Finale perdue, respect gagné
Le Maroc tombe les armes à la main face au Nigeria (2-3), mais confirme sa place parmi les grandes nations africaines du football féminin
Par Fayçal El Amrani
Elles n’ont pas soulevé le trophée. Mais elles ont conquis les cœurs. Samedi soir, au stade olympique de Rabat, les Lionnes de l’Atlas ont cédé en finale de la CAN féminine face au Nigeria (2-3), après un combat de haut niveau, empreint de caractère, de résilience et de talent. Une défaite cruelle, mais un parcours admirable.
Devant un public en fusion, Ghizlane Chebbak (13e) puis Sanaa Mssoudy (24e) avaient pourtant offert une avance prometteuse à la sélection nationale. Mais les Super Falcons, fortes de leur expérience continentale, ont inversé la tendance grâce à Ijeoma Okoronkwo (64e, s.p.), Folashade Ijamilusi (71e) et Onyi Echegini (88e), scellant une remontée aussi implacable que frustrante.
Plus que le score final, c’est le chemin parcouru qui mérite d’être salué. Le Maroc a une nouvelle fois prouvé que son football féminin est sorti de l’ombre, porté par une génération ambitieuse, soutenue par une Fédération proactive et un pays qui croit en ses filles.
Depuis le match d’ouverture jusqu’à la finale, les Lionnes ont montré des qualités techniques, une force mentale et une intelligence de jeu qui les placent aujourd’hui parmi les meilleures sélections du continent. Cette CAN organisée sur les terres marocaines n’aura pas été un simple tournoi : elle a été une consécration nationale.
Des débuts timides, une montée en puissance
Tout a commencé par un nul laborieux face à la Zambie (2-2), où Ibtissam Jraidi et Ghizlane Chebbak ont sauvé les meubles. Mais dès le deuxième match, les Marocaines ont haussé le ton. Un retentissant 4-2 contre la RDC, avec un triplé magistral de Chebbak, a propulsé le Maroc en tête du groupe A. Une courte mais stratégique victoire contre le Sénégal (1-0, Amrabet sur pénalty) a confirmé la solidité du groupe.
En quarts de finale, face au Mali, les Lionnes ont montré maîtrise et maturité, s’imposant logiquement 3 à 1, grâce à Jraidi (doublé) et Chapelle. Puis, en demi-finale, un duel haletant face au Ghana, conclu aux tirs au but, a révélé une équipe soudée, capable de revenir dans le match grâce à Sakina Ouzraoui avant de triompher mentalement (4-2 aux tirs).
La finale aurait pu être un couronnement. Elle restera comme un rendez-vous manqué avec la gloire, mais pleinement assumé. Car face au Nigeria, multiple championne d’Afrique, le Maroc n’a pas démérité. Mieux encore, il a longtemps mené et tenu tête à l’une des équipes les plus redoutables du continent.
La défaite n’est pas un échec. C’est une étape. Pour la deuxième fois consécutive, les Marocaines atteignent la finale d’une CAN. Ce n’est plus une surprise, c’est une confirmation. Ce groupe incarne l’avenir du football féminin national.
Une défaite pleine d’avenir et un modèle pour toute une génération
L’héritage de cette édition va au-delà des pelouses. Les Lionnes de l’Atlas inspirent désormais des milliers de jeunes filles marocaines, qui se reconnaissent dans les exploits de leurs aînées. Des joueuses comme Chebbak, Jraidi, Ouzraoui ou Amrabet deviennent des modèles d’émancipation, de discipline et d’excellence.
À travers cette CAN, le Maroc a aussi démontré sa capacité à organiser un événement continental d’envergure, avec des stades modernes, une affluence record et une atmosphère digne des plus grands rendez-vous du football mondial.
Au-delà de la compétition, le Maroc continue de structurer son football féminin. Formation, infrastructures, encadrement technique : les bases sont solides, les ambitions sont claires. Le rêve mondial n’est plus inaccessible. Avec la dynamique actuelle, le Maroc peut prétendre à une qualification en Coupe du monde et à une reconnaissance mondiale.
Les Lionnes ont perdu une finale, mais gagné une nation. À Rabat, ce 26 juillet 2025, une génération n’a pas failli : elle a ouvert la voie. Et désormais, c’est tout un pays qui marche derrière elles.
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