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GITEX Africa, le numérique en production

À Marrakech, le GITEX Africa 2026 met au premier plan les chantiers structurants du numérique africain : centres de données, cloud, intelligence artificielle, cybersécurité, formation des talents et transformation des PME. Derrière les démonstrations technologiques, se jouent des décisions d’investissement, des choix d’infrastructures et des trajectoires de marché qui engagent la compétitivité du continent.

Par Sanae El Amrani


Le numérique africain s’inscrit désormais dans une logique de production. Les investissements se concentrent sur les infrastructures, les États affinent leurs stratégies et les entreprises intègrent progressivement les technologies dans leurs opérations. Cette évolution transforme les priorités économiques et place la donnée, la connectivité et les compétences au cœur des politiques publiques.

C’est dans cette configuration que se tient le GITEX Africa, à Marrakech du 7 au 9 avril 2026, sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI. L’événement rassemble responsables gouvernementaux, opérateurs technologiques, investisseurs et acteurs économiques autour d’un objectif précis : organiser la montée en puissance du numérique à l’échelle du continent et accélérer son intégration dans les économies nationales.

Les indicateurs traduisent cette dynamique. L’économie numérique africaine pourrait atteindre 180 milliards de dollars à l’horizon 2030. Le marché de l’intelligence artificielle, encore émergent, devrait connaître une croissance rapide dans les prochaines années, portée par les usages industriels, financiers et publics. Dans le même temps, plus de 70 millions de professionnels devront renforcer leurs compétences dans les domaines du cloud, de la cybersécurité, de la data et de l’intelligence artificielle.

Cette transformation repose sur des investissements concrets. Les infrastructures numériques se développent rapidement, avec une montée en puissance des centres de données, des plateformes cloud et des réseaux de connectivité. Le marché africain des data centers, estimé à 6,7 milliards de dollars aujourd’hui, pourrait atteindre près de 28 milliards d’ici 2030. Les télécommunications suivent la même trajectoire, avec un marché attendu à plus de 66 milliards de dollars à l’horizon 2030.

Les usages se diffusent dans l’ensemble de l’économie. L’éducation, l’agriculture, la mobilité, la santé et le sport deviennent des terrains d’application directe des technologies numériques. L’intelligence artificielle s’intègre progressivement dans les processus opérationnels, tandis que la cybersécurité s’impose comme une condition essentielle à la protection des infrastructures et des données.

Le Maroc s’inscrit dans cette dynamique avec des leviers structurants. Déploiement des infrastructures, cadre institutionnel dédié et politiques publiques orientées vers la transformation digitale positionnent le pays comme un point d’ancrage pour les flux technologiques et les investissements en Afrique. Cette position se traduit par une capacité à accueillir, structurer et connecter les acteurs du numérique à l’échelle régionale.

Le GITEX Africa devient ainsi un espace où se croisent stratégies publiques, investissements privés et déploiement des technologies. Les discussions qui s’y tiennent portent directement sur les choix d’infrastructures, la formation des compétences et la structuration des marchés numériques africains.

 

Infrastructures numériques — la base des marchés africains

La transformation numérique du continent repose sur des infrastructures qui déterminent la capacité à produire, à exploiter et à valoriser les données. Centres de données, cloud et réseaux de connectivité structurent désormais les conditions d’émergence des services numériques et des modèles économiques associés.

La donnée s’impose comme une ressource stratégique. Sa production s’intensifie dans tous les secteurs, de la finance à l’agriculture, en passant par la santé, l’éducation et la mobilité. Sa valorisation dépend directement des capacités à la stocker, à la traiter et à la sécuriser. Ces fonctions sont assurées par des infrastructures techniques qui deviennent un enjeu central de compétitivité.

Le développement du cloud modifie profondément l’accès à ces ressources. Il permet aux entreprises et aux administrations d’exploiter des capacités de calcul et de stockage sans investissement direct dans des équipements physiques. Cette évolution accélère la diffusion des technologies et facilite l’intégration du numérique dans les activités économiques.

Dans ce contexte, la localisation des infrastructures devient déterminante. Le lieu où les données sont hébergées conditionne leur exploitation, leur sécurisation et la création de valeur associée. Cette dimension introduit une lecture économique directe du numérique, où les capacités techniques se traduisent en opportunités de marché.

