En mettant le Maroc à l’honneur, le Festival du livre de Paris célèbre « la force » et « la vivacité » de sa scène littéraire et éditoriale

LA VÉRITÉ
En mettant le Maroc à l’honneur, le Festival du livre de Paris (11-13 avril) célèbre « la force » et « la vivacité » de sa scène littéraire et éditoriale, a affirmé, mercredi soir, la ministre française de la Culture, Rachida Dati, à la veille de l’inauguration officielle de cette manifestation littéraire d’envergure dans le Grand Palais de la capitale française.
« Dès demain, nous célébrerons la force, notamment la vivacité de la scène littéraire éditoriale marocaine », a souligné Mme Dati qui s’exprimait aux côtés du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, lors d’une réception offerte en l’honneur du Royaume.
La réception, qui s’est déroulée en présence notamment de l’ambassadeure du Maroc en France Samira Sitail, a réuni dans les prestigieux salons du ministère français de la Culture des figures culturelles des deux pays, qui se sont illustrées dans divers domaines de la création, dont des auteurs, éditeurs, intellectuels, comédiens ou encore musiciens, et bien d’autres personnalités marocaines et françaises.
« Cette réception est placée sous le signe, évidemment, de l’amitié culturelle qui unit la France et le Royaume du Maroc (…) Et ce soir, je souhaite élargir l’invitation à l’ensemble de celles et ceux, tous secteurs culturels et toutes générations confondus, qui font vivre au quotidien la relation culturelle entre nos deux pays », a déclaré Mme Dati à l’adresse de ces « acteurs quotidiens de cette extraordinaire vitalité de la création qui anime le Maroc et de cette soif de culture qui rassemble nos deux pays».
La ministre française a salué l’engagement du Maroc en faveur de ce secteur, fort de l’attention et du soutien « sans faille » que porte Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux enjeux culturels, rappelant qu’en octobre dernier Sa Majesté le Roi et le Président français Emmanuel Macron ont décidé d’« écrire ensemble un nouveau livre de notre histoire commune ».
« Cet engagement a été placé sous le signe d’un partenariat d’exception », a souligné Mme Dati qui relève que cette exception est « largement renforcée aujourd’hui », se réjouissant que la culture était « au cœur de ce moment historique ».
En témoigne, a-t-elle dit, la feuille de route culturelle signée à cette occasion, citant parmi les priorités désormais « clairement identifiées », les industries culturelles et créatives, et « le livre évidement », mais aussi les bibliothèques, la francophonie, l’intelligence artificielle, le patrimoine et musées, les échanges entre artistes et professionnels de la culture, les métiers d’art.
Mue par le même enthousiasme de renforcer « nos liens et de bâtir ensemble la communauté », la ministre estime que cette relation culturelle exceptionnelle permet aussi « l’émergence d’une scène culturelle nouvelle, une scène trait-d’union, la scène culturelle franco-marocaine ».
Elle cite parmi ses atouts, « la jeunesse » aux aspirations « immenses ». « C’est à elle que nous souhaitons nous adresser en priorité, en signe de confiance en l’avenir et pour mettre en lumière l’immense talent de la nouvelle génération », a affirmé la ministre qui a invité pour l’occasion la jeune pianiste marocaine Nour Ayadi établie à Paris à se produire devant les convives.
Fière de ses racines marocaines, Mme Dati considère l’immigration comme une opportunité exceptionnelle, tant pour la France que pour le Maroc. Elle annonce également le lancement, en mai prochain, de la Saison Méditerranée organisée par l’Institut français. Cet événement, auquel elle invite chaleureusement les acteurs culturels marocains à participer en grand nombre, mettra en lumière le rôle central du Maroc dans la construction de ce projet ambitieux.
Et de conclure « notre ambition est grande, tout simplement à la mesure des liens entre nos deux pays ».
De son côté, M. Bensaid s’est félicité de l’initiative du Festival du livre de Paris de mettre le Maroc à l’honneur, un événement qui célèbre à la fois le livre et l’amitié franco-marocaine et qui incarne « le lien indéfectible » basé sur « la communauté des langues mais aussi sur le partage des différences et le dialogue des mémoires ».
« Dans un monde en turbulence, l’amitié franco-marocaine dépasse le simple modèle : elle incarne une autre vision possible de l’avenir. Entre les deux rives de la Méditerranée, elle rappelle que la mémoire et le passé ne doivent pas diviser, mais rassembler. Enfin, sur la scène mondiale, elle illustre comment les différences – qu’elles soient linguistiques, culturelles ou historiques – peuvent devenir des leviers de création, plutôt que des sources de conflit. »
M. Bensaid a saisi cette occasion pour mettre en avant les efforts du Maroc qui, sous l’égide de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a choisi la culture comme « socle de l’émergence ».
« Depuis maintenant vingt-cinq ans, notre pays s’est engagé dans un sentier exigeant, celui de la croissance dans la durabilité, du développement économique dans l’inclusion sociale, de la démocratisation dans le cadre de la consolidation des institutions et de l’élargissement de la participation, à tous les niveaux, local, régional et national », a-t-il dit, assurant que dans ce modèle marocain d’émergence, la culture est la clef : « facteur d’inclusion sociale et de consolidation des liens collectifs, vecteur de croissance économique à travers les industries culturelles et créatives, et foyer vivant de débat public et de participation citoyenne ».

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