Gaza : 69 morts dans de nouvelles frappes israéliennes, les divisions se creusent en Israël
LA VÉRITÉ
La bande de Gaza a été de nouveau frappée ce jeudi par une série de bombardements israéliens meurtriers, causant la mort d’au moins 69 personnes, selon les services de la Défense civile palestinienne. Ces attaques s’inscrivent dans une phase d’escalade intense du conflit, alors que les discussions sur un cessez-le-feu peinent à aboutir côté israélien, miné par de profondes dissensions internes.
Parmi les cibles touchées figure notamment l’école Moustafa Hafez, dans le quartier densément peuplé de Gaza-ville, où une frappe a causé la mort de 15 civils, en grande majorité des femmes et des enfants. Cette école servait depuis plusieurs semaines d’abri de fortune à des familles déplacées.
Une enclave en ruines, une population acculée
Depuis plusieurs jours, les opérations de Tsahal – l’armée israélienne – se sont intensifiées dans le centre et le sud de l’enclave, provoquant une nouvelle vague de déplacements massifs. Des milliers de familles fuient vers les quelques zones encore relativement épargnées, sans garantie de sécurité.
« Ce n’est plus une guerre, c’est l’effondrement d’une société entière », s’est indignée Oumm Yassin Abou Awda, mère de deux enfants tués dans la frappe, alors qu’elle recevait les premiers soins dans un hôpital débordé.
En parallèle, 38 autres personnes ont péri alors qu’elles attendaient une aide humanitaire près d’un dépôt de vivres. Selon Mahmoud Basal, porte-parole de la Défense civile, les victimes faisaient partie d’un groupe de déplacés cherchant à accéder à des colis alimentaires.
Une aide humanitaire sous tension
La gestion de l’aide est au cœur des critiques. Coordonnée actuellement par une fondation soutenue par les États-Unis et Israël, cette logistique est rejetée par les agences de l’ONU, qui accusent les autorités israéliennes de ne pas assurer la protection des corridors humanitaires.
Amnesty International dénonce « un système militarisé de distribution où la faim devient une arme de guerre ». L’ONG appelle à une supervision internationale indépendante et à la garantie d’un accès libre et sûr pour les ONG.
À Jérusalem, une stratégie en débat
À Tel-Aviv et Jérusalem, la question d’un cessez-le-feu temporaire pour faciliter un échange d’otages et une trêve humanitaire divise profondément la coalition de Benjamin Netanyahu. Alors qu’une proposition de trêve de 60 jours circule, portée par les médiateurs américains et qataris, elle est fermement rejetée par les ministres de l’aile dure, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, qui exigent une poursuite de l’offensive jusqu’à la « neutralisation totale » du Hamas.
Le Premier ministre israélien, en partance pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump, fait face à de fortes pressions américaines pour désamorcer le conflit. Mais son gouvernement, fracturé entre impératifs militaires et enjeux politiques internes, peine à présenter une ligne cohérente.
Un bilan humain insoutenable
Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 57.130 Palestiniens ont perdu la vie depuis le début du conflit, lancé après les attaques sanglantes du Hamas du 7 octobre 2023, qui ont fait 1.219 morts côté israélien, en majorité des civils. À ce jour, 49 otages israéliens seraient toujours détenus dans l’enclave.
Dans un climat de fatigue diplomatique et d’enlisement militaire, les appels à un cessez-le-feu s’amplifient au sein de la société civile internationale. Mais sur le terrain, les frappes se poursuivent, et les perspectives de paix semblent encore lointaines.
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