Le Maroc s’inscrit dans cette dynamique avec une montée en puissance progressive de ses capacités d’hébergement et de connectivité. Les opérateurs télécoms, les fournisseurs d’infrastructures et les acteurs spécialisés structurent une offre qui accompagne le développement des usages numériques et l’implantation de nouveaux services.

Les échanges observés autour du GITEX Africa confirment cette évolution. Les discussions ne portent plus uniquement sur les applications ou les solutions visibles. Elles se concentrent sur les capacités techniques, les modèles d’exploitation et les partenariats nécessaires au déploiement à grande échelle.

Cette transformation redéfinit les priorités. Les infrastructures deviennent un levier de structuration des marchés numériques. Elles conditionnent l’accès aux technologies, orientent les investissements et influencent directement la répartition de la valeur.

 

GITEX Africa — la mécanique des investissements

Au-delà de sa dimension événementielle, le GITEX Africa fonctionne comme un espace de mise en relation structuré entre porteurs de projets et investisseurs. L’organisation repose sur une logique précise, où chaque interaction est préparée, filtrée et orientée vers des objectifs de financement ou de partenariat.

En amont, les participants renseignent leurs profils, leurs secteurs d’activité et leurs besoins. Les investisseurs définissent leurs priorités, leurs domaines d’intervention et les montants qu’ils peuvent engager. Cette phase permet d’organiser des rencontres ciblées, en fonction du stade de développement des projets et de leur potentiel de croissance.

Sur place, cette structuration se traduit par des espaces dédiés, dont certains sont réservés aux échanges entre investisseurs et startups. L’accès à ces espaces repose sur des invitations ou des sélections préalables. Les discussions qui s’y tiennent portent directement sur les modèles économiques, les perspectives de développement et les conditions d’entrée au capital.

Dans ce cadre, la visibilité joue un rôle déterminant. Les projets capables de démontrer une traction réelle attirent rapidement l’attention. L’information circule entre investisseurs, qui échangent en continu sur les opportunités identifiées. Cette dynamique accélère les prises de contact et facilite l’enchaînement des rendez-vous.

Le fonctionnement repose également sur des logiques de co-investissement. Plusieurs fonds peuvent se positionner sur un même projet afin de partager le risque et d’apporter des expertises complémentaires. Cette approche permet d’accompagner les entreprises dans leur développement, en mobilisant des réseaux, des compétences et des capacités financières élargies.

Dans les échanges observés, une lecture s’impose : les décisions d’investissement reposent moins sur la technologie seule que sur la capacité à générer des revenus et à s’inscrire dans un marché identifiable. Les investisseurs recherchent des modèles économiques lisibles, une exécution maîtrisée et des perspectives de croissance claires.

Le timing apparaît comme un facteur déterminant. Le moment choisi pour lever des fonds conditionne directement les chances de réussite. Un projet peut susciter de l’intérêt sans déboucher sur un financement si le marché n’est pas encore prêt ou si les conditions réglementaires ne sont pas alignées.

Le GITEX Africa agit ainsi comme un accélérateur de décisions. Il permet de concentrer en quelques jours des échanges qui, dans d’autres contextes, s’étalent sur plusieurs mois. Les rencontres qui s’y déroulent s’inscrivent dans des processus déjà engagés ou ouvrent la voie à des discussions plus approfondies après l’événement.

Cette mécanique explique l’importance stratégique du salon pour les acteurs du financement. Il ne s’agit pas uniquement de visibilité, mais d’un espace où se structurent des opportunités concrètes, où se construisent des partenariats et où s’organisent les prochaines étapes de développement des entreprises.

 

Usages sectoriels — le numérique transforme les chaînes de valeur

Éducation et compétences — le capital humain comme facteur de production

Le développement du numérique en Afrique se heurte à une contrainte structurelle : la disponibilité des compétences. La demande porte sur des profils capables d’opérer sur des architectures cloud, d’exploiter la donnée, de sécuriser les systèmes et de développer des solutions intégrant l’intelligence artificielle.

Le GITEX Africa met en avant une offre structurée autour de la formation. Plateformes EdTech, programmes spécialisés, partenariats entre institutions et entreprises traduisent une réorganisation du marché de la formation. Les contenus évoluent vers des formats plus courts, orientés vers l’opérationnel, avec une articulation directe entre formation et emploi.

