Entre spiritualité et modernité, le patrimoine Aïssaoua en fête à Meknès
Meknès célèbre son héritage spirituel avec le coup d'envoi de la 6e édition du Festival Aïssaoua Modes et Rythmes du Monde sur la place emblématique de Bab Mansour. Le chef d'orchestre Amine Boudchart et plus de 1 000 maîtres Aïssaoua revisitent les classiques du répertoire marocain pour un dialogue inédit entre tradition soufie et modernité musicale. Placé sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, l’événement affirme le rôle du soufisme comme socle de l'unité nationale et moteur du rayonnement international de la cité ismaïlienne.

LA VÉRITÉ
Le chef d’orchestre Amine Boudchart a donné, mercredi 22 juillet 2026, le coup d’envoi de la 6ᵉ édition du Festival Aïssaoua Modes et Rythmes du Monde sur la place Bab Mansour à Meknès. Cet événement de quatre jours, placé sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, réunit plus de 1 000 maîtres Aïssaoua et des artistes internationaux pour célébrer le patrimoine soufi et l’identité culturelle marocaine.
Un dialogue musical entre tradition et modernité
La soirée d’ouverture a été marquée par une prestation d’Amine Boudchart et de son orchestre. Le chef d’orchestre a proposé une réinterprétation des classiques du répertoire marocain et arabe devant un public nombreux. Accompagné de la chanteuse populaire Aziza Al Meknassia, l’ensemble a allié orchestrations modernes et sonorités authentiques de la cité ismaïlienne.
Le programme inaugural a également mis à l’honneur le dialogue entre les cultures maghrébines. Une création artistique inédite a fusionné le patrimoine de la Hadra tunisienne et l’art du Malouf, portée par le maître Mohamed Ali Jelali et les Taifas d’Aïssaoua de Meknès. Selon les organisateurs, cette collaboration illustre les valeurs de partage et de spiritualité communes aux traditions soufies du Maroc et de Tunisie.
Un rendez-vous majeur pour le patrimoine immatériel
Placée sous le thème « Le soufisme et l’unité du Royaume », cette édition souligne le rôle de la Commanderie des Croyants comme garante de l’unité nationale. Selon Driss Didah, directeur général du festival, cette manifestation est un rendez-vous essentiel pour la préservation et la transmission du patrimoine Aïssaoua.
Le festival affiche des chiffres d’envergure pour cette année : 15 artistes marocains et étrangers participants, plus de 55 confréries Aïssaoua présentes et une mobilisation de plus de 1 000 moqaddems et maîtres Aïssaoua.
Rayonnement scientifique et touristique
Au-delà des concerts, l’événement intègre le 2ᵉ Forum international de Meknès sur le soufisme. Cette rencontre intellectuelle rassemble des universitaires et des spécialistes pour examiner la contribution du soufisme à la paix et à la cohésion sociale.
Le festival joue également un rôle de levier économique. Driss Didah précise que l’événement contribue à renforcer la dynamique touristique de la ville en valorisant son patrimoine architectural. À cette occasion, le pavillon de Bab Mansour, récemment restauré dans le cadre du projet royal de réhabilitation de la médina, accueille une exposition nationale dédiée aux liens historiques entre la monarchie marocaine et la culture soufie.

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