Fatima-Zahra El Mansouri, la réponse d’une femme d’État
El Mansouri face à Jabaroot
Par Yassine Andaloussi
Dans l’arène politique contemporaine, ce n’est plus seulement la capacité à gouverner qui façonne les leaders, mais la manière dont ils traversent les tempêtes. Le récent épisode déclenché par le groupe Jabaroot en est l’illustration parfaite. En ciblant Fatima-Zahra El Mansouri à travers une campagne numérique mêlant insinuations et accusations foncières, ses détracteurs espéraient provoquer une onde de choc. Ils ont au contraire mis en lumière la stature d’une femme rompue aux épreuves et consciente des exigences de son temps.
Plutôt que de se réfugier dans le silence ou dans une posture défensive, Fatima-Zahra El Mansouri a pris la parole avec précision. Elle a apporté une réponse écrite, documentée, articulée autour de faits établis et d’éléments juridiques indiscutables. Les terrains mis en cause ne sont pas issus du domaine public ni de terres collectives. Ils relèvent d’un héritage familial remontant à la fin des années soixante-dix. Leur lotissement a été opéré bien plus tard, dans un cadre parfaitement légal, avec paiement des taxes et respect des procédures en vigueur. Loin de se limiter à l’argumentaire défensif, elle a également engagé une procédure judiciaire contre les auteurs de ces diffamations numériques. Cette attitude reflète une conscience aiguë des responsabilités que suppose l’exercice du pouvoir dans un État moderne.
Ce geste, posé et réfléchi, tranche avec l’agitation qui caractérise certaines réactions récentes au sein même de la majorité gouvernementale. Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, en fournit un contre exemple évident. Confronté à plusieurs polémiques d’envergure, souvent liées à la gestion de dossiers sensibles ou à des propos jugés déplacés, il a multiplié les sorties à la fois désinvoltes et inappropriées. Sa défense, empreinte d’un mélange de provocation et de mystique personnelle, a largement desservi son image et affaibli la crédibilité du discours gouvernemental. Là où Ouahbi improvise, El Mansouri structure. Là où il ironise, elle éclaire. Là où il s’embourbe, elle se redresse.
Ce contraste de styles n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une dynamique préélectorale où chaque posture compte. À une année des élections législatives, les regards se tournent déjà vers celles et ceux qui pourraient incarner un cap nouveau. Dans cet environnement, Fatima-Zahra El Mansouri ne se contente plus d’être une ministre efficace ni une maire respectée. Elle devient progressivement l’une des figures les plus crédibles pour porter une ambition plus haute. Nombre d’observateurs murmurent aujourd’hui que le Maroc pourrait bien, pour la première fois de son histoire, voir une femme briguer sérieusement la fonction de chef du gouvernement.
La trajectoire d’El Mansouri semble préparer ce scénario avec discrétion mais détermination. Elle dispose d’un ancrage local solide à Marrakech, d’une légitimité électorale renouvelée, d’une expérience exécutive au sein du gouvernement et d’un positionnement idéologique compatible avec les équilibres institutionnels du pays. Sa loyauté à l’égard du modèle monarchique, son respect des règles et sa retenue publique la distinguent d’autres profils qui, malgré une présence médiatique plus forte, peinent à incarner une vision d’ensemble.
Le Maroc entre dans une séquence décisive. Les défis économiques, sociaux et diplomatiques appellent des figures à la fois capables de comprendre les complexités internes et de dialoguer avec le monde. Dans ce contexte, l’émergence d’une femme d’État comme Fatima-Zahra El Mansouri, capable de faire face à la calomnie sans céder à l’agitation, pourrait bien préfigurer un tournant. Plus qu’un simple épisode de communication maîtrisée, sa réponse aux attaques numériques révèle une stratégie.
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