Cette évolution répond à un besoin quantifiable. Plusieurs dizaines de millions de professionnels devront adapter leurs compétences dans les prochaines années. Les entreprises recherchent des profils immédiatement mobilisables, capables d’intégrer des technologies dans des environnements existants. La formation devient ainsi un élément de production, au même titre que l’investissement ou l’infrastructure.

Agriculture — la donnée comme outil de pilotage

L’agriculture connaît une transformation progressive portée par l’exploitation de la donnée. Les solutions agritech présentées au GITEX Africa reposent sur des dispositifs de collecte et d’analyse en temps réel. Capteurs, imagerie satellite, modèles prédictifs permettent de suivre les cultures, d’anticiper les rendements et d’ajuster les décisions.

Cette approche modifie l’organisation de la production. L’irrigation peut être calibrée avec précision, les intrants sont optimisés et les cycles agricoles sont planifiés à partir d’indicateurs fiables. Les exploitations évoluent vers des modèles pilotés par l’information, avec une réduction des incertitudes et une meilleure maîtrise des coûts.

Dans un contexte marqué par la pression sur les ressources hydriques et les variations climatiques, ces outils permettent d’organiser la production à une échelle plus large. Ils s’intègrent dans des logiques de gestion territoriale, en lien avec les politiques agricoles et les dispositifs de planification.

Mobilité — électrification, données et systèmes intelligents

La mobilité constitue un point d’entrée majeur pour l’intégration du numérique dans l’économie. Les solutions présentées au GITEX Africa montrent une convergence entre électrification, connectivité et intelligence artificielle.

Le développement des véhicules électriques s’accompagne d’un besoin en systèmes numériques. Gestion des batteries, optimisation de la consommation, planification des trajets et gestion des infrastructures de recharge reposent sur des plateformes de données. Les véhicules deviennent des systèmes connectés, capables de produire et d’exploiter des informations en continu.

Les réseaux de transport évoluent dans la même direction. Les données de circulation sont utilisées pour ajuster les flux, optimiser les itinéraires et améliorer la gestion des infrastructures. Les plateformes numériques permettent de coordonner les différents modes de transport et de structurer des services intégrés.

Au Maroc, ces évolutions s’inscrivent dans une stratégie plus large de modernisation des infrastructures. Le développement de solutions de mobilité intelligente accompagne l’urbanisation et l’augmentation des flux. Le numérique devient un outil d’organisation, capable d’améliorer la performance des réseaux et de réduire les coûts d’exploitation.

Santé — structuration des systèmes et exploitation des données

Le secteur de la santé intègre progressivement des outils numériques dans l’organisation des services. Les solutions présentées au GITEX Africa couvrent la gestion des données médicales, le suivi des patients et l’organisation des parcours de soins.

Les systèmes évoluent vers des plateformes centralisées, permettant de regrouper les informations et de faciliter leur exploitation. Les données deviennent un support de décision, utilisé pour améliorer la qualité des services et optimiser l’allocation des ressources.

L’intelligence artificielle intervient dans l’analyse des données, avec des applications dans le diagnostic, la gestion des risques et l’organisation des soins. Ces outils permettent de traiter des volumes importants d’informations et d’apporter des éléments d’aide à la décision.

Cette transformation repose sur la capacité à structurer les données et à sécuriser les systèmes. Les dispositifs numériques s’intègrent dans des architectures plus larges, qui conditionnent leur efficacité et leur fiabilité.

SportsTech — infrastructures, data et économie du sport

Le sport apparaît comme un segment en structuration, avec une intégration croissante des technologies numériques. Les solutions présentées au GITEX Africa couvrent la gestion des infrastructures, l’analyse des performances et les services destinés aux publics.

Au Maroc, cette évolution s’inscrit dans un calendrier précis. L’organisation de compétitions continentales et internationales, notamment la Coupe d’Afrique des Nations, s’accompagne d’un programme de modernisation des stades et des équipements. Entre 20 et 30 sites font l’objet de travaux, intégrant des systèmes de gestion, de sécurité et d’analyse des flux.

