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Législatives 2026 : les partis dévoilent leurs programmes et placent le social au cœur de la bataille

La Vérité


À moins d’un mois des élections législatives marocaines du 23 septembre 2026, les principaux partis politiques entrent progressivement dans la bataille programmatique. Pouvoir d’achat, emploi, protection sociale, éducation, santé, logement, lutte contre la corruption et soutien aux jeunes occupent une place centrale dans les premières propositions dévoilées par les formations politiques.

Le calendrier électoral accélère désormais le rythme. Après l’ouverture du dépôt des candidatures ce lundi 31 août, les partis disposent de quelques jours pour finaliser leurs listes avant le lancement officiel de la campagne, prévu le 10 septembre. Le scrutin permettra d’élire les membres de la Chambre des représentants.

Le pouvoir d’achat au centre des préoccupations

D’abord, les questions économiques et sociales occupent une place importante dans les programmes déjà présentés. Les formations politiques cherchent notamment à répondre à une préoccupation qui touche directement les ménages : l’évolution du coût de la vie et la capacité des classes moyennes à préserver leur niveau de vie.

Le Parti de l’Istiqlal a ainsi placé le pouvoir d’achat et le renforcement de la classe moyenne parmi ses principales priorités. Son programme pour la période 2026-2031 s’articule autour de cinq grands engagements auxquels s’ajoute un pacte destiné à la jeunesse. Le parti de Nizar Baraka met également l’accent sur la lutte contre la corruption, la protection de la famille et la souveraineté nationale.

Dans le détail, l’Istiqlal propose notamment de créer des structures régionales chargées de l’achat, du stockage et de la distribution de produits agricoles et alimentaires. Le parti veut également faciliter l’accès au premier logement pour les jeunes et la classe moyenne, notamment grâce à des mécanismes de garantie et à une réduction de l’apport initial.

L’emploi, autre grande bataille électorale

De son côté, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) veut placer l’emploi et la justice sociale au centre de son projet. Le parti dirigé par Driss Lachgar a présenté un programme articulé autour de 20 engagements et défend une approche qu’il présente comme celle d’un « développement juste ».

Le programme socialiste fixe notamment des objectifs ambitieux en matière de création d’emplois. L’USFP table sur la création de 250.000 emplois dans l’industrie et de 500.000 postes au total, en s’appuyant notamment sur la dynamique économique attendue autour de la Coupe du monde 2030.

Par ailleurs, le parti met en avant la protection des droits et libertés, l’équilibre institutionnel et la consolidation de la protection sociale.

Jeunesse, famille et lutte contre la corruption

Pour sa part, l’Istiqlal consacre une place importante aux jeunes dans son programme. Le parti propose notamment une aide financière pouvant atteindre 5.000 dirhams pour les jeunes sur le point de se marier, ainsi qu’une allocation destinée à accompagner la création de nouvelles familles à revenus faibles ou moyens.

Le parti veut également renforcer les mécanismes d’aide directe et soutenir les familles qui souhaitent sortir de la pauvreté grâce à des projets générateurs de revenus. Il propose par ailleurs des mesures concernant la garde des enfants, les soins à domicile et l’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

En parallèle, la lutte contre la corruption constitue l’un des axes majeurs du programme de l’Istiqlal. La formation propose notamment une loi sur les conflits d’intérêts, un renforcement des mécanismes de déclaration de patrimoine et des mesures contre l’enrichissement illicite.

École, santé et services publics

Sur le terrain des services publics, les partis mettent également l’accent sur l’éducation et la santé, deux secteurs qui occupent une place importante dans les attentes des citoyens.

L’Istiqlal veut notamment renforcer l’accès à l’éducation dans les zones rurales, montagneuses et oasiennes, améliorer les infrastructures scolaires et développer le transport scolaire. Le parti propose également de renforcer la connexion à Internet des établissements et de mettre en place des mécanismes permettant de détecter plus rapidement le décrochage scolaire.

Plus largement, les programmes qui émergent à l’approche du scrutin montrent une convergence autour de plusieurs thèmes : protection sociale, emploi des jeunes, santé, éducation, logement et réduction des inégalités territoriales. Cette convergence ne signifie toutefois pas que les partis défendent les mêmes méthodes ni les mêmes priorités.

Des programmes encore appelés à se confronter

Cependant, la véritable bataille commencera avec la campagne officielle. Les électeurs pourront alors comparer les engagements des différentes formations, mais aussi leur bilan et leur capacité à mettre en œuvre les mesures annoncées.

Le contexte donne une importance particulière à cette confrontation. Les élections du 23 septembre ne porteront pas uniquement sur la répartition des sièges à la Chambre des représentants. Elles permettront également aux partis de défendre leur vision du modèle économique et social du Maroc pour les cinq prochaines années.

À cet égard, la question de la confiance entre citoyens et formations politiques reste centrale. Les débats récents autour des élections ont notamment mis en avant le renouvellement des élites, la capacité des partis à répondre aux transformations sociales et économiques du pays et la nécessité de présenter des programmes suffisamment concrets pour convaincre les électeurs.

Avec 27 formations politiques engagées dans le scrutin, la compétition s’annonce particulièrement pluraliste. Les règles fixées pour l’accès aux médias publics prennent d’ailleurs en compte trois catégories de partis selon leur représentation parlementaire, afin de répartir le temps d’antenne pendant la campagne.

Le véritable enjeu des prochaines semaines consistera donc à savoir si les programmes présentés par les partis réussiront à transformer les préoccupations quotidiennes des Marocains, pouvoir d’achat, emploi, logement, santé et éducation, en propositions suffisamment concrètes pour peser sur le choix des électeurs.


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