Fondation OCP : La science de l’impact
En 2025, la Fondation OCP a conduit 256 projets dans 16 pays, en partenariat avec 116 organisations, au bénéfice de 95 731 personnes, dont 60 % de femmes et de filles. Derrière ces résultats se construit une approche qui associe recherche, innovation, coopération, gouvernance et évaluation afin de transformer les initiatives de terrain en modèles de développement durables. Le rapport d’activité met en lumière une organisation qui fait de la connaissance un outil d’action et de l’impact un processus fondé sur la preuve, l’apprentissage collectif et la capitalisation des expériences.

Par Mohammed Taoufiq Bennani
Transformer par la connaissance
Les politiques de développement sont aujourd’hui confrontées à une même exigence : produire des résultats durables dans des environnements économiques, sociaux et climatiques de plus en plus complexes. Cette évolution conduit les acteurs du développement à dépasser une logique d’intervention ponctuelle pour construire des approches fondées sur la connaissance, l’expérimentation, l’évaluation et la coopération. Le rapport d’activité 2025 de la Fondation OCP s’inscrit pleinement dans cette dynamique.
Cette orientation trouve un écho particulier dans le Maroc de 2026. Sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, le Royaume poursuit la consolidation de son capital humain, le renforcement de sa souveraineté alimentaire, l’amélioration de son système éducatif et l’accélération de sa transition vers une économie davantage portée par la recherche, l’innovation et les compétences. Les programmes développés par la Fondation accompagnent ces priorités tout en s’étendant à plusieurs pays africains confrontés à des enjeux similaires.
L’originalité de cette démarche tient à la mobilisation d’un véritable écosystème. Universités, chercheurs, administrations, collectivités territoriales, associations, organisations internationales, experts et entités du Groupe OCP interviennent de manière complémentaire afin de concevoir des réponses adaptées aux réalités de chaque territoire. Cette coopération permet de relier les savoirs scientifiques aux besoins exprimés sur le terrain et de créer des solutions qui peuvent être consolidées puis reproduites dans d’autres contextes.
Cette approche accorde une place essentielle à la transmission des connaissances. Chaque expérience alimente une base d’apprentissage qui enrichit les projets futurs, nourrit les partenariats et favorise la diffusion des pratiques les plus efficaces. La connaissance devient ainsi un facteur de continuité, d’amélioration et de montée en qualité des interventions.
Les résultats enregistrés en 2025 illustrent cette dynamique. Les milliers de personnes formées, les coopératives accompagnées, les projets déployés dans plusieurs pays et la diversité des partenaires témoignent d’une capacité d’action qui associe expertise scientifique, développement territorial et accompagnement des communautés. Au-delà des indicateurs, ces réalisations traduisent une volonté de construire des solutions durables, adaptées aux besoins des populations et capables de produire des effets dans la durée.
À travers cette stratégie, la Fondation OCP participe à l’évolution du rôle des fondations d’entreprise. Le soutien financier s’accompagne désormais d’une ingénierie de projet, d’une gouvernance structurée, d’une culture de l’évaluation et d’un travail permanent de capitalisation. Cette approche contribue à faire émerger des modèles d’intervention fondés sur la preuve, la coopération et l’amélioration continue.
De la vision aux résultats
Le rapport d’activité 2025 s’articule autour d’une ambition clairement assumée : faire de l’impact un processus construit, mesuré et partagé. L’intitulé « De la vision à l’impact » traduit cette progression, depuis l’identification des besoins jusqu’à l’évaluation des résultats, en passant par la conception des programmes, leur mise en œuvre, leur suivi et la diffusion des enseignements issus du terrain.
Cette démarche s’appuie sur quatre grands domaines d’intervention. L’éducation et le développement des compétences constituent un premier pilier, aux côtés de l’agriculture durable, de la préservation des ressources naturelles, de l’entrepreneuriat, de l’économie sociale, de la recherche scientifique et du transfert des innovations vers les acteurs économiques et les territoires.