Les technologies interviennent à plusieurs niveaux. Les infrastructures sont équipées de dispositifs connectés, permettant de gérer les accès, de sécuriser les espaces et d’organiser les flux de spectateurs. Les performances sportives sont analysées à partir de données, utilisées par les équipes techniques et les encadrements.

Le sport devient ainsi un espace économique structuré, où les investissements dans les infrastructures s’accompagnent d’une intégration des technologies. Les services proposés aux publics évoluent, avec des expériences connectées et des dispositifs interactifs.

Cybersécurité — sécurisation des infrastructures et des données

La généralisation des usages numériques s’accompagne d’une exposition accrue aux risques. Les infrastructures, les données et les systèmes deviennent des cibles, ce qui impose la mise en place de dispositifs de protection adaptés.

Les solutions présentées au GITEX Africa couvrent l’ensemble des fonctions de sécurité. Surveillance des systèmes, détection des menaces, gestion des incidents et protection des données s’intègrent dans des architectures globales.

Les organisations structurent leurs systèmes autour de ces exigences. La sécurité devient une composante intégrée des projets numériques, avec des investissements dédiés et des équipes spécialisées. La continuité des services dépend directement de la capacité à sécuriser les infrastructures.

Dans ce contexte, la cybersécurité s’impose comme un élément de fonctionnement des systèmes numériques, en lien direct avec la confiance des utilisateurs et la stabilité des opérations.

Figures clés — les leviers de décision et d’exécution

Amal El Fallah Seghrouchni — organiser la donnée et transformer l’action publique

À la tête du département de la transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni conduit un chantier structurant qui dépasse la simple digitalisation des services. La stratégie engagée vise à organiser l’ensemble des systèmes publics autour de la donnée, avec une logique d’interopérabilité et de centralisation des plateformes. L’objectif consiste à réduire la fragmentation des systèmes, à améliorer la traçabilité des opérations administratives et à accélérer les délais de traitement.

La mise en œuvre de la stratégie « Maroc Digital 2030 » repose sur plusieurs leviers : généralisation des services en ligne, déploiement du cloud dans les administrations, structuration des bases de données publiques et intégration progressive de solutions d’intelligence artificielle dans certains processus. Ces transformations concernent directement les relations entre l’administration, les entreprises et les citoyens, avec un impact sur la qualité des services et la fluidité des démarches.

Ce travail s’accompagne d’une évolution du cadre réglementaire. La question de la gestion des données, de leur partage entre institutions et de leur sécurisation constitue un axe central. La structuration de cet environnement crée des conditions favorables au développement des solutions numériques, en facilitant leur intégration dans les systèmes existants et en réduisant les barrières opérationnelles.

Ces orientations se traduisent aujourd’hui par des projets liés à l’administration numérique, à l’identité digitale et à l’interconnexion des services publics. Le chantier se situe désormais dans la capacité à industrialiser ces dispositifs à grande échelle.

Leïla Benali — soutenir le numérique par une base énergétique compétitive

Le développement des infrastructures numériques dépend directement de la disponibilité et du coût de l’énergie. Centres de données, réseaux de télécommunications et plateformes cloud nécessitent des capacités électriques importantes, avec des exigences élevées en matière de stabilité et de continuité.

Le Maroc a engagé une transformation de son mix énergétique, avec une part des énergies renouvelables qui dépasse désormais 40 % de la capacité installée, et un objectif fixé à 52 % à court terme. Les complexes solaires et les parcs éoliens constituent des actifs stratégiques dans cette configuration. Ils permettent de fournir une énergie à coût maîtrisé, facteur déterminant pour l’implantation de data centers et d’infrastructures technologiques.

Cette orientation influe directement sur l’attractivité du territoire. Les opérateurs internationaux intègrent le coût énergétique et la stabilité des réseaux dans leurs décisions d’investissement. La capacité à proposer une énergie compétitive et sécurisée devient un avantage dans la compétition entre hubs numériques.

Les interconnexions électriques et les projets d’extension du réseau renforcent cette position. L’articulation entre politique énergétique et développement numérique s’impose comme un levier structurant de la stratégie nationale.

Les réflexions actuelles portent également sur l’optimisation de la consommation énergétique des infrastructures numériques et sur l’alimentation des data centers par des sources renouvelables.

