Entre relance agricole et demande intérieure : les moteurs de la croissance marocaine tournent à plein régime
Vers une accélération de la croissance à 5,4 % au troisième trimestre 2026. Le redressement vigoureux de l'agriculture et la solidité de la demande intérieure s'imposent comme les moteurs du dynamisme national. Une dynamique renforcée par la relance des investissements en infrastructures et une inflation maintenue sous le seuil des 1,2 %.

LA VÉRITÉ
L’économie marocaine confirme son accélération au cours de l’année 2026. Selon les dernières estimations du Haut-commissariat au Plan (HCP), après un premier semestre solide, le produit intérieur brut (PIB) national devrait progresser de 5,4 % au troisième trimestre. Cette performance repose sur un redressement spectaculaire de l’agriculture et une consommation des ménages qui demeure le principal moteur de l’activité.
Une croissance résiliente au premier semestre
L’économie nationale a entamé l’année 2026 avec une croissance de 4,6 % au premier trimestre. Malgré un contexte international marqué par des perturbations liées à la prolongation du conflit en Iran, qui a affecté les chaînes d’approvisionnement et les coûts du transport maritime, l’activité a fait preuve de résilience au deuxième trimestre avec une progression estimée à 4,8 %.
Au cours de cette période, la demande intérieure a joué un rôle déterminant, contribuant à hauteur de 6,9 points à la croissance globale au premier trimestre. La consommation des ménages se serait renforcée de 4,7 % au deuxième trimestre, soutenue par l’amélioration des revenus, notamment en milieu rural, et par un regain des dépenses lié à l’Aïd Al-Adha.
L’agriculture et les services comme piliers
Le secteur agricole s’affirme comme le grand moteur de cette dynamique. Le HCP fait état d’une hausse de la valeur ajoutée agricole de 20,5 % au deuxième trimestre 2026. Cette tendance devrait se poursuivre entre juillet et septembre avec une progression prévue de 19,9 %.
Parallèlement, les activités tertiaires maintiennent leur trajectoire ascendante. Les services auraient réalisé une expansion de 4,3 % au deuxième trimestre, portés par la bonne tenue du commerce et du tourisme. Pour le troisième trimestre, le dynamisme de ce secteur devrait se confirmer avec un affermissement attendu de 4,4 %.
Perspectives favorables pour le troisième trimestre
Le HCP anticipe un « regain d’activité » pour la fin de l’été. La croissance de 5,4 % prévue au troisième trimestre serait favorisée par :
- Un redressement industriel : La valeur ajoutée manufacturière, quasi stagnante au deuxième trimestre (+0,3 %), devrait rebondir de 1,8 % grâce à l’amélioration du commerce mondial.
- Un investissement productif soutenu : Il retrouverait une dynamique de +11,1 %, porté par les grands chantiers d’infrastructures portuaires, routières et hydrauliques.
- Le secteur extractif : Les industries de l’extraction bénéficieraient d’un environnement porteur, notamment grâce à la demande étrangère pour les engrais et à l’assouplissement des droits de douane sur le marché américain.
Inflation et risques extérieurs
Sur le front des prix, l’inflation se serait établie à 1,1 % au deuxième trimestre 2026, après un léger recul en début d’année. Elle resterait contenue autour de 1,2 % au troisième trimestre, sous réserve d’un maintien du cours du Brent aux alentours de 85 dollars le baril.
Toutefois, le HCP souligne que les échanges extérieurs continueraient de contribuer négativement à la croissance (-2,1 points), en raison d’une progression des importations (+12,4 %) plus rapide que celle des exportations (+10,2 %). Enfin, l’organisme prévient que des incertitudes liées aux tensions géopolitiques pourraient encore peser sur les prix de l’énergie et les coûts de production à l’échelle mondiale.

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