En 2025, cette stratégie s’est déployée dans 16 pays répartis sur trois continents et a mobilisé 116 partenaires au sein d’un réseau réunissant institutions publiques, universités, centres de recherche, organisations professionnelles, associations et organismes internationaux. Cette diversité reflète la volonté de construire des réponses collectives à des problématiques qui dépassent le champ d’action d’un seul acteur, qu’il s’agisse de sécurité alimentaire, d’éducation, de développement local ou d’inclusion économique.
Le rapport met également en évidence une organisation qui investit dans son propre fonctionnement. Gouvernance, amélioration continue, gestion des connaissances, cartographie des risques, audit interne et capitalisation des expériences constituent désormais des composantes intégrées du pilotage. Cette organisation vise à renforcer la qualité des interventions tout en facilitant leur adaptation et leur diffusion.
Les réalisations présentées illustrent cette méthode. Au Sénégal, la restauration de mangroves associe protection des écosystèmes et développement des activités locales. Au Malawi, l’accompagnement des femmes entrepreneures agricoles améliore durablement les revenus et les capacités de production. Au Maroc, Moroccan Retail Tech Builder accélère la transformation numérique du commerce de proximité en accompagnant des startups et des milliers de commerçants. Malgré la diversité de ces projets, ils répondent à une même logique : transformer une connaissance en solution opérationnelle, puis une solution éprouvée en modèle reproductible.
Cette cohérence entre recherche, innovation, coopération, gouvernance et évaluation donne sa singularité à la Fondation OCP. Elle traduit une conception du développement fondée sur l’expérimentation, l’amélioration continue et la diffusion des savoirs, avec l’ambition de construire des modèles d’action capables d’accompagner durablement les transformations économiques, sociales et environnementales au Maroc comme dans les pays partenaires.
Une stratégie en action
En 2025, la Fondation OCP confirme l’évolution de son mode d’intervention. Les projets ne sont plus appréhendés comme des initiatives isolées, mais comme les composantes d’une stratégie cohérente où chaque action s’inscrit dans une trajectoire de développement plus large. Cette organisation permet de relier les besoins exprimés par les territoires, les expertises mobilisées et les résultats attendus autour d’objectifs communs.
Cette dynamique s’appuie sur un réseau de partenaires qui constitue l’une des principales forces de la Fondation. En 2025, 116 organisations publiques, académiques, scientifiques, économiques et associatives ont participé à la conception ou à la mise en œuvre des programmes. Cette coopération permet d’associer des compétences complémentaires et d’adapter les interventions aux réalités propres à chaque territoire, tout en favorisant l’appropriation des projets par les acteurs locaux.

L’année 2025 illustre cette capacité de déploiement. La Fondation a conduit 256 projets dans 16 pays au bénéfice de 95 731 personnes, dont une majorité de femmes et de jeunes filles. Plus de 5 000 bénéficiaires ont participé à des actions de formation et plus de 1 000 coopératives, associations et organisations communautaires ont été accompagnées dans le renforcement de leurs activités. Ces résultats traduisent une présence qui combine proximité avec les bénéficiaires et coordination à l’échelle internationale.
L’action de la Fondation couvre des domaines complémentaires. Dans l’éducation, elle accompagne les établissements, les enseignants et les jeunes afin de renforcer les compétences scientifiques, numériques et entrepreneuriales. Dans le secteur agricole, elle soutient les agriculteurs et les organisations rurales à travers des programmes consacrés à la santé des sols, à la gestion durable des ressources naturelles, à l’amélioration des pratiques culturales et au développement des chaînes de valeur. D’autres initiatives concernent l’économie sociale, l’inclusion économique, l’entrepreneuriat ou encore la préservation des écosystèmes.
Cette diversité d’intervention répond à une même logique : construire des solutions adaptées aux réalités locales plutôt qu’appliquer des modèles uniformes. Les projets sont développés avec les collectivités, les associations, les établissements d’enseignement, les organisations professionnelles et les communautés concernées afin de garantir leur pertinence et leur continuité après la phase d’accompagnement.
Cette approche se traduit également par une forte présence sur le continent africain. Les programmes conduits dans plusieurs pays témoignent d’une volonté de partager des expériences, de favoriser les échanges de compétences et de développer des réponses adaptées aux enjeux communs, qu’il s’agisse de sécurité alimentaire, de développement économique, d’éducation ou de préservation des ressources naturelles.
Au fil des années, la Fondation OCP a ainsi construit un mode d’intervention fondé sur la coopération, la proximité avec les territoires et la continuité de l’accompagnement. Cette capacité à fédérer des expertises diverses autour de projets structurants constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers de son action et ouvre la voie aux innovations, aux transferts de connaissances et aux dispositifs d’amélioration continue qui structurent désormais son développement.
Le pouvoir de l’innovation
L’innovation occupe une place stratégique dans l’action de la Fondation OCP. Elle est conçue comme un processus qui relie la recherche, l’expérimentation et le développement de solutions capables de répondre à des besoins concrets. Cette approche favorise la circulation des connaissances entre le monde scientifique, les entrepreneurs, les acteurs publics et les territoires afin d’accélérer l’émergence de projets à fort impact.
Le rapport met en évidence plusieurs dispositifs destinés à accompagner cette dynamique. Les fonds dédiés à la recherche soutiennent des projets scientifiques appliqués, tandis que le Technology Transfer Office facilite le passage des résultats de la recherche vers des applications concrètes. Cette organisation contribue à rapprocher les laboratoires, les entreprises, les startups et les utilisateurs finaux afin de réduire le délai entre la production d’une innovation et son déploiement sur le terrain.