Amine El Mezouaghi — transformer les orientations en dispositifs opérationnels

À la direction de l’Agence de Développement du Digital, Amine El Mezouaghi intervient dans la mise en œuvre concrète des politiques numériques. L’ADD structure les programmes, accompagne les projets et assure la coordination entre les différents acteurs.

Son action couvre plusieurs dimensions. L’accompagnement des startups passe par des dispositifs d’incubation, de financement et de mise en relation avec les investisseurs. Le développement des compétences s’appuie sur des programmes de formation orientés vers les métiers du numérique. L’agence intervient également dans la diffusion des solutions digitales au sein des administrations, en facilitant leur intégration.

Ce rôle d’interface permet de relier les orientations stratégiques aux réalités du terrain. Les programmes pilotés par l’ADD contribuent à structurer l’écosystème, à organiser les acteurs et à accélérer l’adoption des technologies. L’agence participe ainsi à la transformation des politiques publiques en projets opérationnels.

Cette action se traduit par l’accompagnement de startups, la structuration de programmes nationaux et la mise en relation avec des acteurs du financement, avec un objectif clair : passer de l’émergence à la croissance.

Mohamed Benchaâboun — déployer les réseaux et préparer la prochaine génération de connectivité

À la tête de Maroc Telecom, Mohamed Benchaâboun pilote un acteur central de la transformation numérique. Le groupe investit dans l’extension des réseaux, l’amélioration de la couverture et le développement de nouvelles capacités.

La couverture 4G dépasse 90 % de la population, ce qui permet une diffusion large des services numériques. Cette base constitue un point d’appui pour le déploiement de la 5G, qui représente une évolution majeure. La 5G apporte des gains en débit, une latence réduite et une capacité à connecter un nombre élevé d’équipements, conditions nécessaires pour les applications industrielles, les services en temps réel et les systèmes intégrant l’intelligence artificielle.

Le groupe développe également des infrastructures de données. Les investissements dans les data centers et les services cloud permettent de répondre à la demande croissante en stockage et en traitement. Cette intégration de plusieurs segments de la chaîne de valeur renforce le positionnement de l’opérateur.

Ces investissements accompagnent la montée en puissance des usages. Ils conditionnent la qualité des services, la capacité d’innovation et l’attractivité du marché pour les acteurs technologiques.

Les perspectives liées à la 5G ouvrent une nouvelle phase, orientée vers les usages industriels, les villes intelligentes et les applications nécessitant une connectivité avancée.

Chakib Alj — adapter l’appareil productif aux technologies numériques

Le secteur privé constitue un moteur dans l’intégration du numérique. Les entreprises investissent dans les systèmes d’information, l’automatisation et l’exploitation des données pour améliorer leur performance.

Cette transformation concerne plusieurs secteurs, avec des effets directs sur la productivité, les coûts et l’organisation du travail. Les entreprises adoptent des solutions numériques pour optimiser leurs processus, améliorer leur gestion et développer de nouveaux services.

La CGEM accompagne cette évolution en sensibilisant les entreprises et en facilitant l’accès aux technologies. L’intégration du numérique dans les activités productives devient un facteur de compétitivité, en lien direct avec la capacité à se positionner sur des marchés élargis.

Les dynamiques observées montrent une accélération de l’adoption des technologies, en particulier dans les secteurs industriels, les services et les activités orientées vers l’export.

Abdellah Boutrig — sécuriser les infrastructures et organiser la défense numérique

La cybersécurité constitue un élément structurant du système numérique. À la tête de la DGSSI, Abdellah Boutrig supervise les dispositifs de protection des infrastructures critiques et des systèmes d’information.

Les actions menées couvrent la surveillance des réseaux, la détection des menaces et la gestion des incidents. Les dispositifs concernent les administrations, les opérateurs stratégiques et les entreprises. La coordination entre les différents acteurs permet de structurer une réponse aux risques.

Le développement des usages numériques accroît la surface d’exposition. Les systèmes doivent intégrer des mécanismes de sécurité dès leur conception. Les capacités nationales en matière de cybersécurité se renforcent, avec des équipes spécialisées et des dispositifs adaptés.

La fiabilité des infrastructures et la continuité des services dépendent directement de ces dispositifs.

