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Forum Maroc-Turquie : Rabat et Ankara réinitialisent leur logiciel économique pour un partenariat « Win-Win »

De la correction du déficit commercial aux opportunités géantes du Mondial 2030, les deux puissances régionales tracent à Istanbul la feuille de route d'une co-émergence industrielle

LA VÉRITÉ


C’est une offensive de charme autant qu’une mission de redressement stratégique. Ce vendredi, les rives du Bosphore accueillent une délégation marocaine de haut vol pour le Forum d’affaires et d’investissement Maroc-Turquie. Organisé conjointement par le Secrétariat d’État chargé du Commerce extérieur et la CGEM, cet événement ne se contente pas de célébrer l’amitié diplomatique ; il vise à corriger les asymétries du passé pour construire un avenir industriel commun.

Un casting de haut niveau pour un virage stratégique

La composition de la « Team Morocco » témoigne de l’importance cruciale de ce déplacement. Sous la houlette d’Omar Hejira, Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, les poids lourds de l’économie nationale ont fait le déplacement : Chakib Alj (patron des patrons), Ali Seddiki (stratège de l’AMDIE), ou encore Anouar Alaoui Ismaïli (Maroc PME).

Leur mission est claire : transformer l’Accord de Libre-Échange (ALE), longtemps source de frictions en raison du déficit commercial creusé au détriment du Maroc, en un levier de croissance partagée. L’objectif n’est plus seulement d’importer des produits turcs, mais d’attirer le savoir-faire anatolien pour produire au Maroc et exporter ensemble.

La Turquie lorgne sur le « Chantier 2030 »

Du côté turc, l’accueil est chaleureux et pragmatique. Le ministre du Commerce, Ömer Bolat, n’a pas tari d’éloges sur la dynamique impulsée par le Roi Mohammed VI et le Président Erdogan. Mais au-delà des discours, Ankara a les yeux rivés sur une échéance précise : 2030.

En félicitant le Maroc pour sa co-organisation de la Coupe du Monde, M. Bolat a explicitement positionné les entreprises turques sur les starting-blocks. Reconnus mondialement pour leur efficacité dans le BTP et l’ingénierie, les géants de la construction turcs voient dans la modernisation des stades et le développement des infrastructures marocaines une opportunité en or. Pour Rabat, l’enjeu sera de canaliser cet appétit vers des partenariats qui favorisent le transfert de technologies et l’emploi local.

Automobile et Textile : L’heure de l’intégration

Le forum, conçu comme une plateforme opérationnelle, met l’accent sur des secteurs où la complémentarité est évidente. Les ateliers pilotés par l’AMDIE se concentrent sur le textile, l’automobile et les industries mécaniques.

Dans ces domaines, les deux pays ne sont plus concurrents mais partenaires potentiels au sein des chaînes de valeur euro-méditerranéennes. Comme l’a souligné la partie turque, la position géographique du Maroc et ses accords avec l’UE et les États-Unis offrent aux industriels turcs une plateforme de projection unique. L’idée est simple : combiner la puissance industrielle turque à la compétitivité logistique et décarbonée du Maroc.

Vers un rééquilibrage par l’investissement

Ce forum d’Istanbul marque la fin de la période de « mise à niveau » des relations commerciales pour entrer dans l’ère de l’investissement croisé. Les rencontres B2B et les témoignages d’investisseurs turcs déjà implantés au Royaume doivent servir de preuve par l’exemple. Pour réduire le déficit commercial, le Maroc ne ferme pas ses frontières ; il invite la Turquie à venir produire à l’intérieur, scellant ainsi un pacte de co-développement durable.


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