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Finances locales : Laftit muscle les ressources des communes et porte la part de la TVA à 32%

Au-delà de l'injection de liquidités, la hausse des dotations pour 2025 marque un tournant stratégique : l'État offre aux territoires les moyens de leur autonomie, tout en exigeant une rigueur accrue dans la gouvernance

LA VÉRITÉ


C’est un changement de paradigme financier qui se confirme pour les collectivités territoriales marocaines. En effet, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a dressé à Rabat un bilan prometteur de la santé financière des communes et régions. Loin de se limiter à une simple correction budgétaire, l’État orchestre une montée en puissance des ressources locales. Ainsi, en s’appuyant sur une redistribution élargie de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), le gouvernement entend transformer les collectivités en véritables moteurs de l’investissement public.

Une mécanique budgétaire structurelle

Les indicateurs financiers pour l’exercice 2025 témoignent de cette volonté politique. Concrètement, les dotations allouées aux collectivités enregistrent une progression de 10 à 15 %, consolidant la hausse spectaculaire de 15 à 20 % déjà observée en 2024. Cette dynamique ne relève pas du hasard, mais d’une décision législative forte inscrite dans la Loi de finances 2025 : le passage de la part de la TVA transférée aux territoires de 30 % à 32 %.

Dès lors, ces deux points supplémentaires représentent une manne financière considérable. Toutefois, cette injection de liquidités vise moins à gonfler les budgets de fonctionnement qu’à débloquer la capacité d’investissement des élus locaux, souvent entravée par la faiblesse des recettes propres.

La solidarité nationale comme rempart

Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur maintient son rôle de régulateur pour éviter une fracture territoriale. Car si la hausse de la TVA profite à tous, les disparités de richesse entre les régions demeurent une réalité. Pour y remédier, Abdelouafi Laftit a annoncé la mobilisation d’un fonds de plus de 600 millions de dirhams.

Cette enveloppe agit comme un filet de sécurité vital pour les communes en situation de déficit structurel. En assurant le fonctionnement des services publics essentiels dans les zones les plus fragiles, l’État garantit une équité territoriale et évite la paralysie administrative des zones rurales ou enclavées.

Vers une autonomie financière responsable

L’objectif ultime de cette stratégie reste la dynamisation de l’investissement productif. Actuellement, l’État consacre près de 5 milliards de dirhams annuels, issus de la TVA, au financement direct des infrastructures (routes, assainissement, équipements sociaux).

Cependant, la vision du ministère dépasse la simple subvention. En effet, Abdelouafi Laftit a mis en avant la modernisation des outils de gestion, notamment à travers de nouveaux décrets facilitant l’accès au crédit et aux financements verts. Finalement, cette réforme est un contrat tacite : en augmentant les ressources, l’État offre aux collectivités de nouvelles marges de manœuvre, mais leur impose en retour une gouvernance plus sophistiquée et une responsabilité accrue dans le choix de leurs investissements.


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