Les travaux actuels portent sur la montée en puissance des capacités de détection, l’amélioration des dispositifs de réponse et la structuration de la gouvernance de la sécurité à l’échelle nationale.

Samuel Nartey George — structurer les marchés numériques africains

Ministre de la Communication, des technologies numériques et de l’innovation, Samuel Nartey George s’inscrit dans une phase de structuration des politiques numériques à l’échelle africaine. Plusieurs pays du continent accélèrent leurs investissements dans la connectivité, les infrastructures et les services digitaux, avec des stratégies nationales de plus en plus alignées sur des objectifs économiques.

Le Ghana, dont il a la charge sur ce volet, développe des programmes centrés sur l’inclusion numérique, l’extension de la connectivité et la digitalisation des services publics. Le pays s’appuie sur une pénétration mobile supérieure à 130 % et sur une base numérique en croissance pour structurer ses usages. Les investissements dans les infrastructures et les services digitaux s’inscrivent dans une logique de montée en gamme de l’économie.

Les échanges entre responsables africains portent sur des sujets précis : harmonisation des cadres réglementaires, interconnexion des réseaux, circulation des données et développement des compétences. La mise en place de zones de libre-échange numériques et l’alignement avec la ZLECAf ouvrent des perspectives d’intégration des marchés.

Cette coordination répond à une réalité économique. Les plateformes, les services et les investissements ne s’organisent plus à l’échelle nationale. Ils se déploient sur des marchés régionaux. La capacité des États à aligner leurs politiques influence directement l’attractivité du continent pour les investisseurs internationaux et la croissance des entreprises technologiques africaines.

Anne Le Hénanff — encadrer l’intelligence artificielle et ses usages

La question de l’intelligence artificielle s’accompagne d’un enjeu central : celui de son encadrement. Anne Le Hénanff intervient dans ce champ avec une approche structurée autour des cadres réglementaires et des standards d’utilisation.

Les discussions portent sur des éléments concrets : protection des données, responsabilité des systèmes, transparence des algorithmes et conditions d’exploitation des modèles. En Europe, ces sujets sont déjà encadrés par des dispositifs avancés, notamment le règlement sur l’intelligence artificielle adopté récemment, qui classe les usages selon leur niveau de risque.

Ces cadres influencent directement les stratégies des entreprises. Les acteurs technologiques adaptent leurs solutions pour répondre à ces exigences, ce qui conditionne leur accès aux marchés et leur capacité de déploiement. Les administrations, de leur côté, intègrent ces règles dans la conception des services publics.

Les échanges avec les pays africains portent sur l’adaptation de ces modèles. Les enjeux concernent la souveraineté des données, la maîtrise des technologies et la capacité à développer des solutions locales. L’encadrement de l’intelligence artificielle devient un facteur de structuration des marchés, en définissant les règles d’utilisation et les conditions de développement des services.

Dr Mohamed Al Kuwaiti — structurer des architectures de cybersécurité à grande échelle

Responsable de la cybersécurité aux Émirats arabes unis, Dr Mohamed Al Kuwaiti intervient dans un environnement marqué par une montée en puissance des menaces numériques. Les dispositifs qu’il supervise s’appuient sur des architectures intégrées, capables de surveiller, d’anticiper et de répondre aux incidents en temps réel.

Les Émirats ont investi massivement dans ce domaine, avec des centres de surveillance, des plateformes d’analyse et des dispositifs de réponse coordonnés. Ces systèmes reposent sur l’exploitation de la donnée, l’intelligence artificielle et des outils de détection avancés. Ils permettent de traiter un volume important d’incidents et d’assurer la protection des infrastructures critiques.

Les échanges au GITEX Africa portent sur ces modèles. Les acteurs africains cherchent à structurer des dispositifs comparables, adaptés à leurs environnements. Les besoins concernent la formation des équipes, la mise en place de centres de réponse aux incidents et l’intégration de solutions de surveillance.

La cybersécurité s’inscrit dans une logique opérationnelle. Les infrastructures numériques, les services financiers, les plateformes publiques et les opérateurs stratégiques dépendent de ces dispositifs. La capacité à sécuriser les systèmes conditionne directement la continuité des activités et la confiance dans les services numériques.


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