Entre manœuvre et sincérité : Bouteflika disserte sur le Maghreb
Il a suffi que le Président grabataire disserte sur le thème lyrique de l’unité maghrébine que des médias algériens repartent dans la surenchère cyclique de la réouverture des frontières avec le Maroc. Ils ont oublié que le roi Mohammed VI a émis un avis définitif sur cette perspective illusoire.
La preuve du caractère superficiel de l’emportement épistolaire de Bouteflika ? Au moment où il prônait la coopération avec le royaume ses diplomates manœuvraient à visage caché et découvert contre le renouvellement des accords agricoles entre le Maroc et l’Union européenne. S’il n’y avait pas cette obstination algérienne à vouloir délester le voisin marocain de son Sahara, le Maroc serait toujours, comme l’Algérie, un État riche financièrement et pauvre économiquement.
Un État qui engrangerait des revenus grâce à ses revenus miniers notamment phosphatiers, mais faute de pression pour faire face à l’adversité et aux menaces qui ciblent son intégrité territoriale, il aurait développé des réflexes paresseux de pays rentier comme l’Algérie. Heureusement qu’il y a eu le Caporal Ben Bella qui utilisa le faux alibi du Maroc-agresseur pour asseoir son pouvoir personnel et écarter ses opposants. Après lui, le lauréat de la mosquée Al Azhar Houari Boumedienne a bâti toute sa stratégie sur l’hostilité au Maroc et créa à partir de ses fantasmes une « république » sahraouie et arabe. Après une brève parenthèse sous l’ère de Benjdid et Boudiaf, la politique anti-Maroc a repris pour être érigée en stratégie étatique. Sous Bouteflika qui est en train de boucler son quatrième mandat, les frontières avec le Maroc sont toujours cadenassées depuis 1994.
Mais pendant que l’Algérie se pavanait sur la scène africaine en étalant ses trésors constitués à partir de revenus gazo-pétroliers oubliant que la richesse financière ne fait pas une économie, le Maroc trimait arcbouté sur son objectif: construire une économie diversifiée et une diplomatie conséquente. Vingt-quatre ans après la fermeture de la frontière terrestre avec le Maroc et la volonté exprimée d’isoler celui-ci et de l’asphyxier économiquement et diplomatiquement, les observateurs constatent que l’Algérie est tombée dans son propre piège et s’en trouve enfermée.
Quant au Maroc, il déploie depuis ses ailes économiques et diplomatiques en Afrique et au-delà. La légitimité de sa revendication au Sahara est de plus en plus reconnue sur le continent comme dans des pays lointains anciennement pro Polisario. Aujourd’hui la presse naguère proche d’Alger est excédée et critique « la diplomatie des valises » des responsables algériens qui a atteint ses limites et leur absence, « face à la présence permanente de la diplomatie marocaine ».
Un média proche du mouvement Polisario a reconnu les récentes victoires diplomatiques du Maroc dans le dossier du Sahara, notamment le retour à l’Union africaine (UA) et l’efficacité du lobbying marocain en Amérique du Sud. Chose assez rare pour être signalée: un article publié récemment par Futurosahara, un site proche du Front Polisario, critique ouvertement le ministère des Affaires étrangères de la RASD qui a récemment fait son bilan annuel, lors d’une conférence à huis clos à Tindouf.
Si comme d’habitude rien n’a filtré de cette réunion, la presse du Polisario s’est accaparée du sujet du jour pour faire une critique de ses dirigeants. Le site reconnaît ainsi les défaites récurrentes de la diplomatie du mouvement séparatiste face à la percée du Maroc dans ce domaine. « L’entrée du Maroc à l’UA et le rafraîchissement de ses relations diplomatiques avec des États partenaires de notre diplomatie, comme Cuba et l’Afrique du Sud, outre la normalisation de ses relations avec la Mauritanie » sont les grandes lignes de l’échec du Polisario face à la montée de la diplomatie marocaine, peut-on lire sur le support.
Les ennemies du Maroc ne veulent pas lâcher prise
Futurosahara rappelle également le récent vote massif des députés chiliens en soutien au projet marocain de l’autonomie au Sahara. Dans une résolution du Parlement chilien, 66 députés ont voté en faveur de la prééminence de l’initiative d’autonomie du Sahara présentée par le Maroc en 2007 en vue de mettre fin au différend régional. C’est un fait inédit, en tous les cas dans la région et en Algérie.
C’est la première fois que l’agence de presse officielle falsifie les déclarations du ministre des Affaires étrangères d’un pays. Et qui plus est, celui de la Russie, pays membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. En fin d’après-midi, lundi 19 février, la dépêche avait disparu du site de l’agence APS, Algérie Presse Service. Mais la version en langue anglaise était toujours disponible sur le site.
Ci-dessous, la version initiale en langue française : Dépêche de d’APS: Sahara occidental: la Russie pour des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario MOSCOU, 19 fév 2018 (APS)- Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, s’est prononcé, lundi à Moscou, pour des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario en vue de la résolution du conflit du Sahara occidental. « La Russie soutient la tenue de négociations directes entre les deux parties au conflit du Sahara occidental, à savoir le Royaume du Maroc et le Front Polisario », a indiqué M. Lavrov lors d’une conférence de presse animée conjointement avec le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel.
