Gaza : Amnesty dénonce une famine orchestrée par Israël
Un rapport accablant met en lumière une stratégie systématique de privation alimentaire et relance le débat sur les responsabilités internationales
LA VÉRITÉ
Amnesty International vient de publier un rapport explosif. L’organisation accuse Israël de mener à Gaza une véritable « campagne de famine délibérée ». Selon l’ONG, les preuves recueillies sur le terrain montrent une politique organisée visant à restreindre l’accès à la nourriture et à l’aide humanitaire.
Le rapport s’appuie sur des récits de témoins, de médecins et de travailleurs humanitaires. Tous décrivent des convois alimentaires bloqués ou retardés. Amnesty parle de « politiques intentionnelles » et cite des documents israéliens, des enregistrements radios et des rapports de l’ONU. À Kerem Shalom et Rafah, les contrôles sont interminables, les produits autorisés se réduisent.
Certains témoins évoquent même la destruction volontaire de vivres.Aujourd’hui, plus de deux millions de Gazaouis souffrent d’insécurité alimentaire. Près d’un demi-million d’enfants sont en état de malnutrition sévère. Les hôpitaux sont détruits à plus de 70 %. Les malades chroniques n’ont plus de traitements. Les mères ne trouvent plus de lait pour leurs nourrissons. L’aide humanitaire, déjà rare, devient plus risquée après les attaques contre des convois.
Le resserrement du blocus ne date pas d’hier. Avant le conflit, 500 camions entraient chaque jour à Gaza. Désormais, moins de 100 franchissent les points de passage. Les autorités interdisent systématiquement les produits qualifiés de « double usage », y compris lorsqu’il s’agit d’aliments thérapeutiques ou de générateurs électriques. Des restrictions jugées absurdes par les médecins sur place.
Pour Amnesty, priver une population civile de nourriture est un crime de guerre. Ce constat appuie les enquêtes en cours de la Cour pénale internationale. Plusieurs experts estiment que ce rapport pourrait peser lourd dans l’établissement de responsabilités directes au sein de la chaîne de commandement israélienne.Malgré les résolutions du Conseil de sécurité, le cessez-le-feu et l’accès humanitaire restent lettre morte. Pourtant, la société civile se mobilise. Des manifestations ont eu lieu dans les capitales européennes. Au Maroc, des convois médicaux et alimentaires continuent d’être acheminés par l’Agence Bayt Mal Al Qods. À Rabat, des milliers de citoyens réclament la fin du blocus.
Ce rapport transforme la famine de Gaza en enjeu politique et juridique mondial. Il oblige la communauté internationale à choisir entre la passivité et l’action. Comme l’écrit Amnesty : « La famine n’est jamais un accident. Elle est planifiée, orchestrée et exécutée. »
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