EMSI : Exercice immersif géant en cybersécurité
Cyberattaque fictive sur quatre campus marocains : 665 futurs ingénieurs de l'EMSI mobilisés pour une simulation de crise géante. Trois jours d'immersion sous haute pression organisés avec l'école parisienne Cybersup pour confronter la théorie aux réalités du terrain. Dix-neuf cellules face à un scénario évolutif où chaque décision technique façonne la riposte en temps réel.

L’École marocaine des Sciences de l’Ingénieur (EMSI) organise, du 23 au 25 septembre, une simulation de gestion de crise cyber d’une ampleur inédite au profit de 665 étudiants répartis simultanément sur quatre campus à Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger. Réalisé en partenariat avec l’école parisienne Cybersup, cet exercice immersif vise à plonger les futurs ingénieurs au cœur d’une organisation fictive gérant des services essentiels afin de les confronter aux exigences de la prise de décision sous forte pression.
Un exercice simultané à l’échelle nationale
Du 23 au 25 septembre, 665 étudiants spécialisés en cybersécurité au sein de l’EMSI participent à un exercice immersif de gestion de crise. Cette opération est déployée simultanément dans quatre grandes villes du Royaume, à savoir Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger. Pour orchestrer cette expérience grandeur nature, l’établissement s’est associé à Cybersup, une école parisienne spécialisée dans les métiers de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle et du droit du numérique.
L’objectif central de cette initiative réside dans le rapprochement entre les enseignements académiques théoriques et les contraintes opérationnelles du terrain. La démarche vise ainsi à préparer les futurs cadres techniques aux réalités de la gestion d’incidents informatiques.
Dix-neuf cellules face à un scénario évolutif
Afin d’assurer le déroulement de la simulation, les participants sont structurés en dix-neuf cellules distinctes pendant la durée des trois jours. L’ensemble des groupes est placé aux commandes d’une organisation fictive assurant des services essentiels. Le scénario de l’incident est conservé sous un sceau de confidentialité strict jusqu’au déclenchement du premier signalement, prévu le mercredi matin. Dès cet instant, les dix-neuf cellules reçoivent de manière synchrone les mêmes événements initiaux liés à l’attaque.
La singularité de ce dispositif repose sur la dynamique évolutive de la crise. En effet, le déroulement ultérieur des événements dépend directement des arbitrages et des orientations techniques retenus par chaque cellule. Chaque choix modifie le cours de l’incident, plaçant ainsi les étudiants face aux répercussions directes de leurs décisions.
Décider dans l’incertitude et préserver l’activité
L’épreuve ne se limite pas à la résolution de verrous purement techniques. Les futurs ingénieurs doivent opérer dans des conditions caractérisées par une information incomplète. Il leur incombe de hiérarchiser les priorités opérationnelles, d’approfondir leurs investigations numériques et de maintenir la continuité des activités. La coordination des équipes ainsi que la conduite de la communication de crise constituent des piliers déterminants de l’exercice.
Dans ce contexte d’urgence, la capacité d’analyse et la réactivité des étudiants sont directement sollicitées. Mohamed El Rhabi, Directeur général de l’EMSI, rappelle à cet égard que la formation d’un ingénieur implique nécessairement l’apprentissage de la prise de décision en l’absence de toutes les réponses. L’exigence pédagogique portée par cette simulation réside dans l’immersion simultanée des 665 apprenants à travers les quatre centres urbains du pays.
Encadrement académique et expertise internationale
Pendant les trois journées de travaux, l’encadrement pédagogique direct des dix-neuf cellules est assuré par le corps enseignant de l’EMSI. En complément de ce suivi académique, l’école parisienne Cybersup mobilise six experts internationaux en cybersécurité. Ces spécialistes apportent leur expérience de la gestion d’incidents informatiques ainsi que des méthodologies issues du terrain professionnel.
Cette complémentarité entre enseignants et experts du secteur offre une appréhension globale de la crise cyber. Elle intègre simultanément les dimensions technique, organisationnelle et humaine en confrontant les apprenants à l’urgence de décider, de coordonner et de communiquer sous pression.
Évaluation rigoureuse devant un jury mixte
Au terme de l’exercice, la journée du vendredi est consacrée à la restitution et à la justification des choix effectués. Chaque cellule est amenée à présenter l’analyse détaillée de sa gestion de crise devant un jury spécialisé. Ce jury rassemble des enseignants de l’EMSI ainsi que des professionnels du secteur.
Afin de garantir l’équité entre les différents sites, une grille d’évaluation commune est appliquée uniformément à Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger. Cette étape de soutenance vise à mesurer la capacité des futurs ingénieurs à convertir leurs compétences techniques en décisions adaptées lorsque le temps et la pression deviennent des variables majeures.
Deux institutions axées sur la formation pratique
Fondée en 1986 et reconnue par l’État, l’EMSI forme des ingénieurs dans le numérique, l’industrie, le génie civil, la finance et les systèmes intelligents. Membre du réseau Honoris United Universities, l’école compte vingt-et-un campus répartis entre Casablanca, Rabat, Marrakech, Tanger et Fès, ainsi qu’une implantation à Nouakchott en Mauritanie. S’appuyant sur quarante années d’expérience, l’établissement réunit un réseau de plus de 23 000 lauréats en activité au Maroc et à l’international.
De son côté, Cybersup dispense à Paris des formations axées sur les métiers de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle et du droit du numérique, du Bac+1 au Bac+5. Sa pédagogie s’appuie sur la pratique, l’obtention de certifications reconnues et l’intervention de professionnels aguerris afin de préparer les apprenants aux réalités de leur futur métier.

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