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Exploitation économique et oppression idéologique

Si on veut vérifier comment la justice fonctionne dans un pays, il ne faut surtout pas s’adresser à un agent de police, il ne faut pas aller poser des questions à des avocats, aucun besoin d’aller scruter l’avis des juges ou encore les personnes protégées par le petit confort de la classe moyenne. Pour prendre le véritable pouls d’une société, il faut aller parler à ceux que personne ne protège, ceux qui ont précisément besoin de la protection des lois et de ceux qui les proclament et les exécutent. Il faut écouter avec attention les témoignages de cette couche de la société, livrée à elle-même, qui se bat et se débat, avec la pauvreté et la précarité. Il faut demander aux pauvres comment ils errent dans les couloirs des tribunaux, comment ils se perdent dans les froides salles d’attente des hôpitaux, comment ils ruminent leur désespoir dans les labyrinthes des offices et officines. C’est là que tu peux réaliser, non pas de tel ou tel pays est juste et humain, dans ses fondements et ses principes de gouvernance, mais à quel point la notion même de justice ne fait aucunement partie de la pensée humaine, dans toutes ses strates. Dans ce cas de figure, l’ignorance couplée au pouvoir, est l’ennemi le plus féroce que la justice puisse avoir. Dans le mode de gouvernance moderne, peu importe l’appellation qu’on lui accole, le véritable ennemi du peuple n’est pas l’oppression politique, mais l’exploitation économique. La politique est simplement sa servante. À cette implacable machine qui broie tout sur son passage, il faut ajouter le fait que, sans nul doute, la racine de notre malheur en tant qu’êtres humains, est de sacrifier toute la beauté de nos existences, en nous incarcérant dans des totems, des tabous, des croix, des croissants, des rites ensanglantés, des synagogues, des cathédrales et autres mosquées ! Dans des idéologies de race, des armées sanguinaires, des bannières trompeuses, des drapeaux, des nations dont le souci premier est d’exclure l’individu au nom de la communauté… Le résultat est limpide : entre asservissement économique, obédience confessionnelle, superstition idéologiques et démagogies politiciennes, nous en sommes aujourd’hui à un autre cercle qui achève toute résistance humaine.  Nous sommes aujourd’hui, de plain-pied dans l’ère des méthodes pharmaceutiques qui agissent comme des opérations cliniques, pour faire aimer aux gens leur servitude, produisant ainsi une dictature sans larmes, créant pour ainsi dire des camps de concentrations indolores pour l’intégralité des sociétés où tout le monde court après sa dose, peu importe la formule chimique qui en est l’essence, l’important est de maintenir l’addiction et d’éviter, à tout prix, le sevrage.  Ainsi, les gens vont voir leurs libertés confisquées, mais ils en sont heureux et comblés, parce qu’ils seront distraits et manipulés par une grande et implacable propagande et un lavage de cerveau inextricable grâce à des techniques pharmacologiques infaillibles. Et c’est ce qui sera certainement l’ultime révolution humaine, avant la fin de ce cycle où l’humanité a abdiqué face à la suprématie de l’illusion technologique, passant d’un bond, de la révolution industrielle à la révolution biochimique. Face à de telles menaces, il n’y a plus aucune marge de manœuvre pour les humains. L’étau est tellement serré que presque plus personne n’arrive à respirer. Les pouvoirs en place maintiennent les sociétés sous grande pression, lâchant du leste au strict minimum, à peine de quoi reprendre un soupçon de souffle avant de plonger dans l’asphyxie. Un citoyen pressé à un tel degré n’espère plus rien d’autre que de ne pas crever la gueule ouverte. Il abdique. Il se résigne. Il accepte son supplice. Pire, il le réclame. Il le revendique avec le peu de force et de volonté qui lui reste. C’est là le piège inextricable pour les pouvoirs en place : croire qu’ils en ont fini avec la populace. C’est là que commence le relâchement. C’est là que la machine infernale se grippe. C’est là que le début de la fin d’un régime point à l’horizon. Et il suffira d’un grain de sable pour faire dérailler toute la machinerie. Le système se rouille. Les mécanismes deviennent foireux. La chaîne se brise. C’est l’éclatement. C’est la déflagration. L’édifice s’écroule. C’est la crise, qui est toujours suivie du chaos.


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