette orientation stratégique repose sur la conviction que la migration est avant tout un vecteur de développement et une opportunité à valoriser, et non un défi à supprimer. De Genève à Marrakech, le Royaume exhorte la communauté internationale à défendre et institutionnaliser la solidarité comme un « bien commun mondial ».
LA VÉRITÉ
Le 8 décembre 2025, les projecteurs de la diplomatie mondiale se sont braqués sur Genève, où se déroulait le lancement de l’Appel mondial 2026 de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Dans ce sanctuaire des relations multilatérales, l’Ambassadeur Omar Zniber, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, a prononcé une allocution qui fut moins une simple déclaration qu’un manifeste éloquent sur l’art de conjuguer l’humanisme à la haute stratégie. Son intervention a réaffirmé, avec une force renouvelée, le « leadership et la solidarité du Maroc dans la promotion d’une gouvernance migratoire humaine et digne ». Face à une communauté internationale souvent déchirée par les affres de la gestion migratoire, le Royaume se profile comme une boussole, traçant une voie où l’enjeu migratoire est envisagé, non comme un fardeau, mais comme un levier de développement et une « responsabilité humaniste ».
Une architecture de l’engagement pionnier
L’adhésion du Royaume du Maroc à une politique migratoire éclairée n’est pas le fruit du hasard, mais l’aboutissement d’une trajectoire délibérée et évolutive en faveur de la coopération internationale. Le Maroc a fait montre très tôt de sa « volonté d’offrir leadership et solidarité en matière de gouvernance migratoire ». Cette posture de précurseur fut matérialisée dès 2018, lorsque Marrakech devint l’écrin où fut accueilli et adopté l’historique Pacte mondial pour la migration. Fort de cet élan, le Maroc assuma également la présidence initiale du groupe des « pays champions, » consolidant ainsi son rôle d’artisan dans l’édification d’une politique migratoire globale. Aujourd’hui, cette primauté se traduit par un geste financier retentissant et symbolique quand le Maroc a pris la décision audacieuse de se placer comme le premier contributeur au Fonds pour la résilience de l’OIM, transformant la rhétorique en acte concret de partage des responsabilités entre États membres.
La migration, un vecteur de développement et de cohésion
Pour les autorités marocaines, l’engagement en faveur de l’OIM et de ses programmes de terrain, centrés sur les moyens de subsistance, l’intégration et la protection, découle d’une conviction inébranlable. Le pays ne considère pas seulement cet engagement comme humanitaire, il y voit une orientation stratégique profonde. L’Ambassadeur Zniber a souligné que ce soutien n’est « pas simplement rhétorique, mais reflète une orientation stratégique ». Cette doctrine est fondée sur le principe que le Maroc perçoit la migration « avant tout comme une opportunité, un vecteur de développement et une responsabilité humaniste ». Afin d’assurer une gestion holistique, le Royaume s’appuie sur le dialogue intercontinental, notamment à travers l’incontournable Processus de Rabat, qui s’évertue à relier les priorités de gestion migratoire tant africaines qu’européennes. De plus, l’approche marocaine est résolument ancrée dans les communautés locales et se nourrit d’une société civile « dynamique » qui assure une participation significative des migrants eux-mêmes.
L’impératif démographique du pays hôte
La réalité démographique vient confirmer la justesse de cette orientation politique. Les données récentes émanant du Haut-Commissariat au Plan (HCP) ne sont pas de simples chiffres, elles témoignent d’une augmentation notable du nombre de résidents étrangers sur le territoire. Par la force des faits, le Maroc s’affirme de plus en plus comme une terre d’installation, de transit, et surtout, un foyer « d’opportunités pour les migrants ». Ce phénomène transcende les seuls flux humains, se muant en un miroir d’échanges socio-économiques plus profonds, à l’image de la migration circulaire et de l’importance croissante des transferts de fonds. Dans ce contexte évolutif, soutenir concrètement les moyens de subsistance des migrants, leur offrir des « voies migratoires sûres » et les intégrer dans les structures économiques locales ne constitue plus seulement une « obligation humanitaire ». Ces actions deviennent de véritables catalyseurs de « cohésion sociale et de développement » pour l’ensemble du pays. En alignant sa stratégie d’immigration et d’asile avec ses partenariats internationaux, notamment avec l’OIM, le Maroc renforce ses efforts pour garantir la protection, les droits et l’intégration des réfugiés et migrants, valorisant par ailleurs les diasporas.
Un appel à la responsabilité collective
Le Maroc reconnaît la migration comme une « réalité structurelle à long terme, » exigeant une institutionnalisation de la gouvernance, de la protection et de la résilience. L’investissement consenti, à la fois financier et politique, en faveur de l’OIM est considéré non seulement dans l’intérêt national, mais aussi dans celui de la communauté internationale toute entière. Pour Rabat, cette Organisation agit comme un « bien commun mondial, un partenaire indispensable » et l’instrument essentiel pour donner corps à la vision portée par le Pacte mondial. En conclusion, l’Ambassadeur Zniber a lancé un appel vibrant, exhortant les nations à suivre l’exemple marocain pour élargir le groupe des « pays champions » et allouer les ressources nécessaires à la résilience liée à la migration. Il a cristallisé la doctrine marocaine par une antithèse percutante qui doit servir de credo : « la migration n’est pas un défi à supprimer, mais une opportunité à valoriser, qui doit être gérée avec dignité, solidarité et responsabilité partagée ». Le Royaume chérifien, par son leadership et son action, pose ainsi la question fondamentale à la communauté internationale : face à cette opportunité à valoriser, quand donc les autres États se rallieront-ils à cette dynamique collective pour défendre la migration comme un bien public mondial ?
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