Cette logique se traduit également par un accompagnement de l’entrepreneuriat innovant. À travers Moroccan Retail Tech Builder, la Fondation soutient des jeunes entreprises développant des solutions numériques destinées au commerce de proximité. Plus de 160 startups ont bénéficié de cet accompagnement, avec un impact direct sur plus de 93 000 commerçants engagés dans leur transition digitale. Au-delà de l’appui aux entreprises innovantes, cette initiative contribue à accélérer la modernisation d’un secteur qui représente une composante essentielle de l’économie nationale.
L’innovation prend aussi la forme de solutions adaptées aux réalités sociales et agricoles. Au Malawi, le programme Empowering Women in Agriculture accompagne les femmes entrepreneures dans le développement de leurs activités agricoles, depuis le renforcement des compétences techniques jusqu’à l’accès aux marchés. Les résultats présentés dans le rapport montrent une progression de 154 % des revenus, une augmentation de 35 % des rendements agricoles et une hausse de 371 % des volumes transformés, illustrant les effets d’un accompagnement construit sur plusieurs années.
Au Sénégal, le projet conduit à Joal-Fadiouth démontre qu’une innovation peut également être environnementale et territoriale. La restauration de 119 hectares de mangroves s’accompagne du développement d’activités génératrices de revenus, de programmes de sensibilisation et d’une implication active des communautés locales. Cette approche associe préservation des écosystèmes, développement économique et participation citoyenne dans une même dynamique.
Chaque projet enrichit progressivement les suivants. Les enseignements issus des expériences de terrain sont intégrés dans de nouveaux programmes, adaptés à d’autres contextes et mobilisés pour renforcer l’efficacité des interventions ainsi que leur déploiement dans différents territoires.
Cette vision de l’innovation dépasse largement la seule dimension technologique. Elle repose sur la capacité à mobiliser les compétences, à expérimenter de nouvelles approches, à évaluer les résultats obtenus et à diffuser les solutions qui créent une valeur durable pour les populations, les territoires et les écosystèmes. C’est cette articulation entre recherche appliquée, entrepreneuriat, innovation sociale et coopération qui constitue aujourd’hui l’un des marqueurs de l’action de la Fondation OCP.
L’exigence du résultat
L’impact d’un programme se mesure autant à ses réalisations qu’à la capacité de l’organisation qui le porte à en tirer des enseignements. Cette exigence structure aujourd’hui le fonctionnement de la Fondation OCP, qui a progressivement intégré l’évaluation, la gouvernance et la gestion des connaissances comme des composantes à part entière de sa stratégie de développement.
Cette démarche repose d’abord sur un dispositif de gouvernance destiné à sécuriser les décisions et à renforcer la qualité des interventions. La cartographie des risques permet d’identifier les principaux facteurs susceptibles d’influencer la conduite des projets et d’anticiper les mesures adaptées à chaque situation. Ce travail constitue un outil de pilotage qui accompagne l’ensemble du cycle des programmes, depuis leur conception jusqu’à leur évaluation.
Cette organisation est complétée par un dispositif d’audit interne fondé sur les référentiels de l’Institute of Internal Auditors et les standards de l’IFACI, traduisant la volonté d’inscrire la gouvernance de la Fondation dans les meilleures pratiques internationales. Au-delà du contrôle, cette démarche contribue à améliorer les processus, à renforcer la transparence et à consolider la confiance des partenaires.
La Fondation développe également une culture d’amélioration continue inspirée de la méthode Kaizen. Les équipes sont invitées à analyser leurs pratiques, à partager leurs retours d’expérience et à intégrer progressivement les enseignements issus du terrain. Cette dynamique permet d’ajuster les programmes au fil de leur mise en œuvre et de renforcer durablement leur efficacité.

Le Knowledge Management occupe une place essentielle dans cette organisation. Les données produites par les projets, les expériences conduites sur le terrain et les méthodes développées par les équipes sont progressivement structurées, documentées et mises à la disposition des différents partenaires. Cette capitalisation transforme chaque projet en une source de connaissances mobilisable pour concevoir de nouvelles interventions et accélérer la diffusion des bonnes pratiques.
Cette volonté de transmettre les savoirs se retrouve également dans les Coffee Table Books publiés par la Fondation. Loin de constituer de simples ouvrages institutionnels, ces publications rassemblent des analyses, des expériences de terrain, des témoignages et des enseignements issus des programmes conduits au Maroc et dans plusieurs pays africains. Elles prolongent les projets au-delà de leur phase opérationnelle en mettant à la disposition des chercheurs, des institutions et des acteurs du développement des références, des analyses et des retours d’expérience susceptibles d’inspirer de nouvelles initiatives.
Cette culture de la capitalisation accompagne enfin une évolution plus large de la philanthropie contemporaine. Les fondations sont désormais évaluées autant sur la qualité de leur gouvernance, leur capacité à mesurer les effets de leurs actions et à partager leurs apprentissages que sur le volume des financements mobilisés. La Fondation OCP inscrit son action dans cette dynamique en faisant de l’évaluation, de la connaissance et de l’amélioration continue des leviers permanents de transformation.
Cette exigence de méthode constitue aujourd’hui l’une des principales singularités de la Fondation OCP. En faisant de la gouvernance, de l’évaluation, de la gestion des connaissances et de la capitalisation des expériences des outils permanents de pilotage, elle construit un modèle d’intervention dont l’ambition est autant de produire des résultats que de créer des références capables d’être adaptées et reproduites dans d’autres territoires.

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