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Électrification ferroviaire : l’ONCF renforce l’axe vital Kénitra–Marrakech

L’Office national des chemins de fer engage un investissement structurant de plus de 164 millions de dirhams pour consolider l’alimentation électrique de l’un des axes ferroviaires les plus stratégiques du pays. La ligne classique reliant Kénitra à Marrakech, colonne vertébrale du trafic voyageurs et fret du Royaume, entre dans une nouvelle phase de modernisation technique à travers le raccordement de 12 sous stations ferroviaires au réseau haute tension 60 kV de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable.

LA VÉRITÉ


Derrière ce chantier en apparence technique se joue un enjeu central pour la performance du réseau ferroviaire marocain. La fiabilité de l’alimentation électrique conditionne désormais la régularité du trafic, la capacité d’absorption des flux croissants de voyageurs, la montée en charge des dessertes périurbaines et la sécurisation des circulations sur un corridor qui concentre une part majeure de l’activité économique nationale. De Rabat à Casablanca, de Settat à Marrakech, cette ligne supporte une pression continue qui impose des infrastructures énergétiques dimensionnées pour les besoins actuels et futurs.

Le projet est structuré autour de deux lots techniques distincts, traduisant la diversité des environnements traversés et la complexité des contraintes opérationnelles. Le premier concerne le raccordement aérien de sept sous stations situées notamment dans les provinces de Berrechid et d’El Jadida. Il englobe des sites stratégiques directement liés aux grands projets d’aménagement du territoire, comme le Grand Stade Hassan II de Benslimane, la ville nouvelle de Nouaceur, le nouveau terminal de l’aéroport Mohammed V, la Ville verte de Benguerir, Nazalet Laadem et Koudia El Bayda. Ces zones concentrent des dynamiques urbaines et logistiques appelées à s’intensifier dans les prochaines années.

Les travaux aériens mobiliseront des pylônes métalliques tétrapodes galvanisés ainsi que des poteaux en béton atteignant jusqu’à 20 mètres de hauteur. Les câbles conducteurs en alliage Almélec, associés à des câbles de garde spécifiques, bénéficieront de protections anticorrosion renforcées adaptées aux environnements côtiers et sahariens, où la salinité et les conditions climatiques imposent des standards techniques élevés. Le délai d’exécution, fixé à 12 mois, traduit une volonté de déploiement rapide sans compromettre la robustesse des installations.

Le second lot, nettement plus conséquent sur le plan financier, porte sur le raccordement souterrain de cinq sous stations situées en milieu urbain dense. Les sites de Zenata et d’Aïn Sebaâ dans le Grand Casablanca, ainsi que les gares de Casa Sud, Sidi Maârouf et la sous station de Settat, nécessitent des interventions lourdes et finement coordonnées. Près de 28 kilomètres de câbles souterrains seront déployés dans certaines zones, avec des liaisons multiples intégrant des câbles de secours pour garantir la continuité de service en cas d’incident.

Les infrastructures souterraines utiliseront des câbles de puissance de 72,5 kilovolts capables de transiter jusqu’à 50 mégavoltampères, posés dans des fourreaux enrobés de béton. Les travaux impliqueront l’excavation de plus de 23 kilomètres de tranchées, la construction de chambres de jonction de grande superficie et l’installation de portiques aéro souterrains équipés de sectionneurs et de parafoudres haute tension. La complexité du milieu urbain, la densité des réseaux existants et les contraintes de circulation expliquent un délai d’exécution porté à 14 mois.

Au-delà des chiffres, ce chantier illustre l’évolution du modèle ferroviaire marocain vers une approche intégrée où l’énergie devient un levier stratégique à part entière. La dualité des solutions techniques, aériennes en zones périurbaines et souterraines dans les centres urbains, permet d’optimiser les coûts tout en réduisant l’impact visuel et en renforçant la sécurité des installations. Elle traduit aussi une montée en maturité de l’ingénierie ferroviaire nationale, capable de gérer des projets complexes dans des environnements contrastés.

L’opération comprend également la dépose minutieuse de tronçons de lignes existantes, avec un traitement différencié des équipements récupérables et des ouvrages à démanteler. Les éléments métalliques seront réaffectés vers les parcs de l’ONEE à Casablanca, tandis que certains massifs en béton seront neutralisés sur place selon des normes strictes de sécurité et d’intégration environnementale.

En consolidant l’alimentation électrique de l’axe Kénitra–Marrakech, l’ONCF sécurise bien plus qu’un simple corridor ferroviaire. Il prépare le réseau à absorber les effets combinés de l’urbanisation rapide, de l’augmentation continue de la demande de mobilité et de l’interconnexion croissante entre les grands pôles économiques du pays. Cet investissement s’inscrit dans une trajectoire de modernisation de long terme, où le rail marocain affirme progressivement son statut de pilier du transport durable en Afrique et dans l’espace méditerranéen.

À travers ce projet, le Royaume confirme une orientation stratégique claire. Le ferroviaire n’est plus seulement un outil de transport, mais une infrastructure de souveraineté économique, énergétique et territoriale, appelée à jouer un rôle central dans la compétitivité nationale au cours des prochaines décennies.


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