Tétouan célèbre la Poésie Arabe
LA VÉRITÉ
Le rideau tombe ce dimanche 17 mai 2026 sur la septième édition du Festival des poètes marocains à Tétouan. Organisé tout au long du week-end, cet événement majeur s’est définitivement imposé comme l’un des ponts culturels les plus dynamiques entre le Maghreb et le Golfe, illustrant la force du soft power et de la diplomatie littéraire dans le monde arabe.
Un partenariat stratégique et panarabe de haut niveau
Loin d’être une simple rencontre locale, le festival est le fruit d’un ambitieux projet bilatéral. Placé sous le Haut patronage du Roi Mohammed VI et du Cheikh Dr. Sultan bin Muhammad Al Qasimi, gouverneur de Sharjah et membre du Conseil suprême des Émirats arabes unis, l’événement est coordonné par le Département de la culture de Sharjah et le ministère marocain de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication.
Le cœur de cette collaboration repose sur la Dar Al Shi’r (Maison de la Poésie) de Tétouan. Fondée il y a dix ans grâce au financement de Sharjah, cette institution s’inscrit dans un réseau global destiné à préserver et diffuser le patrimoine lyrique arabe. Pour marquer ce dixième anniversaire, le festival a projeté le documentaire « Dix ans inoubliables », retraçant une décennie de dynamisation culturelle et de publications dans le nord du Royaume.
Trois jours de pluralité linguistique au cœur de la ville blanche
Inauguré le vendredi 15 mai au prestigieux Théâtre Espagnol, situé au centre historique de Tétouan, le festival a réuni plus de 50 poètes, intellectuels, critiques et artistes de différentes générations.
Bien que soutenu par les institutions du Golfe attachées à l’arabe classique (Fusha), le festival s’est distingué par sa mise en valeur de la pluralité identitaire du Maroc. Les différentes sessions ont ainsi donné vie à une grande diversité d’expressions littéraires, mêlant l’arabe standard, le dialecte marocain (Darija), la langue amazighe et la poésie hassanie issue des provinces du Sud.
Le choix de Tétouan comme place forte de cet événement ne doit rien au hasard. Sa Médina, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, combinée à ses racines andalouses, amazighes et méditerranéennes, offre un cadre idéal pour un dialogue qui relie l’histoire à l’avant-garde littéraire nord-africaine.
Un impact académique et artistique de premier plan
Durant trois jours, le festival a également fonctionné comme un véritable congrès de critique littéraire. Les tables rondes ont permis aux universitaires et aux chercheurs d’analyser l’évolution des structures poétiques contemporaines au Maghreb. Parallèlement, le lancement de recueils édités conjointement par le Maroc et les Émirats a servi de tremplin pour les auteurs émergents.
Ces rencontres intellectuelles se sont accompagnées d’une forte dimension artistique, où les lectures de poèmes ont alterné avec des concerts de luth et des chants traditionnels soufis et andalous, confirmant que la culture reste l’un des leviers de rayonnement les plus solides du Royaume.
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