Finie l’exclusion : La protection sociale change tout
Solidarité et mutualisation : Le cœur du nouveau système de protection sociale marocain.
LA VÉRITÉ
Casablanca à résonné le 25 juillet d’une ambition nationale audacieuse. Le Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Hassan Boubrik, a affirmé à la presse que le vaste chantier de la généralisation de la protection sociale représente une avancée majeure pour le Maroc. De ce fait, ce projet constitue un pas décisif vers la consolidation de l’État social, tel que souhaité par le Roi Mohammed VI.
Un tournant historique pour l’accès aux soins
Jusqu’en 2021, seulement 40% des citoyens marocains bénéficiaient d’une couverture santé. Cependant, la situation a radicalement changé. Ce chantier d’envergure a marqué « un tournant décisif en matière d’accès des Marocains à des soins de santé de qualité », a souligné M. Boubrik. Aujourd’hui, la couverture s’étend à l’ensemble de la population, incluant des catégories auparavant exclues telles que les travailleurs non-salariés, les bénéficiaires de l’AMO TADAMON (anciennement RAMED) et les assurés de l’AMO Achamil.
De ce fait, le nombre d’assurés est passé « d’environ 8 millions à près de 25 millions aujourd’hui ». Par conséquent, le volume de dossiers traités quotidiennement a été multiplié par cinq, passant de 20 000 à plus de 110 000.
Équité et inclusion, les principes d’une vision royale
Ce bond quantitatif s’est également accompagné d’une réforme qualitative profonde. « Tous les Marocains bénéficient désormais du même panier de soins et des mêmes taux de remboursement, quel que soit leur statut », a précisé M. Boubrik.
En outre, la dimension inclusive de la vision royale est manifeste. L’AMO TADAMON, à elle seule, couvre 11 millions de personnes, pour lesquelles l’État paie les cotisations. Ainsi, ces bénéficiaires ont accès aux soins dans les secteurs public et privé, tout en conservant la gratuité dans le secteur public. De plus, 3,8 millions de ménages bénéficient des aides sociales directes. Le Registre Social Unifié (RSU) joue un rôle fondamental dans un meilleur ciblage des bénéficiaires, et selon M. Boubrik, « C’est un dispositif fondamental qui fonctionne très bien ».
Des défis persistants : adhésion et rationalisation
Cependant, malgré ces avancées, des défis importants demeurent. M. Boubrik a notamment insisté sur la problématique de l’adhésion et du paiement régulier des cotisations par les travailleurs non-salariés. Sur 1,7 million d’assurés principaux, seuls 550 000 sont à jour. Il a alerté sur le risque d’anti-sélection, où seuls ceux ayant besoin de soins cotisent. « L’assurance maladie repose sur la mutualisation et la solidarité. Il est essentiel que les personnes en bonne santé cotisent aussi, pour préserver l’équilibre du système », a-t-il affirmé.
Néanmoins, des progrès sont notables. Le taux de recouvrement pour les travailleurs non-salariés est passé de 21% à plus de 42% en moins d’un an. « C’est encourageant, mais il faut poursuivre l’effort », a souligné M. Boubrik. La CNSS mène d’ailleurs des campagnes de sensibilisation et utilise de nouveaux outils juridiques pour renforcer l’adhésion.
Par ailleurs, la rationalisation des dépenses constitue un autre défi majeur. Bien que l’augmentation de la consommation médicale soit un signe positif, M. Boubrik a mis en garde contre une dérive incontrôlée. « Il faut agir sur plusieurs leviers : baisse des prix des médicaments, prévention, protocoles thérapeutiques, et lutte contre la fraude », a-t-il expliqué.
Le rôle central l‘hôpital public et l’avenir des prestations
La place du secteur public dans l’offre de soins est également un enjeu stratégique. « L’hôpital public, avec ses investissements importants en équipements et en ressources humaines, doit jouer un rôle central », a noté M. Boubrik. Il a précisé que « il permet aussi de contenir les coûts, car ses tarifs sont inférieurs à ceux du privé ».
En ce qui concerne les perspectives, deux chantiers majeurs sont prévus d’ici fin 2025 : l’indemnité pour perte d’emploi et la retraite. Le gouvernement travaille activement à respecter les échéances fixées. Enfin, sur le plan opérationnel, la modernisation des services est indispensable face à l’augmentation de la charge. Des plateformes comme « TAAWIDATY » et « Damancom » ont déjà facilité l’accès aux services pour les citoyens et les entreprises. Puis, un dernier jalon, la feuille de soins électronique, est en cours de développement. Cette innovation simplifiera le parcours de l’assuré et réduira les délais de remboursement, avec un lancement pilote prévu pour fin 2025.
Vers un Maroc plus juste et solidaire
Le Maroc est engagé dans une transformation profonde de son système de protection sociale. Ce projet ambitieux, mené sous l’impulsion royale, vise à garantir un accès équitable et digne aux soins de santé pour tous ses citoyens. Malgré les progrès significatifs en matière de couverture et de gestion modernisée, des défis importants persistent, notamment l’adhésion des non-salariés et la maîtrise des dépenses.
En somme, la généralisation de la protection sociale est bien plus qu’une simple réforme administrative, elle est la pierre angulaire d’un État social en pleine construction. Comment le Maroc parviendra-t-il à maintenir l’équilibre financier et à renforcer la solidarité pour garantir la pérennité de ce système essentiel pour les générations futures ?
Suivez les dernières actualités de Laverite sur Google news