[ after header ] [ Mobile ]

[ after header ] [ Mobile ]

Financement sensible au genre: des budgets mobilisés pour une société égalitaire !

Bassma Rayadi


Partout dans le monde, les inégalités hommes-femmes persistent dans certains domaines, notamment celui économique, notamment en matière d’équité salariale et d’accès aux postes de responsabilité, interpellant ainsi les pouvoirs publics à prendre en considération la réduction de ces disparités dans la mise en place de toute une stratégie.

L’intégration du volet genre dans toute politique publique s’impose dans ce sens comme une nécessité absolue pour réduire ces inégalités et assurer, in fine, une répartition plus équitable des ressources publiques.

Le financement sensible au genre ou la budgétisation sensible au genre consiste en l’intégration de l’approche genre dans tout programme budgétaire, et implique l’analyse de l’impact des budgets nationaux sur les femmes et les hommes, dans la perspective d’une pleine intégration des femmes dans le milieu économique et une gestion efficiente, participative et équitable du budget.

Le budget, facteur sine qua non pour mettre en place toute politique publique ou stratégie, s’articule désormais autour d’une approche genre effective pour passer à une égalité réellement mise en œuvre, en vue d’une meilleure émancipation économique de la femme.

Garantir l’égalité femmes-hommes est devenu ainsi un objectif primordial, devant faire partie des composantes de toute politique macroéconomique, à travers une évaluation des budgets basée sur la dimension de genre.

Dans ce chantier, le Maroc a franchi de grandes étapes, partant de son ambition de porter le taux de participation des femmes à l’économie à 30% à l’horizon 2030.

Depuis 2002, le Maroc s’est engagé, en effet, dans l’institutionnalisation de l’approche genre en faisant de l’égalité entre les sexes l’un des piliers de la Constitution et a placé l’égalité hommes-femmes au centre des préoccupations du Nouveau modèle de développement.

Le Royaume a également inscrit dans la loi organique des finances la nécessité que tous les programmes qui composent le budget présentent des objectifs de performance en matière de genre, conscient de l’importance de tenir compte des besoins différenciés des femmes et des hommes dans la programmation budgétaire et son impact sur le développement en général.

Sur le plan international, la Banque européenne d’investissement (BEI) offre un cadre global pour intégrer les considérations d’égalité des sexes et de responsabilisation économique des femmes dans son portefeuille opérationnel, via une stratégie qui s’applique aux activités de la BEI dans le monde entier.

Cette stratégie s’articule autour de trois domaines d’action thématiques. Premièrement, “Protéger”, pour garantir que les droits des femmes et des filles sont respectés et protégés dans toutes les opérations de la BEI.

Deuxièmement, le volet “Impact”, qui vise à renforcer l’impact positif de la BEI sur l’égalité entre les sexes grâce à ses opérations de prêt direct. Il promeut une intégration stratégique des considérations de genre dans les activités thématiques et sectorielles de la Banque, augmentant ainsi l’impact positif sur l’égalité des genres des opérations du Groupe BEI.

Le troisième domaine est “Investir”, il identifie des investissements ciblés dans l’autonomisation économique des femmes, par le biais de l’inclusion financière, en exploitant les segments de marché mal desservis des entreprises dirigées par des femmes, la promotion de l’entrepreneuriat féminin, et l’accès au capital et au crédit.

Au Maroc, la BEI intervient en appui aux gestionnaires de fonds comme “JAÏDA” et aux institutions de microfinance comme “Al Amana” par un financement de 3 millions d’euros pour soutenir les micro-entreprises et les très petites entreprises (TPE), et travailleurs indépendants et qui bénéficiera à 11.560 micro- entrepreneurs (dont environ 45% de femmes et 48% en zones rurales).


commentaires
Loading...
[ Footer Ads ] [ Desktop ]

[ Footer Ads ] [ Desktop ]