Le chef de la diplomatie russe s’est également exprimé sur d’autres situations de crises et de conflits, notamment en Syrie, en Libye et au Mali. Il a relevé, à cet égard, une « grande convergence de vues » entre l’Algérie et la Russie sur ces questions, en particulier pour ce qui est de la nécessité de promouvoir des solutions politiques à ces crises, sans ingérence extérieure, et dans le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. M. Lavrov a, par ailleurs, relevé l’importance de renforcer le rôle des Nations unies en tant que cadre multilatéral, auquel revient la responsabilité de la préservation et de la promotion de la paix et de la sécurité internationales. (APS) En fait, le ministre russe n’a jamais dit cela comme le montre une vidéo qui circule et où Lavrov s’exprime sur la question du Sahara à la 7’57″. Dans la version française, « il rappelle le respect des accords signés entre le Maroc et le Polisario », entendant par là, l’accord de cessez-le-feu de 1991.
Dans la version anglaise, « we reaffirm our commitment to see dialog between polisario & Morocco.. to implement the UNSC resolutions ». Dans la version russe, la déclaration du ministre des AE russe concernait le cessez-le-feu et non les négociations: « trouver une solution entre les deux parties conformément aux accords de l’ONU », sans plus de précision.
Changer la réalité
Sur le dossier du Sahara, l’Algérie est sur la défensive à l’échelle régionale comme dans les instances internationales. Son opinion publique a perçu les gains diplomatiques marocains comme autant d’échecs algériens. Aujourd’hui, il ne reste que la bulle médiatique. Les annonces les plus fantaisistes sont relayées par des médias locaux ou étrangers, qui sont soit complaisants soit à la recherche du buzz.
L’Algérie a ainsi annoncé la présence d’une délégation marocaine à Berlin pour de prétendues négociations sous l’égide de Köhler. Elle a annoncé la présence de Köhler à Rabat.
Le « polisario » a agité des menaces de reprise d’hostilités qui ne sont devenues audibles que grâce à la bulle médiatique.
Aujourd’hui, c’est la réalité elle-même qui est changée et falsifiée, sachant qu’il s’agit d’un pays membre permanent du Conseil de sécurité. Tout se passe comme si on voulait détourner l’attention de ce qui se passe dans les camps, comme si on voulait masquer les échecs et le manque d’espace en Afrique, comme si on voulait absolument donner l’impression de marquer des points fussent-ils imaginaires… Déconnecté de la réalité, on gonfle la bulle médiatique en faisant le maximum de bruit.
Köhler, envoyé personnel du SG de l’ONU, poursuit sa mission
Köhler a effectivement adressé une invitation à Nasser Bourita, ministre marocain des AE, au mois de février, pour une rencontre bilatérale à Berlin. Bilatérale avec lui, pas avec une autre partie. Il ne s’agit donc pas de négociations, ni d’un quelconque processus. « Le Maroc répondra sur la date et le lieu », nous indique une source diplomatique marocaine. Cela signifie que le pays n’a pas encore répondu et que la rencontre n’aura pas forcément lieu à Berlin. « Quels que soient le lieu et la date, le Maroc répondra dans le cadre des constantes connues et qui ont été réaffirmées dans le discours royal de la Marche verte en novembre 2017 ».
Le Roi avait notamment listé ce que le Maroc peut accepter et ce qu’il ne peut aucunement accepter et souligné: « pas de règlement sans souveraineté totale du Maroc ni en dehors de l’initiative d’autonomie ». Ce sont les paramètres marocains pour la suite.
La renégociation de l’accord agricole fait jaser
Les propositions formulées par les négociateurs européens et marocains pour adapter le pacte agricole aux nouvelles exigences de l’arrêt européen irritent les milieux hostiles à l’intégrité territoriale du royaume.
Les attaques contre les intérêts du royaume se sont multipliées de la part de ces milieux. Les amendements apportés par les négociateurs marocains et européens dans le but de rendre le pacte conforme aux nouvelles exigences de l’arrêt de la Cour de justice européenne sont dans la ligne de mire de ces milieux.
La formation politique d’extrême gauche Podemos, par exemple, vient d’adresser un écrit à Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité pour manifester son désaccord avec les nouvelles dispositions proposées par les négociateurs européens. Dans ce texte dévoilé par l’agence EFE, Podemos rejette catégoriquement cette première mouture des amendements pactés entre Rabat et Bruxelles et permettant l’application de l’accord agricole tout en respectant l’esprit de la sentence rendue par les magistrats communautaires.
La formation n’a pas hésité à exposer au grand jour les coulisses des tractations en cours pour aboutir à un consensus européen à propos de ces modifications. Un objectif qui semble de plus en plus compliqué à atteindre, au vu de la multiplication des voix dissonantes au sein de l’espace européen. Sur un ton réprobateur, Podemos a reproché à la cheffe de la diplomatie européenne le fait que des représentants de l’organe exécutif communautaire ont sciemment omis de «partager avec les eurodéputés la situation réelle de l’accord avec le Maroc», s’est indigné le parti espagnol de l’opposition.
Podemos a saisi cette tribune pour rebondir sur un sujet qui lui tient à cœur, les droits de l’homme dans les provinces du sud en l’occurrence. Une chose est sûre, les négociateurs européens sont entre le marteau et l’enclume d’autant plus que Podemos affiche, sans ambages, ses intentions de jouer au trouble-fête auprès du couple euro-marocain. Le climat politique entre Rabat et Bruxelles s’annonce chaud !
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