Festival national du film d’amateurs de Settat: L’intelligence artificielle au cinéma

LA VÉRITÉ
L’impact de l’intelligence artificielle générative sur les domaines créatifs, notamment le cinéma, a été au centre d’un débat tenu à Settat dans le cadre du Festival national du film d’amateurs.
Intervenant lors de la première partie de cette rencontre autour du thème de la créativité et l’éthique de l’intelligence artificielle, l’artiste numérique Yanis Ratbi a mis l’accent sur l’impact de l’IA générative dans le domaine créatif et plus spécifiquement dans l’audiovisuel, soulignant la redéfinition des rôles dans la production d’un film et l’évolution de la relation entre l’artiste et l’intelligence artificielle.
M. Ratbi a, à ce propos, abordé plusieurs défis, dont les pertes d’emploi, la standardisation des œuvres cinématographiques et la détérioration de la valeur de la production que peut causer l’intelligence artificielle. Il a, en revanche, mis en avant les opportunités que la technologie propose, de l’inspiration à la post-production, avec des exemples pratiques et concrets.
L’artiste a également présenté les procédures de production d’une scène à l’aide de générateurs de l’intelligence artificielle. Les participants ont choisi des « prompts » qu’il a insérés afin de produire un petit clip démonstratif.
Il a affirmé que le changement de paradigme porté par l’émergence de l’intelligence artificielle bénéficiera aux amateurs du cinéma au Maroc, un point partagé par la majorité des participants, soulignant le potentiel de cette technologie dans le développement du cinéma marocain.
Concluant son intervention, l’artiste français a également abordé les défis juridiques que présente cette nouvelle technologie, notant les nuances qui pourraient se présenter si l’on veut protéger par le droit d’auteur une œuvre d’art générée par l’IA.
Au cours de la deuxième intervention du débat, l’illustratrice Youssra Mehdi a mis en valeur le rôle positif de l’IA dans les domaines créatifs. Plutôt que de la percevoir comme une menace pour les artistes, Mme Mehdi a proposé de la considérer comme un assistant que l’artiste peut utiliser afin de gagner du temps et livrer son message d’une manière plus précise.
Mme Mehdi a créé plusieurs illustrations en direct projetées aux participants. À travers cette manœuvre, elle a démontré que malgré l’intervention de l’intelligence artificielle dans la procédure créative, c’est l’être humain qui demeure l’artiste.
Le Professeur universitaire en Philosophie et esthétique à l’Université Hassan II de Casablanca, Abdelali Maâzouz, s’est penché, de son côté, sur les obstacles que l’intelligence artificielle peut poser face aux jeunes créateurs, soulignant la menace que constitue l’IA sur plusieurs métiers qui peuvent être « remplacés » par cette technologie.
Outre la suppression de plusieurs emplois, l’intelligence artificielle pose plusieurs problématiques que l’on doit adresser, a-t-il soutenu, citant les droits d’auteur à titre spécifique. M. Maâzouz a mis en exergue l’importance de la « présence humaine » dans l’art, estimant que l’IA doit être limitée aux champs techniques.
Il a également abordé une approche philosophique du concept de l’intelligence artificielle, engageant les participants dans des réflexions autour de la capacité de l’IA, qui produit des synthèses complexes à travers les données qu’elle a accrue, à générer des idées et « déterminer la signification ».
Le FNFAS se poursuit jusqu’au 9 décembre, avec une série de films dans le cadre de la compétition officielle, ainsi que des expositions du collectif français Dans l’attente d’un nom (DAN) qui seront projetées tout au long du festival.

Suivez les dernières actualités de Laverite sur Google news