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Financement des partis : Le ministère de l’Intérieur impose la transparence

LA VÉRITÉ


Face aux exigences croissantes de bonne gouvernance démocratique, le ministère de l’Intérieur passe à l’offensive. Un projet ambitieux vient d’être présenté pour moderniser et sécuriser la gestion comptable et financière des formations politiques. L’objectif est clair : instaurer une transparence totale dans l’utilisation des fonds publics à l’approche des prochaines échéances électorales.

Un système d’information commun pour traquer les irrégularités

Cette réforme majeure repose sur le déploiement d’un système d’information commun destiné à optimiser l’exploitation du plan comptable des partis politiques. Pour accompagner les structures sur le terrain, l’administration va également éditer un guide rigoureux des procédures comptables, détaillant chaque étape de la gestion financière, des enregistrements chronologiques aux bilans, en passant par les rapprochements bancaires.

Cette initiative ministérielle intervient alors que le financement public couvre 53 % des ressources déclarées des partis. L’État a décidé d’agir fermement après les nombreux dysfonctionnements budgétaires et les insuffisances chroniques mis en lumière par l’institution supérieure de contrôle des finances publiques.

Les rappels à l’ordre de la Cour des comptes

Les derniers rapports d’audit ont révélé de sérieuses défaillances. Plusieurs formations n’ont toujours pas restitué plus de 22 millions de dirhams de subventions publiques, correspondant à des montants non utilisés ou non justifiés. Les contrôles mettent en évidence une absence fréquente de pièces justificatives (notamment pour les salaires, les loyers et les frais de mission) et une opacité persistante sur près de 26 % des dépenses déclarées.

De plus, l’adoption du plan comptable normalisé reste trop partielle. Si la majorité des partis produisent leurs comptes annuels, beaucoup s’affranchissent encore des normes en vigueur ou peinent à prouver le respect des règles de mise en concurrence lors de la sélection de prestataires pour des études et des recherches.

Moderniser la gouvernance pour restaurer la confiance

La mise en œuvre de ce nouvel outil numérique partagé permettra un suivi en temps réel et rigoureux des subventions octroyées. Le ministère de l’Intérieur insiste sur le fait que ce système renforcera la crédibilité des partis auprès des citoyens et des institutions.

Cependant, le défi reste de taille et un effort important de formation sera indispensable pour que les cadres des différents partis maîtrisent ces nouveaux outils. Ce chantier national marque une étape décisive pour aligner la gestion des organisations politiques sur les standards internationaux de transparence.


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