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Gaza : un camion d’aide humanitaire se renverse, 20 morts dans un chaos organisé

Par Yassine Andaloussi


Une tragédie de plus vient alourdir le bilan humanitaire déjà accablant dans la bande de Gaza. Dans la nuit du 5 au 6 août, un camion transportant de l’aide alimentaire s’est renversé sur une foule de civils palestiniens rassemblés près du camp de réfugiés de Nuseirat, au centre du territoire. Selon les autorités locales, l’accident a fait 20 morts et des dizaines de blessés, certains dans un état critique. Les images du drame, partagées par les secours, révèlent une scène de désespoir et de panique.

Le ministère de l’Intérieur de Gaza, ainsi que la défense civile, affirment que le véhicule avait été contraint d’emprunter une route jugée non sécurisée, sur ordre de l’armée israélienne. Cette voie, déjà bombardée à plusieurs reprises, traverse des zones où la population affamée se masse à l’annonce de l’arrivée d’un convoi. Le poids de l’urgence humanitaire, conjugué à l’absence totale d’organisation au sol, transforme chaque livraison en scène de chaos.

Ce drame n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une crise plus large, où l’aide peine à atteindre ceux qui en ont le plus besoin. Depuis plusieurs mois, les largages aériens se sont multipliés, présentés comme un moyen d’assistance rapide. Mais le gouvernement local remet en question cette méthode. Selon lui, ces parachutages alimentent l’anarchie et créent des attroupements incontrôlables, parfois mortels. « Les largages ne représentent rien face à ce que peut transporter un seul camion par voie terrestre », déclare un porte-parole du ministère de l’Intérieur. « Ce dont Gaza a besoin, c’est de l’ouverture immédiate, continue et sans restriction des points de passage. »

Le constat est partagé par plusieurs ONG présentes sur le terrain, qui alertent sur l’inefficacité des aides ponctuelles et spectaculaires. Elles plaident pour un acheminement massif, organisé et quotidien, loin des opérations isolées et à haut risque. En l’absence de corridors humanitaires sécurisés, chaque convoi devient un pari dangereux pour les populations locales.

Ce drame de Nuseirat illustre la faillite d’une approche fragmentée de l’aide, où l’urgence humanitaire est traitée par des palliatifs au lieu de solutions durables. À Gaza, la faim tue désormais autant que les bombes. Et tant que les accès resteront fermés, chaque camion portera la charge du désespoir, et peut-être, du prochain accident mortel.


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