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Fraude électorale à Tanger : le parquet général demande l’ouverture d’une instruction

Le procureur général du Roi près la cour d'appel de Tanger a requis l'ouverture d'une instruction dans l'affaire de fraude électorale qui agite la ville. Les suspects, actuellement en détention préventive, sont visés pour « atteinte aux opérations de vote » et « participation à un faux », des faits qualifiés de crime.

Yassine Andaloussi


D’après les premières investigations, le premier suspect, comptable dans une société, aurait pris part à une opération consistant à cocher le symbole d’un parti politique sur des bulletins de vote. Il aurait agi à la demande de son employeur, désigné comme le deuxième suspect.

Ce dernier se trouvait dans un appartement d’une unité hôtelière, en compagnie de deux autres personnes. Celles-ci détenaient deux valises remplies de bulletins. Selon l’enquête, les quatre hommes auraient tous participé au marquage des bulletins en faveur du même parti.

Les enquêteurs ont réussi à récupérer les enregistrements des caméras de l’hôtel, pourtant supprimés de façon délibérée. Ces images montrent le deuxième suspect aux côtés de son comptable et des deux autres hommes, déjà placés en détention préventive dans la même affaire, et ce jusqu’à leur départ commun de l’appartement. Un autre suspect les accompagnait : c’est lui qui aurait sorti les bulletins du bureau avant de les y rapporter.

Les mêmes images ont permis d’établir qu’il s’agit bien des deux valises saisies par la suite dans les bureaux de vote. L’enquête indique aussi que le deuxième suspect était présent à la fois lors de l’apport des bulletins et pendant leur marquage.

L’expertise technique réalisée sur le téléphone du deuxième suspect a révélé plusieurs échanges avec deux des personnes détenues dans cette affaire, avant et le jour même du scrutin.

Au vu de ces éléments, et pour faire toute la lumière sur les circonstances de l’affaire, le parquet général a saisi le juge d’instruction. Il demande qu’une instruction soit ouverte contre les personnes concernées, qui restent en détention préventive. Le ministère public précise qu’il suivra de près les investigations et déposera les réquisitions nécessaires, dans un souci d’application stricte de la loi.


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